Tibétaine regardant des soldats chinois à Chengdu, dans le Sichuan, province à majorité tibétaine, 27/1/12 © AFPContre quoi les Tibétains protestent-ils ? La Chine a accusé mercredi le "groupe du dalaï lama" de "terrorisme déguisé" pour avoir encouragé les récentes immolations ou tentatives d'immolations de neuf moines tibétains. Le Premier ministre du gouvernement tibétain en exil a pour sa part salué leur " courage". Après la querelle provoquée par la question tibétaine, le chef de l'Etat a rencontré son homologue chinois mercredi soir à Londres, en marge du sommet du G20.
Plus d'infosChine-Tibet : tensions croissantes après l'immolation de moines

Sarkozy et Hu Jintao enterrent la brouille sur le Tibet

Ils affirment que la répression menée par Pékin s'intensifie au fil des années, notamment contre la pratique de la religion et de la culture tibétaines. Ils protestent également contre la domination, qu'ils jugent grandissante, des Hans, l'ethnie majoritaire en Chine et dont de nombreux membres s'installent dans les régions autonomes tibétaines.
Quelles sont les régions concernées ?
Le Tibet bien sûr, mais aussi les secteurs à majorité tibétaine des régions autonomes adjacentes. C'est notamment le cas de la partie ouest du Sichuan, où vivent 1,5 million de Tibétains. La révolte y est particulièrement active à Aba, une ville de 70.000 habitants isolée sur le plateau tibétain.
Quand la protestation a-t-elle éclaté ?
Courant 2010, mais surtout depuis mars 2011, dans le sillage du "printemps arabe' qui a certainement influencé les Tibétains. Auparavant, la dernière révolte d'importance, lancée par les moines, remontait au printemps 2008, juste avant les JO de Pékin. La répression avait alors été violente, faisant une vingtaine de morts selon Pékin et plus de 200 morts selon les autorités tibétaines en exil. Elle avait notamment provoqué un clash diplomatique entre la Chine et la France après que le passage de la flamme olympique à Paris eut été perturbée par des manifestants pro-tibétains.
Quels sont les modes d'action utilisés par les Tibétains ?
La méthode est souvent radicale : il s'agit principalement d'une immolation par le feu, qui laisse très peu de chances de survie à celui qui la pratique. En un peu moins d'un an, une vingtaine de personnes, surtout des moines bouddhistes, ont agi de la sorte. Le dernier en date l'a fait mardi 14 février. Au moins treize sont morts. Les survivants ont quant à eux été arrêtés. Des manifestations ponctuelles ont également lieu ici ou là. La tendance actuelle est à une intensification de la protestation. Le nouvel an tibétain, le 22 février
Quelle est la réaction de la Chine ?
La fermeté. A chaque incident, Pékin accuse la "clique du dalaï lama" et prévient qu'il "réprimera résolument" toute tentative de propager des troubles comme en 2008. Les forces de sécurité n'hésitent d'ailleurs pas à utiliser la force pour disperser les rassemblements. Le 23 janvier, deux manifestants sont ainsi décédés à Luhuo, dans le Sichuan. Les moines subissent aussi des campagnes de "ré-éducation", où ils doivent publiquement renoncer au dalaï lama, le qualifier de traître et faire allégeance à la Chine.
Pour éviter que le problème se retrouve en "Une" de la presse internationale, Pékin interdit aux journalistes étrangers de se rendre sur place. Le téléphone et Internet étant bridés, les informations qui sortent du pays sont donc très limitées. Au début du mois, Jonathan Watts, un journaliste du Guardian, le quotidien britannique, a néanmoins réussi à se rendre clandestinement à Aba. Il témoigne, vidéo à l'appui, d'un déploiement policier et militaire considérable pour une ville de cette importance (cliquez ici pour lire son article).
Regardez les images de la vidéo de Jonathan Watts, commentées par LCI
Y a-t-il des pourparlers entre la Chine et les autorités tibétaines en exil ?
Non, les dernières discussions sur le sujet entre Pékin et des émissaires du dalaï lama remontent à 2010. Depuis, le dalaï lama a abandonné son rôle politique en passant le relais à Lobsang Sangay, désigné Premier ministre du gouvernement tibétain en exil installé à Dharamsala, en Inde.
Quelle est la réaction de la communauté internationale ?
Pour l'instant, contrairement à 2008, elle se limite à quelques timides communiqués de certains pays appelant la Chine à la retenue. Lundi, la police américaine a interpellé des militants pro-Tibet qui avaient accroché une banderole "Tibet will be free" sur un pont de Washington, juste avant l'arrivée de Xi Jinping, le futur président chinois. Mardi, lors sa rencontre avec XI Jinping, Barack Obama, sans citer le Tibet, a néanmoins affirmé que "sur des questions cruciales comme les droits de l'homme, nous continuerons à insister sur ce que nous pensons être important, la concrétisation des aspirations et des droits de tous".
Retour MYTF1
Chine-Tibet : tensions croissantes après l'immolation de moines
Chargement en cours...




