Afghanistan : que va dire Sarkozy à Karzaï ?

Par , le 27 janvier 2012 à 05h45 , mis à jour le 26 janvier 2012 à 11h48

Dossier : Guerre en Afghanistan

Prévue avant la mort des quatre soldats français tués par un militaire afghan la semaine dernière, la visite du président afghan en France ce vendredi prend un autre relief. Même si un retrait immédiat est exclu, le chef de l'Etat devrait lui demander des gages, sous peine d'un départ avant 2014, la date pour l'instant prévue.

Dans le contexte actuel, la signature du traité d'amitié franco-afghan ce vendredi à l'Elysée entre Nicolas Sarkozy et son homologue afghan Hamid Karzaï prend d'autant plus de relief et d'importance. Depuis 2001 et le début de l'intervention internationale, 82 soldats français ont en effet perdu la vie en Afghanistan, l'année 2011 se révélant la plus meurtrière avec 26 pertes (voir notre infographie : "Afghanistan : quelles pertes pour la France et la coalition").

  • Corans brûlés : Paris retire ses agents des institutions afghanes

    Au lendemain du meurtre de deux Américains à Kaboul, Hillary Clinton a affirmé que les violences devaient "cesser". Alors que l'Otan et Londres ont décidé la veille de rappeler "tous leurs personnels" dans les ministères, Paris et Berlin ont annoncé le "retrait provisoire" de tous leurs agents.

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  • Afghanistan : 2 de ses membres abattus, l'Otan rappelle son personnel dans les ministères

    Pour la cinquième journée consécutive, des centaines d'Afghans sont descendus dans les rues, samedi, pour protester contre l'incinération de Corans. Au moins six manifestants sont morts. À Kaboul, deux membres de l'Isaf ont été tués au sein du ministère de l'Intérieur. L'Otan a décidé de rappeler "tous ses personnels" dans les ministères.

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  • Afghanistan : Obama s'excuse pour le scandale des Corans

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  • Afghanistan : les émeutes s'étendent et deviennent meurtrières

    Les violences qui ont débuté mardi se poursuivent dans de nombreuses villes afghanes, et ont déjà fait plusieurs morts. L'armée américaine, dont des soldats ont été accusés d'avoir brûlé des exemplaires du Coran, se confond en excuses, en vain.

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  • Afghanistan : des soldats américains accusés d'avoir brûlé le Coran

    Des milliers d'Afghans se sont rassemblés mardi devant la principale base américaine en Afghanistan, accusant des soldats de l'Isaf d'avoir brûlé des exemplaires du Coran. Le général Allen a dû présenter des excuses, sans pour autant confirmer les faits, et a promis une enquête.

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  • Afghanistan : l'assassin des soldats français a payé pour réintégrer l'armée afghane

    Le militaire afghan responsable de la mort de quatre instructeurs français fin janvier venait de réintégrer l'armée afghane, qu'il avait désertée, par le biais d'un pot-de-vin versé à un recruteur afghan. Il avait déjà payé ce dernier pour entrer dans les rangs de l'armée quelques mois plus tôt.

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  • Afghanistan : 400 à 500 soldats français sur place après 2014

    Lors de la réunion de Bruxelles où l'Otan a décidé, comme la France, de stopper ses opérations de combat en 2013 pour se consacrer alors à la formation de l'armée afghane, Gérard Longuet a précisé le dispositif français qui restera ensuite en Afghanistan à la fin de la mission proprement dite en 2014.

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  • Afghanistan : 2013 au lieu de 2014, le retrait français accéléré d'un an

    A l'issue de son entretien à l'Elysée avec Hamid Karzaï, son homologue afghan, Nicolas Sarkozy a annoncé vendredi que le rapatriement des troupes de combats françaises serait achevé dès la fin de 2013, soit presque un an avant le terme jusque-là retenu par l'Otan.

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    DECRYPTAGE - Le décès des quatre soldats français, tués vendredi par un homologue afghan, met en exergue l'infiltration des forces de sécurité par la rébellion. Si la France n'est victime de ce mode opératoire que pour la 2e fois, la coalition y fait face depuis plus de deux ans.

