© eTF1Aung San Suu Kyi, la lauréate du prix Nobel de la paix, sur le point d'être libérée après plus de sept ans et demi de privation de liberté, a parfois été comparée à Nelson Mandela, qui a conquis le pouvoir après 27 ans dans les geôles sud-africaines. Sa frêle silhouette symbolise depuis plus de vingt ans la résistance à la junte. Mais si son aura a résisté au temps en Birmanie comme à l'étranger, l'opposante n'en est pas moins devenue une figure marginalisée, une icône à l'avenir politique incertain. La toute puissance de la junte birmane et la dissolution du parti de la dissidente, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), qui a boycotté le scrutin législatif dimanche, semble l'écarter durablement du pouvoir.
Birmanie : Aung San Suu Kyi, retour en politique ?
L'opposante birmane Aung San Suu Kyi va "probablement" revenir sur la scène politique officielle en participant aux prochaines élections partielles, selon un porte-parole.
Publié le 12/11/2011
Michelle Yeoh indésirable en Birmanie
La star hollywoodienne, future Aung San Suu Kyi à l'écran, a été expulsée de Birmanie après avoir rencontré, il y a quelques mois, la célèbre opposante birmane.
Publié le 28/06/2011
Aung San Suu Kyi plaide pour la démocratie en Birmanie
Dans son premier grand discours public après sept années d'assignation à résidence, Aung San Suu Kyi a lancé dimanche un appel à la liberté d'expression en Birmanie et exhorté ses partisans à défendre leurs droits et ne pas perdre courage.
Publié le 14/11/2010
Aung San Suu Kyi est libre
La lauréate du prix Nobel de la paix a été libérée samedi après plus de sept ans consécutifs de résidence surveillée. "Nous devons travailler ensemble, à l'unisson", a-t-elle déclaré devant une foule en liesse.
Publié le 13/11/2010
Obama demande la libération d'Aung San Suu Kyi
En tournée en Asie, le président américain a demandé dimanche au Premier ministre birman la libération de l'opposante assignée à résidence à Rangoun.
Publié le 15/11/2009
Aung San Suu Kyi sort de l'isolement
Toujours assignée à résidence, la figure de proue de l'opposition birmane, réduite au silence ces derniers mois, a multiplié les entretiens cette semaine.
Publié le 11/10/2009
La cour rejette l'appel d'Aung San Suu Kyi
La junte birmane a rejeté vendredi l'appel déposé par Aung San Suu Kyi. L'opposante birmane conteste sa condamnation à 18 mois d'assignation à résidence.
Publié le 05/10/2009
L'Américain qui avait nagé jusqu'à Aung San Suu Kyi expulsé
John Yettaw a quitté la Birmanie à bord de l'avion de Jim Webb, parlementaire démocrate, proche de Barack Obama.
Publié le 16/08/2009
Aung San Suu Kyi va faire appel
"Nous pensons que ce jugement est totalement contraire à la loi", a déclaré l'avocat de l'opposante birmane, condamnée à 18 mois de résidence surveillée.
Publié le 12/08/2009
18 mois de résidence surveillée pour Aung San Suu Kyi
Si sa peine n'est pas commuée par la suite, l'opposante birmane ne pourra pas participer aux élections prévues l'année prochaine.
Publié le 11/08/2009
Procès d'Aung San Suu Kyi : verdict le 11 août
"La raison invoquée par les juges est qu'ils doivent réexaminer le dossier" de l'opposante, qui risque cinq ans de prison, a déclaré vendredi un diplomate.
Publié le 31/07/2009
Officiellement libre, Aung San Suu Kyi reste en prison
Le régime militaire birman a officiellement mis fin mardi à l'assignation à résidence de l'opposante, mais la "Dame" de Rangoun reste en prison, a indiqué son parti.
Publié le 26/05/2009
Aung San Suu Kyi : Nicolas et Carla sur la même ligne
Lors du conseil des ministres, Nicolas Sarkozy a exprimé son "plein accord" avec son épouse, qui a réclamé lundi la libération de l'opposante birmane.
