© AFP/Jiji Press Tepco a annoncé vendredi soir avoir connecté un 1er câble électrique à la centrale, mais il faudra encore du temps avant d'atteindre le réacteur n°3, le plus inquiétant en raison de la présence de plutonium. La pose d'un "sarcophage" comme à Tchernobyl est en outre évoquée. La situation semble s'être stabilisée dans la centrale, mais seul le rétablissement de l'électricité, espéré vendredi, permettrait de relancer le circuit de refroidissement des réacteurs. Le gouvernement avait mis en garde jeudi contre un risque de vaste panne d'électricité à Tokyo. Cette menace a finalement été écartée car la consommation d'électricité n'a pas augmenté. L'exploitant de la centrale de Fukushima a ouvert un compte Twitter en japonais. En quelques heures, s'il n'a posté que 2 messages dont des excuses, il a obtenu plus de 120 000 followers. L'Europe et les Etats-Unis s'inquiètent encore : le CAC 40 et les indices de Wall Street perdent plus de 2% malgré la très forte reprise de la Bourse de Tokyo. La Corse a été particulièrement touchée par le survol du nuage radioactif de Tchernobyl. Aujourd'hui encore, de nombreuses personnes y développent des cancers de la thyroïde. 31.000 Japonais vivent en France dont un tiers à Paris. Une communauté qui s'inquiète pour leur famille et les proches restés sur place. Six jours après le séisme, les opérations de secours dans les régions du nord-est du pays sont perturbées par le froid glacial et la neige. Les chances de retrouver des survivants s'amenuisent. De retour de Sendaï, Tristan Walecks journaliste à TF1, témoigne de la dévastation de la ville. Le journaliste parle de sa culpabilité d'être rentré en France et d'avoir laissé les sinistrés sur place. "Le tsunami arrive", voici ce que crie l'homme qui tient la caméra ce 11 mars 2011 à Sendaï. Six jours après le tsunami, cette nouvelle vidéo montre la puissance de la vague et la surprise des habitants. Des rues dévastées, des enfants masqués, une centrale nucléaire à son plus haut niveau de radioactivité : le Japon en images après le violent tremblement de terre et le tsunami de vendredi.
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Dernier bilan : 5.321 morts
Le séisme et le tsunami qui ont frappé le Japon vendredi ont fait 5.321 morts confirmés, 9.329 disparus et 2283 blessés, selon un nouveau bilan officiel provisoire établi par la Police nationale et diffusé dans la nuit de mercredi à jeudi.
10.000 disparus dans une seule commune.
Pour autant, ce dernier bilan officiel est loin d'être définitif. Le nombre d'habitants d'Ishinomaki disparus après le violent séisme et le tsunami dévastateur de vendredi s'élève probablement à 10.000, a déclaré mercredi le maire de cette ville, située dans la préfecture de Miyagi, dans le nord-est du Japon, selon l'agence Kyodo. Située sur la côte ravagée par le raz de marée qui a suivi la secousse tellurique de magnitude 9, cette cité comptait 16.000 résidents avant la catastrophe.
La préfecture de Miyagi, où se trouve notamment la ville de Sendai, est la plus meurtrie par le plus fort tremblement de terre jamais enregistré en territoire nippon. Par ailleurs, la ville portuaire de Minamisanriku, également située dans cette région, rapporte aussi que 10.000 personnes n'ont à ce jour toujours pas été retrouvées.
Alors qu'une forte réplique d'une magnitude de 6 a eu lieu à l'est de Tokyo mercredi, les autorités tentent toujours le tout pour le tout à la centrale de Fukushima pour prévenir une catastrophe nucléaire. Les opérations de refroidissement ont repris jeudi matin , des hélicoptères continuent de déverser de l'eau sur le réacteur n°3 de la centrale.
550.000 sinistrés... Les autorités devaient également faire face à l'impatience grandissante des 500.000 personnes sinistrées, confrontées à des pénuries d'eau potable et de vivres malgré la mobilisation sans précédent de 80.000 soldats, policiers et secouristes dans le nord-est dévasté.
Les Tokyoïtes font des stocks de vivres ou quittent la capitale. Depuis vendredi, l'activité s'y est fortement réduite. Les vents étaient favorables en poussant vers l'océan Pacifique les rejets radioactifs de la centrale, et cette situation devrait se prolonger au moins jeudi, selon la météo.
850.000 foyers sont toujours privés d'électricité dans le nord du pays alors que les températures sont hivernales. Le gouvernement avait mis en garde jeudi contre un risque de vaste panne d'électricité à Tokyo. Cette menace a finalement été écartée car la consommation d'électricité n'a pas augmenté.
L'empereur s'est dit "profondément préoccupé". Akihito s'est adressé à la nation. Il a déclaré qu'il priait "pour la sécurité du plus grand nombre de gens", dans une allocution télévisée. "Désormais à présent, toute la nation travaille aux opérations de secours", a déclaré l'empereur dans une intervention exceptionnelle. "Je ne peux m'empêcher de prier pour que le travail des sauveteurs progresse rapidement et que la vie de gens s'améliore, ne serait-ce qu'un peu", a poursuivi Akihito. Pour les Japonais les plus âgés, cette intervention de l'empereur aura sonné comme une réminiscence de l'annonce de la reddition du pays, que le père d'Akihiro, Hirohito, avait faite à la radio, le 15 août 1945. Jamais auparavant la population japonaise n'avait eu la possibilité d'entendre la voix de l'empereur.
