En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies à des fins statistiques et de personnalisation. En savoir plus
×
ARCHIVES

Discrètes négociations entre Washington et les talibans

Edité par
le 19 février 2011 à 10h35 , mis à jour le 19 février 2011 à 10h39.
Temps de lecture
4min
A lire aussi
AsieFini le temps où Georges W. Bush assimilait les talibans à Al-Qaïda. Aujourd'hui, l'administration Obama, qui cherche à faire revenir les "boys" d'Afghanistan, a entamé des discussions directes, selon le New Yorker.

Mois après mois, la rhétorique américaine à propos des talibans a subtilement évolué. Ils ne sont pas vraiment redevenus fréquentables ; mais divers responsables à Washington ont déjà évoqué une fraction "modérée" des talibans avec laquelle tout dialogue ne serait pas impossible. Désormais, ce dialogue semble bel et bien entamé : s'il faut en croire l'hebdomadaire The New Yorker, l'administration du Obama a entamé des discussions directes et secrètes avec de hauts responsables talibans. Citant des sources ayant requis l'anonymat, le magazine affirme que l'administration américaine cherche "à évaluer quels membres de la direction talibane pourraient être prêts à participer à des négociations de paix en Afghanistan et à quelles conditions".

La révélation de ces contacts survient alors que, vendredi à New York, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a sommé les talibans de "couper les liens" avec Al-Qaïda, geste qui leur permettrait, selon elle, de "rejoindre les rangs de la société afghane". Selon la chef de la diplomatie américaine, les talibans sont aujourd'hui confrontés aux mêmes choix qu'en 2001, au moment de la chute du régime islamiste, accusé d'héberger certains des dirigeants d'Al-Qaïda, responsables des attentats du 11-Septembre. "Aujourd'hui, la pression croissante qu'exercent nos troupes place les talibans devant une décision semblable : coupez les liens avec Al-Qaïda, rendez les armes, respectez la constitution afghane et vous pourrez rejoindre les rangs de la société afghane", a lancé Hillary Clinton. "Si vous refusez, vous continuerez de subir les conséquences de vos liens avec Al-Qaïda qui font de vous des ennemis de la communauté internationale".

Quels liens entre Al-Qaïda et les talibans ?

Hillary Clinton avait pris la parole à l'occasion d'un hommage rendu à Richard Holbrooke. Grande figure de la diplomatie américaine, ce dernier est mort en décembre alors qu'il était émissaire américain pour l'Afghanistan et le Pakistan. Et lui-même était, précisément, favorable à une résolution politique du conflit en Afghanistan.

Aujourd'hui, la nature des liens entre Al-Qaïda et les talibans ne fait pas l'unanimité à Washington. Après le 11-Septembre, l'ancien président George W. Bush estimait que les deux groupes ne faisaient qu'un. Au plan militaire, les troupes américaines, dirigées par le général David Petraeus, ciblent les insurgés talibans. Mais, au plan civil, l'administration Obama met désormais l'accent sur la réconciliation politique, avançant que les combattants talibans les moins haut placés dans la hiérarchie ne cherchent finalement qu'un moyen de subsistance et peuvent être réintégrés à la société civile.

Cette main tendue de Washington est aussi une reconnaissance implicite des difficultés à gagner sur le terrain une guerre qui s'assimile de plus en plus à un bourbier. Chassés du pouvoir à la fin 2001 par une coalition internationale emmenée par les Etats-Unis, les talibans mènent depuis une sanglante rébellion contre le gouvernement de Kaboul et les soldats étrangers qui le soutiennent, avec les attentats suicide et bombes artisanales pour armes de prédilection. Les 140.000 militaires, aux deux tiers américains, actuellement déployés en Afghanistan subissent des pertes de plus en plus lourdes face à une rébellion qui a gagné du terrain ces dernières années. Face à des annonces de morts américains de plus en plus impopulaires aux Etats-Unis, Barack Obama s'est engagé à entamer cette année le retrait des forces américaines d'Afghanistan, avec pour objectif de transférer la responsabilité de la sécurité aux Afghans d'ici fin 2014. Mais Washington a assuré que le rôle des Etats-Unis en Afghanistan se poursuivrait au-delà de cette date. Malgré cela, le transfert du contrôle de la sécurité du pays aux forces afghanes est un pari risqué, selon de nombreux experts, qui s'inquiètent du manque de motivation et de la corruption au sein des forces locales, ainsi que de leur perméabilité à la rébellion.

Commenter cet article

  • soldatdelapaix : Y a la déclaration du porte parole des talibans, qui ont démenti cette rumeur. Il n y aura jamais une négociation avec les troupes étrangères tant qu'ils seront sur le sol afghan. Les américains et les britaniques ont proposés une grande somme d'argent et le partage du pouvoir si les talibans rennonce à la résistance, mais c'était le refus total. Ils veulent vivre à leur manière, même les afghans et les afghanes demandent le départ des occidentaux.

    Le 29/05/2011 à 19h44
  • soldatdelapaix : Bcp se trompent sur un sujet que les américains ont aidés les afghans contre les russes, c'est faux, y a des témoignanges et des documents très intéressants pour comprendre la politique américaine.

    Le 29/05/2011 à 19h39
  • soldatdelapaix : Bonne réflexion bravo

    Le 29/05/2011 à 19h37
  • 421123 : Depuis la colonisation anglaise, personne n'a réussi à "mater" les Afghans.

    Le 21/02/2011 à 21h04
  • erleg71 : C'était bien la peine de s'accrocher aux basques des américains, et d'envoyer nous aussi des troupes dans ce foutoir ! La vérité, c'est que cette guerre est "ingagnable", tout comme l'étaient celles du Vietnam, ou d'Algérie... Et pour les mêmes raisons : un appui important et une base arrière à l'étranger pour la guérilla ; au Vietnam, c'était la Chine, ici c'est le Pakistan. On ne fait que perdre notre temps, et gaspiller nos ressources là-bas.

    Le 20/02/2011 à 13h08
      Nous suivre :
      Ces pandas ne veulent vraiment pas prendre leurs médicaments

      Ces pandas ne veulent vraiment pas prendre leurs médicaments

      logAudience