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Japon : de l'eau fortement radioactive s'échappe d'un réacteur

Edité par
le 28 mars 2011 à 08h18 , mis à jour le 28 mars 2011 à 13h53.
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5min
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AsieDe l'eau fortement radioactive a été découverte lundi à l'extérieur du réacteur 2 de la centrale de Fukushima. Mais le gouvernement assure qu'elle provient de la condensation de vapeur et non pas d'une fissure dans le réacteur.

De l'eau fortement radioactive s'échappe d'un réacteur
Le réacteur 2 de la centrale nucléaire de Fukushima était au coeur de toutes les inquiétudes lundi. De l'eau fortement radioactive a été découverte à l'extérieur du bâtiment, a annoncé lundi un porte-parole de l'opérateur, Tokyo Electric Company (Tepco). "Nous avons retrouvé de l'eau accumulée dans des puits de regard d'une tranchée souterraine débouchant à l'extérieur du bâtiment, avec un niveau de radioactivité supérieur à 1.000 millisieverts par heure", a-t-il indiqué. Ces puits sont situés à une soixantaine de mètres de l'océan Pacifique et l'eau contaminée pourrait avoir ruisselé jusqu'au rivage. Il a ajouté que de l'eau contaminée avait également été localisée à l'extérieur des bâtiments des réacteurs 1 et 3, mais à des niveaux de radioactivité très inférieurs. Peu avant, le secrétaire général et porte-parole du gouvernement japonais avait annoncé que la forte radioactivité mesurée dans l'eau qui a inondé le sous-sol du bâtiment abritant le réacteur 2 semblait due à la fonte de cartouches de combustible. Selon lui, l'eau contaminée provient de la condensation de vapeur et non pas d'une fissure dans le réacteur.

Ces dernières heures, taux d'iode radioactif 1150 fois supérieur à la norme légale a été mesuré dans l'eau de mer prélevée à trente mètres seulement des réacteurs 5 et 6 de la centrale, a annoncé lundi l'Agence de sûreté nucléaire. Jusqu'à présent, les tests étaient pratiqués au sud de la centrale à la sortie des réacteurs 1 à 4, les plus endommagés, où le taux d'iode 131 était à un niveau près de 2000 fois supérieur à la normale. Les réacteurs 5 et 6, qui étaient arrêtés pour un service de maintenance au moment du séisme et du tsunami, n'ont pas subi de dégâts majeurs et leur système de refroidissement a pu être reconnecté à l'alimentation électrique. Selon Tepco et l'Agence de sûreté nucléaire, la radioactivité relâchée dans la mer se dilue avec les marées et le risque sur les algues et les animaux marins n'est pas important L'iode radioactif se réduit de moitié tous les huit jours.

Une crise pour pourrait durer des années
Sakae Muto, vice-président de la compagnie Tokyo Electric Power (Tepco), exploitant de la centrale, a parlé lundi d'une opération incertaine et longue pour empêcher une surchauffe des barres de combustible et leur fonte. "C'est regrettable, mais nous n'avons pas de calendrier concret nous permettant, actuellement, de dire dans combien de mois ou d'années (la crise sera terminée)", a-t-il dit.

La contamination "bien au-delà" de la zone des 30 km, dit l'ASN
Des "taches de contamination" radioactive sont présentes "bien au-delà" de la zone de sécurité de 30 km autour de la centrale japonaise de Fukushima, a estimé lundi l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) française. L'accident en cours à Fukushima entraîne "une contamination qui va s'étendre sur des zones considérables", a déclaré au cours d'un point de presse André-Claude Lacoste, président de l'ASN. "Il n'est pas du tout étonnant qu'on trouve ici ou là des contaminations bien au delà d'un rayon de 100km."

Tepco vivement critiqué par le gouvernement japonais
L'annonce erronée par l'exploitant Tepco d'un niveau de radioactivité "10 millions de fois plus élevé" que la  normale dans de l'eau échappée de la centrale Fukushima est "inacceptable", a jugé lundi le porte-parole du gouvernement japonais. "Le gouvernement a ordonné à Tepco de ne pas recommencer", a-t-il ajouté. Tokyo Electric Power (Tepco) a convoqué d'urgence dimanche soir une conférence de presse après que le nombre de "10 millions" eut été repris en  boucle par les médias japonais et du monde entier, alimentant encore davantage la psychose concernant le site accidenté. Le vice-président de Tepco a expliqué que des éléments radioactifs avaient été confondus au cours d'analyses sur les échantillons prélevés dans la nappe échappée du réacteur 2.

Tepco demande de l'aide à EDF, Areva et au CEA
Tepco, a demandé "l'appui" de groupes industriels publics français pour faire face à la crise sur ce site, a déclaré lundi le ministre français de l'Industrie Eric Besson, pour qui la situation est "critique".  Ni EDF, ni Areva, n'étaient en mesure de préciser dans l'immédiat la nature exacte de cet appui, qui n'a pas été détaillé non plus par le ministre. EDF avait déjà annoncé le 18 mars que ces trois groupes devaient envoyer au Japon la semaine dernière 130 tonnes de matériel spécialisé, dont des robots capables d'intervenir à la place de l'homme en cas d'accident nucléaire. Mais la demande de Tepco est indépendante de cet envoi, a précisé un porte-parole du ministre.

