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Karachi: d'autres anciens ministres, un ex-président entendus ?


le 31 janvier 2011 à 21h12 , mis à jour le 01 février 2011 à 11h55.
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AsieAprès l'audition de l'ex-ministre de la Défense François Léotard devant un juge d'instruction, les familles de victimes réfléchissent à la possibilité d'un "confrontation générale de ces ministres pour qu'on sache exactement ce qui s'est passé" en 2002.

François Léotard a réitéré ses propostenus dans la presse dimanche. L'ex-ministre de la Défense a assuré lundi devant un juge antiterroriste que l'arrêt des commissions versées  sur des contrats d'armement décidé par Jacques Chirac avait pu être le "détonateur" de l'attentat de Karachi, selon l'avocat des familles de victimes. L'audition de l'ancien ministre, impliqué dans la vente de sous-marins  Agosta au Pakistan en 1994, par le juge d'instruction chargé de l'enquête sur  l'attentat de Karachi en 2002, a pris fin lundi vers 19H00, à l'issue de près  de cinq heures d'interrogatoire.

M. Léotard "considère que la décision du Président Jacques Chirac d'arrêter le versement des commissions a pu être en quelque sorte le détonateur de cet attentat et il affirme que c'est le résultat d'une guerre de 30 ans au niveau  de la droite", a dit Me Morice, présent lors de l'audition. L'ancien ministre, retiré de la politique depuis plusieurs années, a donc répété ce qu'il avait dit fin 2009 devant la mission d'information  parlementaire, au juge antiterroriste Marc Trévidic chargé de l'enquête sur  l'attentat ayant tué 11 salariés français de la Direction des constructions navales. M. Léotard a quitté le palais de justice de Paris par une porte dérobée sans faire de déclaration.
 
"Ils se renvoient la balle"
 
Le juge Trévidic cherche à savoir si l'attentat est une rétorsion à l'arrêt de commissions décidé par Jacques Chirac en 1995 sur des contrats d'armement négociés l'année précédente par le gouvernement d'Edouard Balladur, auquel appartenait M. Léotard. Fin 2010, l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, secrétaire  général de l'Elysée au moment de la décision de M. Chirac d'interrompre les commissions, avait exclu tout lien avec l'attentat, devant le juge Trévidic.

Les familles des victimes vont "réfléchir pour savoir s'il n'y a pas lieu d'entendre tous ces hommes politiques en même temps devant des juges d'instruction parce que si un ancien Premier ministre dit une chose, un ancien  ministre de la Défense dit autre chose, ils se renvoient la balle", a dit Me  Morice. "Il faudrait peut être qu'il y ait une confrontation générale de ces ministres pour qu'on sache exactement ce qui s'est passé", a précisé l'avocat,  dénonçant "une volonté de fuir des responsabilités". "Les parties civiles se demandent s'il ne serait pas opportun que l'ancien  Président Chirac soit entendu car c'est lui qui prend cette responsabilité d'arrêter les commissions", a-t-il ajouté. L'avocat avait déjà menacé en novembre de porter plainte et de demander l'audition de l'ancien chef de l'Etat.

"Les déclarations de M. Léotard en quelque sorte, c'est de dire que la décision d'arrêt du versement des commissions était infondée, qu'il n'y a pas  eu de rétrocommissions (vers des décideurs français, ndlr) et qu'à partir du  moment où il n'y a pas eu de rétrocommissions, la seule motivation de l'arrêt  du versement des commissions c'est une guerre fratricide", a poursuivi Me  Morice. L'an dernier M. Léotard avait écarté l'existence de malversations  financières, assurant qu'"Edouard Balladur était intransigeant sur le respect de la légalité et des procédures".

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