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Fukushima : de l'iode radioactif dans le lait jusqu'aux Etats-Unis

Edité par
le 31 mars 2011 à 07h22 , mis à jour le 31 mars 2011 à 14h42.
Temps de lecture
4min
[Expiré] Bouteilles de lait vendues aux Etats-Unis

Crédits : Chip Somodevilla/Getty Images/AFP

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AsieDes traces d'iode radioactif, qualifiées "d'infimes", ont été décelées dans un échantillon de lait dans l'Etat de Washington. En Chine, des traces de radioactivité dues à la crise de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima sont désormais mesurables sur tout le territoire.

 

Depuis le début de la crise de la centrale nucléaire de Fukushima, de nombreux produits radioactifs, principalement de l'iode et du césium, ont été "lessivés" par les milliers de tonnes d'eau qui ont été déversées par les secours pour refroidir les installations, et emportés jusqu'au Pacifique tout proche. Un phénomène aggravé par les "fuites" probables de matériaux hautement irradiés hors de l'enceinte de confinement, qu'a reconnues l'Agence de sûreté nucléaire japonaise. Selon l'opérateur Tepco et les experts de la sécurité nucléaire, cette radioactivité relâchée dans la mer se dilue avec les marées et le risque sur les algues et les animaux marins n'est pas important. Mais d'autres spécialistes estiment que si ces rejets radioactifs dans l'océan Pacifique seront sans conséquence majeure à l'échelle planétaire, ils pourraient avoir un impact notable, voire durable, sur la vie marine au large de la centrale japonaise. D'autant plus que ces fuites se poursuivent, sans que les techniciens parviennent à les maîtriser. En témoignent les taux de radioactivité sans cesse en hausse dans l'océan au large de la centrale.

L'agence de sûreté nucléaire japonaise a indiqué jeudi que cette radioactivité en mer était désormais 4385 fois supérieure à la limite admise. Mercredi, ce taux de radioactivité était supérieur de 3355 fois à cette limite. Dimanche, de 1850 fois. Les zones entourant la centrale ne semblent pas épargnées : l'agence japonaise a suggéré au gouvernement d'envisager d'étendre la zone d'évacuation décrétée autour de la centrale accidentée. Pour l'heure, les habitants ont été évacués dans un rayon de 20 km autour de l'installation. Mais l'Agence internationale de l'énergie atomique a fait savoir mercredi que la radioactivité enregistrée à Iitate, un village situé à 40 km de la centrale, dépassait l'un des critères retenus pour l'évacuation des habitants. Le Premier ministre Naoto Kan, auquel est reprochée une gestion médiocre de la crise la plus grave qu'ait affrontée le pays depuis 1945, a dit d'ores et déjà envisager d'élargir la zone d'évacuation pour contraindre 130.000 habitants à partir, en plus des 70.000 qui ont déjà été déplacés.

Tout le territoire chinois concerné

Et les effets de cette crise sont mesurables à l'étranger. Presque tout le vaste territoire chinois enregistre désormais des niveaux de radioactivité provenant de la centrale nucléaire accidentée au Japon, mais "extrêmement faibles" et ne présentant pas de risques sanitaires, selon le gouvernement chinois. Des traces qualifiées "d'infimes" d'iode radioactif ont aussi été décelées dans un échantillon de lait dans l'Etat de Washington, situé sur la côte ouest des Etats-Unis. Les agences sanitaires américaines soulignent que l'iode 131 a une période (ou demi-vie) très courte, d'une huitaine de jours, et que le niveau décelé dans le lait devrait de ce fait diminuer relativement vite. L'iode 131 peut être dangereux pour la santé parce qu'il est absorbé aussitôt par la glande thyroïde, où il peut provoquer un cancer.

Appelée à la rescousse, la France a envoyé des experts nucléaires. De son côté, Anne Lauvergeon, président du directoire d'Areva, qui est arrivée mercredi au Japon, a tenu ce jeudi une conférence de presse à Tokyo. Elle s'est rendue au Japon afin d'évaluer l'aide que le groupe français pourrait apporter à Tepco, l'exploitant de la centrale. Le président français Nicolas Sarkozy, qui était en visite en Chine mercredi et jeudi, a aussi fait un passage éclair au Japon pour témoigner de la solidarité française, mais aussi pour demander l'adoption de normes de sûreté nucléaires internationalement reconnues.

Commenter cet article

  • 1337sysop1337 : L'environnement c'est peut-être surtout la mentalité courageuse de certains "décontaminateurs" sacrifiés volontaires, mais c'est surtout l'incompétence notoire de quelques dirigeants à tepco ou ailleurs. Une technologie n'est ni bonne ni mauvaise tout dépends de qui l'utilise, comment et dans quel but alors arrêter avec votre laius d'autant plus qu'il est à visé politique et concentrez vous sur l'éthique ça ça intérresse tout le monde !

    Le 01/04/2011 à 20h46
  • chaoshumain : Et nous ! Est-ce qu'on vérifie ce qu'on IMPORTE ?

    Le 31/03/2011 à 19h28
  • stenka444 : Jamais aucune technologie ne garantira le risque zéro dans le nucléaire...la modélisation du parcours de la masse d'air radioactive autour de la planète a donné une image nouvelle et saisissante des conséquences globales d'un seul accident en un point du globe...et illustré l'incapacité des pauvres hommes à cravate à en contenir les effets avec leurs petites mains. On avait pas eu une telle vision à l'époque de Tchernobyl ! En toute conscience continuer à promouvoir cette technologie et les risques associés relève de l'aveuglement, de l'ignorance, de l'avidité peut être..de l'irresponsabilité assurément. Si on ne tire pas les conséquences de ce nouvel avertissement c'est à désespérer de la nature humaine et des "dirigeants" en particuliers. Le nucléaire n'est pas une voie d'avenir..en tout cas pas une voie juste et sage...la politique c'est la pratique d'une éthique collective..on est en droit d'attendre des actions gouvernementales dans ce sens ...L'Environnement, ce n'est pas juste ce qu'il y a autour de nous, c'est ce qui finit un jours par couler dans nos veines ...

    Le 31/03/2011 à 19h19
  • andre-victor : Tchernobyl a été la cause directe d'un nombre de morts difficile à évaluer, certes, mais qui se compte en milliers tout au plus sur 25 ans pour l'ensemble de la planète. L'accident de la centrale de Fukushima a pour l'instant causé directement deux morts, le Tsunami en a causé plus de 25 000 ! Les accidents de la circulation sont la cause DIRECTE d'UN MILLION DE MORTS PAR AN environ dans le monde, et personne n'envisage de supprimer la circulation automobile ! Relativisons !

    Le 31/03/2011 à 19h04
  • andre-victor : Papa01, à l'époque de Tchernobyl, l'URSS était une distature communiste : On a envoyé des hommes à la mort sans le dire à qui que ce soit ! Croyez-vous qu'aujourd'hui dans un régime démocratique, cela soit possible ? Il semble que vous le regrettiez ???

    Le 31/03/2011 à 18h58
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