Kim Jong-un, photo datée du 4 novembre 2011 © AFP PHOTO / HO / KCNA via KNS Olivier Guillard est directeur de recherches Asie à l'Institut des relations internationales et stratégiques (Iris). Les nouveaux dirigeants ont prévenu le monde vendredi qu'ils ne changeront pas de politique internationale et qu'il n'y aurait pas de dialogue avec le gouvernement actuel en Corée du Sud. Le nouvel homme fort du pays succède à son père décédé, au dernier jour du deuil national de treize jours. Un défilé d'obsèques a été organisé mercredi à Pyongyang devant des centaines de milliers de personnes. Les funérailles de l'ancien président nord-coréen, décédé le 17 décembre, se sont tenues mercredi dans les rues enneigées de Pyongyang. Son corps a été placé dans un cercueil de verre, installé dans le mausolée Kumsusan, avant de faire le tour de la capitale dans un cercueil noir recouvert d'un drapeau rouge. Les funérailles de l'ancien président nord-coréen, décédé le 17 décembre, ont lieu mercredi à Pyongyang. Le régime, qui semble avoir adoubé Kim Jong-un, le fils de Kim Jong-il, veut les transformer en démonstration de sa puissance. La dépouille du dirigeant décédé sera probablement embaumée pour être exposée dans un mausolée, aux côtés de son père, Kim Il-sung. La télévision nord-coréenne a montré mardi pour la première fois le corps de l'ancien dirigeant Kim Jong-Il, entouré de plusieurs responsables du parti au pouvoir dont le fils cadet du chef décédé, Kim Jong-Un, nouvel homme fort du pays, venu se recueillir sur la dépouille de son père. Préféré à ses deux frères pour prendre la succession de Kim Jong-Il, Kim Jong-Un a vu son arrivée au pouvoir soigneusement préparée du vivant de son père. Mais sa personnalité, comme ses intentions, restent énigmatiques. La disparition du leader nord-coréen ouvre une phase d'incertitude dans la région. L'armée sud-coréenne a été placée en état d'alerte, le Japon a convoqué une réunion d'urgence de sécurité ; les Etats-Unis réagissent avec prudence. La télévision nord-coréenne a annoncé lundi la mort de Kim Jong-Il, victime samedi d'une crise cardiaque. Il lègue à son fils Kim Jung-Un, désigné pour sa succession, un pays parmi les plus fermés au monde, doté de l'arme nucléaire mais isolé au plan diplomatique, ainsi qu'une économie moribonde. En Corée du Sud, l'annonce de la disparition a été accueillie avec une certaine appréhension et l' armée a été placée en alerte. Ailleurs seules la Chine et la Russie ont transmis leurs condoléances. Dans les chancelleries occidentales, on espère une nouvelle phase dans ce pays qui vit reclus sur lui-même. A Pyongyang, les habitants sont en pleurs à l'annonce de la mort de celui qui se faisait appeler "cher leader" et qui était considéré comme un Dieu. Faut-il s'attendre à un coup d'Etat, à un effondrement du régime ? Notre correspondant en Corée du Sud évoque l'après Kim Jong Il alors que le dirigeant est mort samedi et que son fils de 28 ans doit lui succéder. La Corée du Nord de Kim Jong-Il pouvait se prévaloir sur le plan international de son programme nucléaire et de son armée forte d'un million d'hommes. Autant d'éléments dont on ne sait comment son successeur usera, alors que le pays est par ailleurs misérable et soumis à des famines meurtrières. Jeune et inexpérimenté, Kim Jong-un, le fils de Kim Jong-il, est désormais à la tête de la Corée du Nord. En raison du culte du secret existant dans le pays, quasiment aucune information n'est disponible sur lui.
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TF1 News : Que signifie la mort de Kim Jong-il pour la Corée du Nord, sur le plan interne ?
Olivier Guillard : Pendant la période de deuil, jusqu'au 29 décembre, il ne devrait pas se passer grand-chose. Ensuite, comme toujours avec la Corée du Nord, il est très difficile de prévoir comment va évoluer la situation et comment va réagir l'architecture du pouvoir dans le pays. Celui-ci est organisé autour de quatre branches : la famille Kim et son entourage immédiat, l'appareil d'Etat, l'armée et le parti des travailleurs nord-coréens. Depuis la mort de Kim Jong-il, il se passe forcément des choses dans les coulisses : tout le monde se jauge et se teste. Il y aura donc un remodelage de l'équilibre des forces. Reste à savoir si cette période de transition brutale peut amener une ouverture progressive du pays ou une fermeture.
TF1 News : Sur le plan diplomatique, peut-on craindre une déstabilisation de la région ?
O.G. : On savait depuis 2007 que Kim Jong-il était malade et que sa santé n'était pas bonne. En revanche, on ne savait pas qu'elle était si mauvaise. Tout le monde est donc très surpris, même pour les meilleurs observateurs de la situation comme les services secrets sud-coréens. Et c'est une mauvaise surprise, car, malgré tout, Kim Jong-il assurait la stabilité. Beaucoup espérait que la transition entre la 2e et la 3e génération de la dynastie Kim serait plus longue.
Tout comme sur le plan intérieur, il est impossible de dire pour l'instant si c'est une bonne ou une mauvaise chose tant la Corée du Nord est le régime le plus imprévisible qui soit. Elle peut très bien défier le monde, en procédant par exemple à un nouvel essai nucléaire ou en bombardant des îles sud-coréennes contestées. Ou, au contraire, opter pour une politique d'ouverture et de la main tendue à Séoul et à Washington en reprenant le dialogue. En attendant d'en savoir plus, la Corée du Sud et le Japon, et même la Chine, l'alliée du régime, ont tout intérêt à se préparer au pire.
TF1 News : Kim Jong-un, âgé de moins 30 ans, est-il prêt à gouverner ?
O.G. : Ce qui est clair, c'est qu'il prend en main, sans aucune expérience, le pays qui est probablement le plus dur à diriger pour un chef d'Etat. Troisième fils de Kim Jong-il, il n'était pas prédestiné à devenir son héritier. Il a été nommé pour lui succéder par défaut car il n'avait, entre autres, pas de "casseroles" et qu'il ressemble physiquement à son grand-père Kim Il-sung. Depuis deux ans, il est entouré de personnages haut placés, comme sa tante et le mari de celle-ci, qui fait office de Premier ministre. Mais personne ne sait ce qu'il pense, s'il est compétent ni même s'il tient les rênes ou s'il est manipulé.
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