Corée du Sud : fumée sur l'île de Yeongpyeong après les tirs d'artillerie de la Corée du Nord, 23 novembre 2010 © TF1/LCIOlivier Guillard est directeur de recherches Asie à l'Iris (Institut des relations internationales et stratégiques).
Les Nord-Coréens découvrent leur 1er film occidental
Selon l'ambassadeur britannique à Pyongyang, la télévision nord-coréenne a diffusé dimanche le premier film occidental de son histoire. Il s'agit de "Joue-là comme Beckham".
Publié le 31/12/2010
Les deux Corée se montrent leurs muscles
Tirs d'artillerie nord-coréens à quelques kilomètres de la frontière, préparatifs intenses des manoeuvres conjointes du Sud avec les Etats-Unis : trois jours après le bombardement de l'île sud-coréenne de Yeonpyeong, la tension continue de régner.
Publié le 26/11/2010
L'escalade verbale continue entre les deux Corée
Deux jours après le bombardement de l'île sud-coréenne de Yeonpyeong par l'armée du Nord, la tension reste vive entre les deux pays et leurs alliés respectifs, Etats-Unis d'une part, Chine d'autre part.
Publié le 25/11/2010
Corée du Sud : nouvelles victimes sur l'île bombardée par le Nord
Au lendemain du bombardement de Yeonpyeong, deux corps de civils ont été retrouvés mercredi matin, ce qui porte à quatre le nombre de victimes. La bataille se poursuit désormais sur le terrain diplomatique.
Publié le 24/11/2010
Les obus nord-coréens atterriront-ils à l'Onu ?
Le Conseil de sécurité pourrait se réunir dans les jours qui viennent après le bombardement d'une île appartenant à la Corée du sud par l'armée nord-coréenne. Du côté du Pentagone, on hausse sensiblement le ton.
Publié le 23/11/2010
La Corée du Nord bombarde une île du Sud
La Corée du Nord a tiré mardi des obus sur une île de Corée du Sud, tuant au moins deux soldats sud-coréens, ce qui a déclenché une riposte armée de la part de Séoul. Pyongyang affirme que la première attaque est venue du Sud.
Publié le 23/11/2010
Risque de guerre entre les deux Corées
La Corée du nord a tiré mardi des dizaines d'obus sur une île sud-coréenne. La tension est extrême entre les deux voisins ennemis.
Publié le 23/11/2010
Corée du Nord/Corée du Sud : les images des bombardements
Découvrez les images diffusées à la télévision sud-coréenne après les tirs d'artillerie de l'armée nord-coréenne sur une île appartenant au Sud.
Publié le 23/11/2010
TF1 News : Pourquoi la Corée du Nord a-t-elle pris l'initiative de cette attaque ?
Olivier Guillard : Comme d'habitude avec Pyongyang, on touche à l'imprédictible et à l'irrationnel. Même si elle peut apparaître comme une mauvaise surprise, cette attaque est néanmoins conforme à la logique nord-coréenne qui fait que les dossiers sont toujours traités par la force et avec un agenda propre. Cette fois, on peut penser que la Corée du Nord avait quatre arrière-pensées pour tirer ces obus sur Yeonpyeong.
TF1 News : Quelles sont ces arrière-pensées ?
O.G. : Tout d'abord, il s'agit d'un coup de semonce. Depuis lundi, les Etats-Unis et la Corée du Sud mènent leurs exercices annuels interarmes avec plus de 70.000 soldats dans le secteur. Cela n'a évidemment rien de nouveau. Mais la Corée du Nord les critique depuis toujours car elle affirme qu'il s'agit d'un prélude à une nouvelle attaque contre son territoire. Depuis plusieurs semaines, elle avait prévenu qu'elle réagirait au moment de ces manœuvres, qui lui ont donc servi de prétexte pour son attaque.
Ensuite, la Corée du Nord insiste depuis deux ou trois mois pour que les négociations à six (ndlr : Corée du Nord, Corée du Sud, Etats-Unis, Chine, Japon, Russie) sur son programme nucléaire reprennent. Mais la Corée du Sud, les Etats-Unis, et à un degré moindre le Japon, exigent comme préalable que la Corée du Nord présente ses excuses pour le torpillage de la corvette sud-coréenne au printemps dernier. Pyongyang, qui affirme qu'il n'a rien à avoir avec l'incident, refuse. Ce problème des discussions à six l'énerve et font monter sa frustration. Frustration exprimée ce mardi avec ces tirs d'artillerie.
Troisième point : la Corée du Nord n'arrive pas à comprendre pourquoi, même sous l'administration de Barack Obama, son dossier n'est pas la priorité des Etats-Unis face à l'Irak, l'Afghanistan ou le Pakistan. Le raisonnement des Nord-coréens est le suivant : "nous sommes une puissance nucléaire, nous effrayons tout le monde, nous sommes menaçants et pourtant nous ne sommes pas pris au sérieux. Que devons-nous faire pour être la priorité américaine ?". Cela crée incompréhension, vexation et frustration.
Enfin, il ne faut pas oublier la dimension de politique intérieure propre à la Corée du Nord. Le pays est engagé depuis peu dans un nouveau chapitre de son histoire avec le lancement du processus de succession officielle entre Kim Jong-il et son fils Kim Jong-un. Avec cette attaque, il s'agit de montrer qu'il n'y a pas de vacance du pouvoir et que le régime est toujours capable de tenir, à l'intérieur, le politique et le militaire et, à l'extérieur, de défier à la fois le Sud et les Etats-Unis.
| "Attitude plus souple en coulisses avec Pyongyang" |
TF1 News : Qui a pris la décision de cette attaque : Kim Jong-il ou son fils Kim Jong-un ?
O.G. : Kim Jong-un est là uniquement pour épater la galerie dans l'optique de la succession de son père. Malgré son nouveau rang de général, il n'a aucune autorité ni aucune expérience. Il sert surtout soit à rassurer soit à effrayer le peuple. Tant que son père sera là, il ne prendra aucune décision importante. Cette attaque a donc probablement été validée par Kim Jong-il lui-même dans un cadre collégial avec, d'une part, les militaires et, d'autre part, la direction du parti communiste au pouvoir.
TF1 News : Quelle peut être la suite des événements ?
O.G. : Ce méchant coup de semonce aura été reçu cinq sur cinq dans toutes les capitales concernées. Cette expression de colère devrait aboutir à un léger changement d'attitude, plus souple, en coulisses avec les Nord-coréens. Pour son opinion publique, Séoul va en effet rejeter la faute sur Pyongyang. Mais elle n'ira pas plus loin s'il n'y a pas d'autres tirs. Idem pour les Etats-Unis avec leur condamnation. De son côté, la Chine, pour qui cette attaque est une mauvaise nouvelle puisqu'elle prouve qu'elle a dû mal à canaliser son allié, va peser pour éviter l'escalade. Elle devrait proposer qu'il y ait enfin un début d'engagement américain pour des discussions bilatérales, ou au moins multilatérales, dans le cadre des négociations à six.
TF1 News : Les risques d'escalade militaire sont donc limités ?
O.G. : Oui. La Corée du Nord a su s'arranger pour que le bilan humain et les dégâts soient limités. Même s'il y a des victimes, l'incident n'a pas grand-chose à voir avec celui de la corvette. Ce n'est pas donc suffisant pour une intervention américaine et sud-coréenne ni pour un changement de la stratégie de soutien de la Chine. Le régime de Pyongyang a donc bien joué le jeu pour ne laisser aucune ouverture à une sur-réaction. Et il en récoltera les dividendes en coulisses.
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