Le patron de Tepco... malade
Le PDG de la compagnie exploitant la centrale nucléaire accidentée de Fukushima, Tepco, a été malade et alité pendant une partie de la crise, ont rapporté lundi les médias. Masataka Shimizu, 66 ans, est tombé malade le 16 mars, soit cinq jours après le séisme, et a pris une semaine d'arrêt de travail, quittant ainsi le groupe de crise mis en place par le gouvernement et la compagnie électrique, a rapporté un des grands journaux japonais, le Mainichi Shimbun, citant des responsables de Tokyo Electric Power (Tepco). "Il n'était pas présent au sein du groupe de crise mais continuait à recevoir des informations au siège (à Tokyo) et à donner des instructions", a  indiqué un porte-parole de Tepco, cité par le journal. Selon un autre responsable de la société, Masataka Shimizu Shimizu était cependant si malade qu'il était resté "le plus souvent alité", dans une pièce séparée, dans l'immeuble où le groupe de crise se réunit.

Le PDG a depuis lors récupéré et a repris le travail, a précisé l'agence Kyodo. Critiqué par les médias pour son absence depuis de la début de la crise, Masataka Shimizu est apparu pour la dernière fois en public le 13 mars. En son absence, c'est le vice-président de la compagnie électrique, Sakae  Muto, qui a occupé la scène publique depuis le début de la crise. Les autorités japonaises ont prévenu dimanche que le danger d'une  catastrophe nucléaire était loin d'être écarté à la centrale de Fukushima Daiichi (N°1), où des fuites beaucoup plus radioactives que la veille ont été relevées. Le séisme et le tsunami du 11 mars ont interrompu l'alimentation électrique  des six réacteurs de la centrale, noyé les générateurs diesels de secours et stoppé le système de refroidissement, entraînant une série de graves dysfonctionnements et des fuites radioactives.

Critique d'un expert en tsunami
Des dépenses d'infrastructures plus importantes de la part des autorités japonaises auraient pu limiter l'impact du tsunami, mais le gouvernement s'est le plus souvent contenté de mesures peu onéreuses, a déclaré un spécialiste des raz-de-marée. Dans une interview accordée dimanche à Reuters, Fumihiko Imamura, professeur au centre de recherche sur les catastrophes à l'université du Tohoku, estime que le pays, pendant la phase de reconstruction, devrait implanter hôpitaux et maisons d'habitation à l'écart de la côte. "Nous vivons tout près de la côte. L'industrie de la pêche a besoin d'être près de la côte, mais les zones d'habitation et autres installations doivent être plus à l'intérieur", dit-il en estimant que le Japon doit se doter de plans d'occupation des sols sur le modèle de l'Occident. Ces dernières années, le gouvernement japonais a délaissé les projets coûteux comme l'augmentation de la hauteur des murs anti-tsunami sur le littoral, au profit de mesures qui ne coûtent pas cher, comme la mise au point de cartes localisant les zones les plus exposées, dit l'expert. "Nous coopérons avec le gouvernement sur les mesures de lutte contre les tsunamis, mais le financement a diminué et, parfois, il n'y a pas assez d'argent pour la construction de mesures structurelles", a dit Imamura dans l'interview. "Ces derniers temps, le gouvernement s'est concentré sur des mesures non structurelles, parce qu'elles sont économiques".

L'eau de pluie contaminée ?
Le ministère japonais de la Santé a demandé aux usines de distribution d'eau sur tout le territoire de cesser de recueillir l'eau de pluie, afin d'éviter d'éventuelles contaminations par les rejets radioactifs. Le ministère a par ailleurs ordonné durant le week-end aux distributeurs d'eau et aux stations d'épuration de recouvrir leurs réservoirs d'une bâche afin de les isoler de possibles retombées de radioéléments. Ils doivent par ailleurs cesser de puiser l'eau des rivières juste après des précipitations.

Commenter cet article

  • voteidentitaire : Ah des chauve-souris a trois ailes et 6 pattes?? c'est pas une espece rare, c'est juste des chauve-souris made in tchernobyl :)

    Le 29/03/2011 à 16h17
  • avrilbaby : "Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson capturé, alors vous découvrirez que l'argent ne se mange pas."... Un proverbe amérindien.

    Le 29/03/2011 à 00h38
  • citrus06 : Bien pire Tchernobyl ? Vous oubliez qu'avec le Japon c'est la mer qui est aussi contaminée............. Pour ma part ces 2 catastrophes se valent !!!

    Le 28/03/2011 à 18h05
  • arnaultauvray : C'est surtout le fait que ce sont des centrales de type Americain......En gros c'est pas la même technologie, d'ou l'aide plutot limitée que peut apporter Areva ou EDF

    Le 28/03/2011 à 17h40
  • nissaforever : J'ai déjà prévenu mon fils que ses futurs enfants risquaient d'avoir quatre bras ou un oeil au milieux du front...

    Le 28/03/2011 à 17h24
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