Hu Jintao et Nicolas Sarkozy, à l'aéroport d'Orly, le 4 novembre 2010 © Abacapress.com
Hu Jintao a quitté la France
Au terme d'une visite de 2 jours, le président chinois a quitté Nice samedi matin à destination du Portugal. Bilan pour la France : 20 milliards de contrats signés, la question des droits de l'homme tout juste abordée.
Publié le 06/11/2010
Sarkozy dit avoir parlé "droits de l'homme" avec le président chinois
Le chef de l'Etat a affirmé à la presse avoir parlé des droits de l'homme avec son homologue chinois, vendredi à Nice, au deuxième jour de la visite d'Etat de Hu Jintao en France. Mais l'économie est restée le principal sujet abordé.
Publié le 05/11/2010
Après Paris, Hu Jintao à Nice pour parler G20
Après une première journée bilatérale ponctuée par la signature de juteux contrats, le président chinois est arrrivé vendredi après-midi à Nice pour de nouveaux entretiens avec Nicolas Sarkozy.
Publié le 05/11/2010
Des manifestants réussissent à "s'approcher" du président chinois
Une vingtaine de militants de Reporters sans frontières ont crié "Libérez Liu Xiaobo", le prix Nobel de la Paix 2010, au passage du convoi du président chinois Hu Jintao sur les Champs-Elysées. Six personnes ont été brièvement interpellées.
Publié le 05/11/2010
France-Chine : la moisson du silence
Pékin a prévenu : le sort du prix Nobel de la paix 2010 n'est "pas à aborder" lors de la visite depuis jeudi du président chinois en France. Conséquence, Paris a obtenu ce qu'elle voulait : une pluie de contrats et le soutien de la Chine pour sa présidence du G20.
Publié le 04/11/2010
Rencontrer le dalaï lama ? Exportations en baisse avec la Chine !
Selon une étude allemande, les pays dont les dirigeants ont rencontré le leader tibétain ont vu leurs exportations vers la Chine fondre de plus de 8% pendant deux ans.
Publié le 04/11/2010
Hu Jintao en France : une visite bien bornée
Nicolas Sarkozy accueille Hu Jintao à partir de jeudi. Visite au cours de laquelle il tentera d'obtenir son soutien pour sa présidence du G20, plusieurs contrats seront signés mais il est moins sûr que soit évoqué le sort du prix Nobel de la paix.
Publié le 03/11/2010
Areva et la Chine: la récolte s'annonce bonne
A l'occasion de la visite du président chinois en France cette semaine, Areva devrait signer un bon nombre de contrats juteux, annonce mardi le journal Les Echos.
Publié le 02/11/2010
Sarkozy : "la Chine n'est pas un risque mais une opportunité"
Quelques heures avant d'accueillir son homologue chinois Hu Jintao, le chef de l'Etat, qui s'exprimait à Troyes lors d'une table ronde sur les transports et le développement équilibré des territoires, a expliqué son choix de tenter de tisser des liens forts avec Pékin.
Publié le 04/11/2010
Hu Jintao à Paris, une visite qui fait grincer des dents
La visite de 3 jours à Paris du Président Chinois devra mettre fin aux différends diplomatiques en les deux pays. Une rencontre mal acceptée par les défenseurs des droits de l'Homme.
Publié le 04/11/2010
Hu Jintao à Paris, une visite riche en contrats
La visite du Président Chinois va profiter à des entreprises françaises comme Areva et Airbus.
Publié le 04/11/2010
Jean-Vincent Brisset est directeur de recherches à l'Institut des relations internationales et stratégiques (Iris).
TF1 News : Après Nicolas Sarkozy en Chine pour l'Exposition universelle, voici donc Hu Jintao en France en visite d'Etat avec un accueil en grande pompe à l'aéroport. La brouille franco-chinoise née du passage de la flamme olympique en 2008 et de la question tibétaine est-elle définitivement terminée ?
Jean-Vincent Brisset : Pas tout à fait. Elle est terminée, mais ce n'est pas définitif. Pour une simple raison : l'histoire des relations entre la France et la Chine peut être résumée par "je t'aime, moi non plus". Les périodes de réconciliation succèdent aux moments de brouille et ainsi de suite. Aujourd'hui, les sujets de brouille sont mis de côté car la France a besoin de la Chine et vice-versa.
TF1 News : En quoi les deux pays ont-ils besoin l'un de l'autre aujourd'hui ?
J.-V. B. : Tout d'abord, sur le plan économique. La France a des choses à vendre à la Chine. Et comme celle-ci, sorte d'"usine du monde", est un fournisseur, un arrêt des relations économiques pèserait sur le pouvoir d'achat des Français en faisant augmenter les prix. De son côté, la Chine a besoin de vendre et d'exporter. Elle a aussi besoin de technologies, dont le transfert est généralement prévu à des prix abordables dans les grands contrats.
