Afghanistan : cinq soldats français tués dans un attentat suicide

le 13 juillet 2011 à 13h53 , mis à jour le 14 juillet 2011 à 07h07

Un kamikaze a déclenché ses explosifs à proximité d'un convoi de l'armée française dans la province orientale afghane de Kapisa. Il y a six morts, dont cinq militaires, ainsi que sept blessés.

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L'attaque a eu lieu mercredi matin dans la province orientale afghane de Kapisa, et elle a été annoncée simultanément par la police locale et par l'Otan : un kamikaze a déclenché ses explosifs à proximité d'un convoi de l'armée française. Le bilan est lourd : six morts, dont cinq soldats français et un civil afghan, selon un communiqué diffusé peu après par l'Elysée, qui précise que les soldats protégeaient une assemblée de notables à Joybar, dans la vallée de Tagab, lorsqu'ils ont été visés. Toujours selon le communiqué présidentiel, quatre autres soldats français et trois civils afghans ont été grièvement blessés. Dans la soirée, le ministre de la Défense, Gérard Longuet, a donné plus de précisions sur France 2 : l'un des quatre soldats blessés est "très abimé", puisqu'il a eu un "bras arraché", tandis que la situation des autres est "sous contrôle".

Les cinq soldats tués, âgés de 27 à 38 ans, étaient issus d'unités basées à Pamiers, Montauban et Lyon, a indiqué le service de presse des armées. Les identités de trois d'entre eux seulement ont été diffusées. Il s'agit du lieutenant Thomas Gauvin, 27 ans, et de l'adjudant Laurent Marsol, 35 ans, du 1er RCP de Pamiers (Ariège), et de l'adjudant Emmanuel Techer, 38 ans, du 17e régiment du génie parachutiste de Montauban.

Ces morts portent à 17 le nombre de soldats français tués en Afghanistan depuis le début de l'année, et à 69 depuis fin 2001. "Le chef de l'Etat exprime la détermination de la France à continuer d'oeuvrer au sein de la Force internationale d'assistance et de sécurité pour rétablir paix et stabilité dans ce pays", a ajouté le communiqué présidentiel. L'Assemblée nationale a rendu hommage aux militaires défunts mercredi après-midi en observant une minute de silence.

"L'insurrection est mobile, agressive, intelligente"

Cet attentat suicide survient au lendemain de l'annonce par Nicolas Sarkozy, lors d'une visite-surprise en Afghanistan, du retrait d'un quart des soldats français actuellement présents dans ce pays - soit un millier d'hommes - d'ici la fin 2012. Il avait indiqué que les effectifs restants seraient concentrés en Kapisa en attendant le départ de toutes les unités combattantes françaises d'Afghanistan d'ici fin 2014. Il avait cependant précisé que ce retrait progressif, calqué sur celui des forces américaines, était "lié à l'évolution de la situation sur le terrain" et ferait l'objet d'une concertation avec les autorités afghanes et les alliés de la France. "Il faut savoir finir une guerre", avait-il fait valoir.

Il s'était auparavant fait expliquer la situation par le général Emmanuel Maurin, commandant de la brigade La Fayette qui opère dans le district de Surobi et en Kapisa. Le général Maurin avait expliqué que la population locale, lassée de la guerre, n'avait pas basculé dans l'insurrection mais que celle-ci se radicalisait, signe selon lui de son usure. "L'insurrection est mobile, agressive, intelligente, elle recherche le coup d'opportunité contre les forces françaises", avait-il dit à Nicolas Sarkozy, selon le pool de journalistes qui accompagnait le président français. "Il y a un accroissement de la menace par IED (engins explosifs artisanaux), une radicalisation, comme le montre l'emploi de plus en plus fréquent de femmes et d'enfants", avait ajouté le général Maurin.

Signe, également, de l'instabilité persistante dans ce pays, le jour même de l'annonce faite sur le sol afghan par Nicolas Sarkozy, un demi-frère du président afghan Hamid Karzaï était assassiné - une action aussitôt revendiquée par les talibans. Le chef de l'Etat afghan a assisté à son enterrement dans la matinée de mercredi. Ahmad Wali Karzaï, personnalité très influente dans la province méridionale, a été inhumé à Karz, berceau de la famille Karzaï situé à 20 km de Kandahar. Des milliers de personnes ont assisté à la cérémonie. Quelques heures après l'inhumation du corps, le président a nommé un autre de ses frères, Shah Wali Karzaï, à la tête de la tribu Popalzaï à laquelle appartient la famille Karzaï. Mais, alors qu'il se rendait aux obsèques, un autre dignitaire afghan - le gouverneur de la province voisine du Helmand - a échappé à l'explosion d'une bombe au passage de son convoi.

le 13 juillet 2011 à 13:53
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73 Commentaires

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  • negadis, le 13/07/2011 à 23h35

    Tout simplement parce que ça fait des années que les armées présentes là bas forment des soldats Afghans de manière à ce qu'ils prennent à leur propre compte la lutte contre les talibans.