Devant la menace d'un accident nucléaire majeur, la plupart des ambassades ont recommandé à leurs ressortissants de s'éloigner de la zone pour se replier vers le sud, dans la région d'Osaka, ou bien de quitter le Japon. La Grande-Bretagne, l'Allemagne, la Suisse, l'Italie et l'Australie ont également conseillé à leurs ressortissants de quitter le nord et la région de Tokyo. La France, comme la Belgique et la Russie, va envoyer des avions supplémentaires afin d'évacuer les familles souhaitant quitter le pays et un premier appareil transportant une centaine de personnes a commencé à évacuer des Américains jeudi à destination de Taïwan. La Chine a demandé au Japon de fournir des informations "opportunes et précises" afin de calmer une opinion publique inquiète de l'arrivée dans le pays d'éventuels rejets radioactifs. L'ambassade des Etats-Unis a fixé la zone de risque à 80 km autour de la centrale. Les autorités nippones n'ont pour l'instant établi un périmètre de sécurité que de 30 km, et le gouvernement a affirmé mercredi que les radiations au-delà de la zone d'exclusion des 20 km "ne posent pas de danger immédiat pour la santé". Par précaution, 10.000 personnes de la préfecture de Fukushima seront soumises à des tests de radioactivité dans 26 centres d'examen.
L'UE conseille des contrôles de radioactivité des aliments importés.
L'Union européenne a recommandé aux Etats de procéder à des contrôles de radioactivité des aliments importés du Japon, à la suite de la catastrophe nucléaire sur l'île, a-t-on appris mercredi auprès d'un porte-parole de la Commission européenne.
Ikea, H&M et d'autres offrent à leurs employés de quitter Tokyo. Plusieurs grandes entreprises nordiques, dont les géants Ikea et H&M, ont proposé mercredi à leurs employés japonais de quitter Tokyo et ses environs pour se rendre plus au sud.
Paris met 2 avions à disposition des Français du Japon et distribue des pastilles d'iode. Les autorités françaises mettent deux avions gouvernementaux à disposition des Français souhaitant quitter le Japon, a indiqué mercredi le ministère des Affaires étrangères sur son site internet. L'ambassade de France à Tokyo a en outre commencé, "à titre préventif" face au risque nucléaire, à distribuer des pastilles d'iode aux Français du Japon dont environ 3.000 se trouvent aujourd'hui dans la région de la capitale japonaise, a annoncé jeudi le Quai d'Orsay. Le groupe nucléaire Areva et l'électricien EDF ont affrété jeudi un avion, qui doit partir vendredi, transportant 100 tonnes d'acide borique (substance chimique permettant d'empêcher la réaction nucléaire) et du matériel de protection contre la radioactivité, a annoncé le gouvernement français.
Des Français sont déjà rentrés à Paris. Environ 185 personnes, pour la plupart des Français et leurs proches, sont arrivées mercredi à l'aéroport Roissy-Charles-De-Gaulle en provenance du Japon, partagées entre le soulagement et la culpabilité d'avoir laissé derrière elles famille et amis. Au-delà du seul cas des Français, les étrangers continuaient mercredi à quitter la région de Tokyo, comme l'ont conseillé un grand nombre de pays. Mais les liaisons aériennes étaient perturbées par la décision de plusieurs compagnies aériennes d'annuler des vols vers Tokyo ou de les rediriger vers Osaka ou Nagoya.
Washington autorise les familles du personnel d'ambassade à quitter le Japon dans les régions les plus affectées, alors que propose Barack Obama propose l'aide américaine pour la reconstruction au Japon.
Une réunion spéciale à Bruxelles. Les ministres européens de l'Energie vont tenir une réunion extraordinaire lundi à Bruxelles pour tirer les premières leçons de l'accident nucléaire au Japon, a annoncé mercredi le président de l'UE.
Les vents scrutés par les voisins des Japonais. Chine, Russie et jusqu'en Californie, au-delà du Pacifique, tous ces pays suivent avec une extrême attention le sens des vents. En Chine, des messages catastrophistes ont été relayés sur internet et par SMS mais les autorités ont assuré qu'aucun niveau anormal de radioactivité n'avait été détecté dans le pays. Le gouvernement français a annoncé mercredi avoir commencé à envoyer des comprimés d'iode à Saint-Pierre-et-Miquelon, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française et à Wallis et Futuna pour faire face à une éventuelle contamination.
Une peur palpable jusqu'en Europe occidentale, pourtant située à près de 10.000 km. Des pharmaciens en Allemagne et en France ont fait état d'une hausse des achats de pastilles d'iode, utilisées pour bloquer l'accumulation d'iode radioactive dans le corps.
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