Ensuite, sur le plan politique, Nicolas Sarkozy cherche l'appui chinois avant sa présidence du G20. Et pour Pékin, une relation franco-chinoise apaisée lui permet d'éviter de se retrouver face à un bloc uni Etats-Unis-Union européenne qui l'obligerait à se conformer aux règles strictes du commerce international sur de nombreux points : réévaluation de sa monnaie, propriété intellectuelle et industrielle, commerce avec les pays difficiles, sans oublier les problèmes de prolifération. Quand le monde ne s'unit pas contre elle, la Chine peut faire ce qu'elle veut.
| "Deux poids, deux mesures" |
TF1 News : Pour mettre fin à une brouille, il faut faire des concessions. Quel camp en a fait plus que l'autre ?
J.-V. B. : Les concessions, ce sont une spécialité française, pas chinoise. Et le but en est très simple : il s'agit de financer les achats et les contrats. Mais il faut faire très attention. J'entends souvent l'expression "contrats juteux". Or ce n'est pas parce qu'il y a beaucoup de zéro que c'est forcément intéressant pour le vendeur et pour la France. Parfois, cela s'accompagne de prêts aidés, à des tarifs minimum. Au final, ce n'est pas forcément le jackpot. Et si les transferts de technologies sont parfois anciens, ils sont aussi modernes. Cela prive ensuite la France de rentrées d'argent.
Côté concessions politiques, la France a probablement accepté que la réévaluation du yuan ne soit pas mise en exergue au G20 et que les problèmes de concurrence déloyale, de contrefaçon ou de propriété intellectuelle soient mis au second plan.
TF1 News : La visite est surtout destinée à l'économie. Où sont passés les droits de l'homme ?
J.-V. B. : En règle générale, quand un dirigeant français vient en Chine ou qu'un dirigeant chinois vient en France, les droits de l'homme sont abordés publiquement pour les caméras. Ensuite, en privé, ils sont évacués rapidement. C'est une sorte d'accord tacite validé par les Chinois qui peut se résumer à "vous avez droit à votre minute de droits de l'homme et ensuite c'est fini".
Ce qui intéressant, c'est la comparaison avec l'Allemagne. Angela Merkel ne s'est pas rendue aux JO de Pékin, elle a reçu le dalaï lama publiquement ou a encore félicité Liu Xiaobo, le prix Nobel de la Paix. Et pourtant, la Chine n'a pas protesté. Il y a donc deux poids, deux mesures.
| "Pour Sarkozy, Liu Xiaobo n'est pas le sujet le plus important" |
TF1 News : Pourquoi ?
J.-V. B. : Tout simplement car l'Allemagne a une position ferme qui ne change pas tous les ans. Or la caractéristique de la France vis-à-vis de la Chine est qu'il n'y a pas de politique sur le long terme. Or pour les Chinois, il s'agit d'une faiblesse car ils ne respectent que la force. Cette remarque est valable pour tous les présidents et gouvernements français des dernières années, de droite comme de gauche.
Quand la Chine fait une colère, la France fait des concessions. Et s'il n'y pas de concessions, elle refait une colère jusqu'à obtenir satisfaction. C'est le jeu normal de la diplomatie chinoise. Certains l'ont compris mais ils ne sont pas écoutés ou consultés par le gouvernement. Résultat : la Chine joue de manière remarquable avec les personnalités jouant le rôle de "point d'entrée". Il y a eu Alain Peyrefitte, Raymond Barre et maintenant Jean-Pierre Raffarin. Elle les cajole comme il le faut. En échange, ces derniers font de la pub pour la Chine et n'agissent de fait plus dans l'intérêt de la France.
TF1 News : Liu Xiaobo, le prix Nobel de la Paix, est-il un sujet tabou ?
J.-V. B. : Disons que ce n'est pas le sujet le plus important pour la France, même si c'est le sujet le plus important pour beaucoup de personnes qui ne sont pas au gouvernement. Ces personnes font du lobbying et sont prêtes, par idéologie, à mettre en péril les intérêts de leur pays pour défendre leur point de vue.
D'ailleurs, si le programme détaillé de la visite est opaque, c'est pour éviter des manifestations que Hu Jintao pourrait utiliser comme prétexte pour casser des contrats. Et donc aboutir in fine à la perte d'emplois français. De même, l'absence de conférence de presse montre que les Chinois sont maîtres du jeu. Bref, s'il y a quelque chose sur Liu Xiaobo, cela sera probablement une simple déclaration de Nicolas Sarkozy lue et relue avec l'accord des Chinois.
Retour MYTF1
Hu Jintao a quitté la France
Chargement en cours...