  • australien1, le 13/07/2011 à 22h30

    Jnpjean , je vous rappel qu etre soldat cela comporte certain risque dont celui d etre tue au combat .. ont choisit d etre soldat , mais il ne faut pas choisir que pour la securite de l emplois , la bonne paye .. et le jour ou il y a la guerre, ont ce plainds d y aller .. La France semble devenir un grand n importe quoi ... plus de valeur , plu de moral et surtout plu de fiertee...

  • australien1, le 13/07/2011 à 22h25

    Je ne comprends pas notre logique , visiblement ca va tres mal la bas et les talibans semble etre de plus en plus fort et nous voulons partir maintenant ?? je n ai pas fais BAC plus 10, donc quelqu un pourrais m expliquer car cela n a aucun sens a mes yeux..

  • jacquot2000, le 13/07/2011 à 22h07

    Lais bien sur. C'est vrais qu'on a vu beaucoup de champ de pétrole, gaz et autre mine ouverte depuis que l'OTAN est la bas. Et que les soldats protege ses exploitation au millieu de nul part ou on peux bien évidement voir qu'il n y a rien.

  • becaud, le 13/07/2011 à 21h53

    Absolument d'accord avec vous - Ce Kamikaze fanatique aurait pu différer son geste criminel la veille là ou était Sarkozy - Cela aurait changer surement la donne.

  • elixxir22, le 13/07/2011 à 21h49

    Vous pensez reellement que les bombardement sont délibérés ?? les soldats de l'Otan EUX sont tués délibéremment , nuance. quand l'ennemi est invisible , vous ne pouvez pas l'éliminer.

  • elixxir22, le 13/07/2011 à 21h47

    Nul doute que quand l'occident aura quitter l'Afghanistan , les Talibans reviendront au pouvoir. il faudra alors agir differemment et frapper leurs interets par les voies aeriennes . la population coopere avec les Talibans , on verra quand ils seront seuls avec eux au pouvoir.

  • cosmox, le 13/07/2011 à 21h47

    Si cette guerre ne doit jamais se terminer, autant qu'elle se passe là bas que bientôt chez nous !!

  • jacquot2000, le 13/07/2011 à 21h40

    Analyse totalement bidon. Les Russe ont voulu l'envahir, nous, non. Les Afghan ne veulent pas des Arabes ( Talibans) comme ils les appelent. C'est eux les envahisseurs. De plus, l' ANA est maintenant armée

  • vingue, le 13/07/2011 à 21h20

    Il faut différencier la participation de la France en 2001 après les attentats du 11 septembre, de la décision de Sarkozy de renforcer le contingent français en 2007! Entre temps, le but initial de la guerre, chasser Al Qaïda du pays, avait été réalisé (même s'il est vrai que Ben Laden a été tué bien longtemps après) et le conflit avait changé de nature: c'était devenu une guerre d'occupation, plus injustifiable encore dans la mesure où les hommes politiques afghans sur lesquels s'appuient les Occidentaux ne valent certainement pas mieux que les talibans. Donc il s'agissait bien d'un acte de suivisme servile de la part de Sarkozy, qui faisait entrer dans le même temps la France dans le dispositif militaire de l'OTAN, détruisant les derniers vestiges de la diplomatie gaullienne. Nous sommes revenus grâce à lui à la situation diplomatique qui était la nôtre durant la quatrième république: la soumission. Et cela rend d'autant plus pathétique la décision de retrait français, car il est bien évident que seuls les Américains décident en la matière, de ce qui est perçu comme un objectif atteint. En clair, ils décident ! Sarkozy leur offre des poitrines à trouer! Cela n'a rien à voir avec de la coordination. Sarkozy a décidé de faire de la France un supplétif. C'est en cela que ces pauvres gars sont morts inutilement. Sans la volonté puérile de plaire à Bush en 2007, certains de ces jeunes garçons seraient sans doute encore en vie aujourd'hui. Une alliance n'est pas un acte d'amour, mais une décision fondée sur l'intérêt. Intervenir en 2001 était justifié, renforcer le contingent en 2007 revenait à se payer avec la vie des autres.

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