Publié le 20/05/2009
Des dizaines de journalistes et d'habitants de la région se trouvaient samedi dans la matinée aux alentours de sa maison, et devant le siège de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND, dissoute), où des militants attendaient avec impatience. Certains portaient des tee-shirts à son effigie avec comme slogan "Debouts avec Aung San Suu Kyi". "Je pense quelle va être libérée. Mais comme c'est un gouvernement militaire, je n'y crois pas complètement. Nous avons attendu jusqu'à une heure du matin hier et nous sommes revenus à 04h30 ce matin", a expliqué Htein Win, un jeune de la LND. Aucun porte-parole du pouvoir n'a officiellement confirmé cette libération, mais plusieurs sources ont indiqué à l'AFP qu'elle ne faisait aucun doute. "Elle sera libérée aujourd'hui", a confirmé un responsable sous couvert de l'anonymat. "On ne nous a encore rien dit, mais nous avons espoir", a déclaré Nyan Win, avocat de l'opposante et membre de la LND, sans pouvoir préciser l'heure de la délivrance ni le programme de la lauréate du prix Nobel de la paix de 65 ans.
Il y a vingt ans, beaucoup auraient pourtant parié sur le potentiel de la fille du héros assassiné de l'indépendance, le général Aung San, qui incarne depuis à elle seule la résistance à l'oppression. Quitte à en faire oublier les 2.200 autres opposants emprisonnés, et la fondamentale impasse dans laquelle sont enfermées les minorités ethniques. A l'époque, la LND avait humilié le régime militaire, remportant 392 des 485 sièges en compétition. Mais les généraux avaient refusé de s'incliner. Celle que les Birmans surnomment la "Dame" a depuis été privée de liberté pendant 15 des 21 dernières années.
Elle sacrifie sa famille à sa cause
A-t-elle échoué, cette figure gandhienne charismatique qui, en septembre 2007, sortait en pleurs de sa maison délabrée, devant des policiers anti-émeutes, pour saluer des milliers de moines bouddhistes qui manifestaient contre l'oppression et la vie chère? "La démocratie n'est ni institutionnalisée, ni enracinée dans les pratiques quotidiennes de la Birmanie d'aujourd'hui", relève Renaud Egreteau, politologue à l'université de Hong Kong. "Mais on ne peut écarter son poids politique et idéologique ces deux dernières décennies. Elle, son parti, ses réseaux internes et externes ont créé une dynamique politique. Si l'on parle de droits de l'homme, de libertés civiles, ou de démocratie en Birmanie, elle y est pour beaucoup".
Née le 19 juin 1945, Aung San Suu Kyi a été élevée dans les meilleures écoles de Rangoun avant de poursuivre ses études en Inde - où sa mère avait été nommée ambassadeur en 1960 -, puis à Oxford. Assistante à l'Ecole des études orientales de Londres, elle épouse en 1972 un universitaire britannique, Michael Aris, avec qui elle aura deux enfants. Elle revient en Birmanie en avril 1988 au chevet de sa mère malade et n'en repartira pas. Elle s'exprime pour la première fois en public en août, et transperce le coeur des Birmans par un discours simple et une dignité qui ne se démentira pas, même pendant les pires épreuves.
Soutenue par l'opposition et l'Occident qui prennent la mesure de son aura, elle sacrifie sa famille à la cause et restera en Birmanie en 1999, tandis que son époux mourait d'un cancer en Grande-Bretagne, de crainte de ne pouvoir rentrer chez elle. Considéré par le généralissime Than Shwe comme sa pire ennemie, elle a perdu contact avec le pays, tout juste en liaison, via son avocat, avec les octogénaires de la LND. "Elle n'a pas fait les bons choix", accuse Khin Zaw Win, ancien prisonnier politique qui vit à Rangoun. "Elle a laissé passer je ne sais combien d'occasions de faire quelque chose de vraiment positif pour le pays et pour elle même, et elle raté le train". Longtemps coupée de tout, sans le téléphone ni l'internet, elle a indiqué qu'elle entendait ouvrir un compte Twitter. Et beaucoup veulent lui voir encore un rôle, une présence, un avenir. "Elle est devenue une institution et le public se ralliera à elle aussi longtemps qu'elle vivra", assure Maung Zarni, chercheur de la London School of Economics.
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