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  • Afghanistan : la France exclut un retrait militaire en 2012

    La France n'entend "pas céder à la panique" et retirer totalement en 2012 ses troupes d'Afghanistan, a déclaré mardi Alain Juppé, à l'opposition socialiste qui réclamait au contraire un rapatriement complet d'ici la fin de l'année.

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  • Hommage aux 4 soldats : "ne nous laissons pas aveugler par la douleur"

    Nicolas Sarkozy présidait mercredi une cérémonie d'hommage national aux quatre militaires français tués le 20 janvier dans une de leurs bases en Afghanistan. Il les a décorés de la légion d'honneur à titre posthume.

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  • Soldats tués en Afghanistan : l'"hommage citoyen"

    Un "hommage citoyen" a été rendu mardi sur le pont Alexandre III à Paris aux quatre soldats français tués vendredi en Afghanistan, lors du passage de leur convoi en direction des Invalides où devait se tenir une cérémonie privée.

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  • Sarkozy honore la mémoire des 4 soldats tombés en Afghanistan

    Le chef de l'Etat a honoré, mercredi sur la base militaire de Varces en Isère, la mémoire des quatre soldats français tués en Afghanistan.

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Plus d'infos

Surtout, les circonstances des six derniers décès -deux fin décembre et les quatre de la semaine dernière- font plus que débat et remettent en cause le bien-fondé de la présence même de l'armée française pour lutter contre les talibans. Ils ont en effet été tués par des soldats de l'armée afghane. Afin de préparer le retrait occidental, prévu fin 2014, les forces afghanes, qui devront alors assurer seules la sécurité du pays, ont en effet recruté massivement. Avec un laisser-aller sur le recrutement et la vérification du passé des nouveaux enrôlés.

L'armée afghane infiltrée par les talibans

Résultat : l'armée, et à un degré moindre la police, a été infiltrée par les talibans, ou du moins par des sympathisants de la milice islamiste. Depuis deux ans, les incidents entre ces nouvelles recrues infiltrées et la coalition -attaques directes, complicité- se sont multipliés, plusieurs soldats américains ou britanniques étant victimes de membres de l'armée régulière afghane. Jusqu'à fin décembre, la France avait été épargnée par ce type d'incidents. Avant donc d'être rattrapée à son tour.

Vendredi dernier, juste après l'annonce de la mort de quatre hommes sur la base de Gwam, Nicolas Sarkozy, suspendant immédiatement toutes les opérations de formation à l'armée afghane, s'était montré très ferme. Son discours se résumait alors à l'alternative suivante : soit le pouvoir afghan améliore rapidement le recrutement de ses militaires pour garantir à nouveau la sécurité des soldats français vis-à-vis de leurs homologues afghans, qu'ils sont censés former, soit la France partira avant 2014. Il avait notamment envoyé immédiatement sur place Gérard Longuet pour que celui-ci lui fournisse un rapport et des préconisations. Le ministre de la Défense devrait rendre son document dans les jours qui viennent.

Réécoutez ci-dessous le discours de Sarkozy


Sarkozy moins catégorique lors de l'hommage

Depuis,  Nicolas Sarkozy et Alain Juppé ont cependant été moins catégoriques que la semaine dernière. Mardi, répondant à la gauche qui exige un retrait immédiat avant la fin de l'année, le ministre des Affaires étrangères a souligné qu'il ne faut "pas céder à la panique et  confondre un retrait ordonné et une retraite précipitée".

La question

La France doit-elle quitter l'Afghanistan ?

Oui
Non

 
 

Et mercredi, lors de l'hommage national rendu aux quatre soldats à Varces, le président de la République, sans citer de date, a néanmoins donné des gages à ses alliés, notamment Barack Obama.  "Nous ne nous laisserons pas impressionner par cette barbarie et cet obscurantisme d'un autre âge qui doit renforcer encore notre détermination à oeuvrer pour la paix en Afghanistan", a-t-il lancé, sans aborder cette fois la question d'un retrait anticipé.

Par Fabrice Aubert le 27 janvier 2012 à 05:45
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1 Commentaires

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  • __camille__, le 27/01/2012 à 15h48

    Dans tous les cas, la France ne pourrait pas matériellement quitter l'Afghanistan avant 2014. La logistique a des contraintes auxquelles aucun dirigeant français ne peut se soustraire. Karzaï le sait fort bien et joue sur du velours.

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