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Danger d'explosion à la centrale nucléaire de Fukushima

Edité par
le 06 avril 2011 à 09h07 , mis à jour le 06 avril 2011 à 11h36.
Temps de lecture
5min
Centrale nucléaire de Fukushima

Centrale nucléaire de Fukushima /

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AsieAlors que des explosions d'hydrogène ont déjà fortement endommagé le bâtiment extérieur de deux des six réacteurs, les experts redoutent les effets de l'accumulation d'hydrogène au niveau du réacteur n°1. Ce qu'ils essaient de combattre en injectant de l'azote.

 

Fuites de matériaux contaminés (parmi lesquels l'eau qui sert à tenter de refroidir les réacteurs), bâtiments et systèmes de contrôle endommagés, et chaleur persistante des barres de combustibles : la situation à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, endommagée par le séisme et le tsunami du 11 mars, reste hors de contrôle. L'opérateur Tepco envisage désormais d'injecter de l'azote dans le réacteur 1 afin d'éviter une possible déflagration. Les experts présents dans la centrale craignent en effet que la quantité d'hydrogène continue à augmenter jusqu'à provoquer une explosion par contact avec l'oxygène dans l'air. Or l'azote, gaz inerte, est parfois utilisé dans des zones dangereuses où la présence d'oxygène dans l'air peut provoquer des explosions : l'azote sert alors à le remplacer. Des explosions d'hydrogène ont déjà fortement endommagé le bâtiment extérieur de deux des six réacteurs de Fukushima Daiichi, sans toutefois porter atteinte au coeur de l'installation.

Une nouvelle source d'inquiétude, alors qu'une fuite d'eau hautement radioactive qui se déversait dans l'océan en face de la centrale vient tout juste d'être colmatée. Après plusieurs jours d'efforts infructueux pour boucher une brèche de 20 cm dans une fosse technique située au bord de l'océan Pacifique, les techniciens de Tepco ont trouvé la solution mardi en injectant dans le sol du verre soluble (silicate de sodium), un agent chimique qui a pour propriété de se solidifier au contact de l'eau.

De l'eau contaminée toujours rejetée en mer

Un volume important d'eau très contaminée, provenant du réacteur 2, s'échappait jusqu'alors jour et nuit de cette fosse, à un rythme estimé à sept tonnes par heure. Cette fuite était à l'origine d'une élévation importante du taux d'iode radioactif 131 dans les prélèvements d'eau de mer, à proximité de la centrale. Mais le risque de contamination de l'environnement marin n'est pas pour autant écarté, soulignent les experts. Les opérations de rejet en mer de 11.500 tonnes d'eau faiblement radioactive, selon Tepco, se sont en effet poursuivies ce mercredi, pour la troisième journée consécutive, en face de la centrale et à 250 kilomètres seulement de la mégapole de Tokyo et de ses 35 millions d'habitants.

L'évacuation de cette eau dans l'océan, où les radioéléments sont censés se diluer, est nécessaire afin de libérer des cuves de stockage destinées à être remplies d'eau hautement radioactive qui s'est accumulée dans les installations et les galeries techniques des réacteurs 2 et 3. Cette eau polluée contient notamment de l'iode 131, dont la durée de vie se réduit de moitié tous les huit jours, et surtout du césium 137, qui lui reste actif pendant des décennies. Les experts craignent que la chaîne alimentaire marine ne soit contaminée en amont, à travers le plancton qui est consommé par les poissons.

Afin de rassurer la population, le gouvernement a fixé un taux limite de radioactivité pour les produits de la mer, similaire à celui établi pour les légumes. Au-delà de 2000 becquerels/kg pour l'iode 131 et de 500 becquerels pour le césium 137, les poissons seront considérés comme impropres à la consommation. Reste que les rejets massifs d'eau polluée dans l'océan risquent de peser encore sur les exportations de produits frais du Japon. L'Inde a décrété mardi une interdiction totale des importations de produits alimentaires japonais, pour une durée de trois mois éventuellement renouvelable. Il s'agit du premier pays à appliquer une telle décision, alors que la Chine, Taïwan, Singapour, la Russie et les Etats-Unis ont limité leurs interdictions aux produits venant de certaines régions du Japon. L'Union européenne, qui a introduit depuis le 24 mars des contrôles à l'entrée des produits venant de ces régions, a décidé d'abaisser le niveau de radioactivité autorisé en s'alignant sur les normes du Japon, déjà très sévères. L'UE appliquait jusqu'ici les plafonds de radioactivité fixés en 1987, après Tchernobyl.

Tepco va dédommager les évacués

Près d'un mois après le séisme du 11 mars, Tepco étudie les modalités pour commencer à dédommager les 80.000 personnes forcées de quitter leur domicile dans un rayon de 20 km autour de la centrale en raison des risques radioactifs, selon la télévision publique NHK. L'opérateur de la centrale nucléaire de Fukushima va verser un million de yens (8260 euros) par foyer, affirment divers médias japonais. Le ministre du Commerce, Banri Kaieda, a souhaité que cette indemnisation, qui ne sera pas définitive, soit versée "rapidement". La société va également devoir calculer, avec le gouvernement, les énormes indemnités qu'elle devra verser aux entreprises, agriculteurs et pêcheurs affectés par l'accident nucléaire.

Natacha Valla, Directeur Exécutif chez Goldman Sachs Paris
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Les explications d'une économiste
 

Commenter cet article

  • look165 : C'est beau le progrès, les buildings (privés) de plus de 50 étages sont nickel et la centrale nucléaire ("public") s'est cassé la figure. Gratter sur les coûts de fabrication, ça craint.

    Le 07/04/2011 à 03h20
  • gerald_ : @ym53 Que ce soit sur le tsunami du Japon ou d'autres sujets, la capacité d'attention des medias (et du public) est très limitée. Le tsunami a été le premier à disparaître de l'information, ses 20000 morts ne restant intéressants qu'en association avec Fukushima. Puis Fukushima a disparu au profit de la Libye, qui elle-même disparaît pour Abidjan et ainsi de suite. Il y a besoin de sensationnel sans cesse renouvelé. Fukushima était idéal pour cela les premiers jours, avec des explosions d'hydrogène en direct à la télé, le nuage qui arrive en France, et les annonces d'apocalypse. Difficile d'entretenir longtemps ce genre d'attente; à force d'annoncer la fin du monde pour demain, après demain arrive quand même, et c'est ennuyeux. Si seulement l'information du public pouvait progresser à cette occasion sur les risques réels des radiations, sans phantasmes ni minimisation...

    Le 06/04/2011 à 23h11
  • dur6200 : à 200% d'accord avec vous!!!banalisation de tout,malheureusement....l'avenir est "restreint"..!!!

    Le 06/04/2011 à 22h01
  • alkira200 : @john2009 : il y a du plutonium uniquement dans le réacteur numéro 3...Les autres fonctionnent avec du combustible 'standard'.

    Le 06/04/2011 à 21h12
  • sebpl : Echec et mat !

    Le 06/04/2011 à 20h20
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