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Fukushima : quand le Japon prévoyait la fin de Tokyo


le 28 février 2012 à 11h10 , mis à jour le 29 février 2012 à 06h07.
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3min
La centrale nucléaire endommagée de Fukushima, en novembre 2011

La centrale nucléaire endommagée de Fukushima, en novembre 2011 / Crédits : www.abacapress.com

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AsieAu plus fort de la crise ouverte par l'accident nucléaire de la centrale de Fukushima, le gouvernement japonais a dû établir un scénario prévoyant la fin de la capitale du Japon. Pour éviter un emballement, le Premier ministre a dû ordonner à Tepco de ne pas évacuer ses employés présents dans la centrale.

Rétrospectivement, le porte-parole du gouvernement japonais au moment de la catastrophe de Fukushima, Yukio Edano, reconnaît avoir eu des sueurs froides. Devant une commission indépendante enquêtant sur la réaction des autorités, il a dévoilé le scénario-catastrophe sur lequel avait planché le gouvernement japonais au pire de la crise. On savait déjà que des plans avaient été dressés au cas où une immense évacuation de la capitale aurait été nécessaire, à la mi-mars, au moment où la maîtrise de la crise nucléaire en cours était encore très incertaine. Or la préfecture de Tokyo compte 13 millions d'habitants. En y ajoutant la population des trois préfectures voisines constitutives du "grand Tokyo", la mégapole compte 35 millions d'habitants, formant la plus importante agglomération urbaine du monde. Mais les précisions apportées devant les enquêteurs par Yukio Edano montrent un peu plus le désarroi des autorités japonaises à l'époque, qui envisageaient sérieusement que la capitale aurait pu devenir durablement inhabitable. "J'ai pensé à un scénario diabolique" où les réacteurs nucléaires auraient explosé les uns après les autres, a-t-il admis. Et à l'époque, il se souvient d'avoir pensé : "Si ça arrive, Tokyo est fini".

Ce témoignage, ainsi que des données plus précises sur les plans du gouvernement durant cette période de crise, ont été publiés dans un rapport d'une commission d'experts chargée d'enquêter sur les événements entourant la pire crise nucléaire planétaire depuis l'accident de Tchernobyl en 1986. Cette même étude révèle que Tepco, le gérant de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima Daiichi (située à 220 km au nord-est du centre de Tokyo), a voulu au pire de la crise évacuer le site atomique où ses employés tentaient de maîtriser le désastre. Mais Tepco, qui a refusé de répondre aux questions de la commission, s'est vu ordonner à l'époque par le Premier ministre, Naoto Kan, démissionnaire depuis, de continuer le travail en maintenant ses travailleurs sur place. D'après les experts, si le Premier ministre n'avait pas insisté et obtenu gain de cause, l'accident de Fukushima aurait davantage dégénéré, entraînant des conséquences catastrophiques.

Près d'un an après le début de la crise, l'accident est aujourd'hui en cours de contrôle et les réacteurs sont en état "d'arrêt à froid", c'est à dire que leur température interne est descendue sous les 100°C. Une centaine de milliers de personnes, habitant les environs de la centrale dans la préfecture de Fukushima, ont été évacuées dans les premières semaines de l'accident. Et la radioactivité continuera durablement à rendre inhabitables certaines des zones vidées de leur population.

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  • posseidon71 : Les solutions existent ! Mais ces solutions ne sont pas économiquement intéressantes pour nos gouvernements et nos industriels de l'énergie ! Imaginez que chaque habitation dispose de l'énergie solaire et éolienne avec des accus. On nous dit que l'électricité n'est pas stockable. Bah alors les piles c'est quoi ?. Ajoutez à celà un chauffage par géothermie et un récupérateur d'eau de pluie pour alimenter wc, lave vaisselle et arrosage. Mais le gouvernement n'a rien à y gagner ! Voilà le problème exacte !!!

    Le 05/09/2013 à 14h29
  • elimen : Les alternative aux nucléaire exitent si le japon pays composé d'iles avait contruit des usines marée motrice il n'aurait pas besoin du nucléaire ni de centralle a fuel ou à charbon .

    Le 28/02/2012 à 16h07
  • gruikui : Le jour où nous trouverons une énergie qui pourra nous faire oublier le nucléaire là nous pourrons enfin changer notre système mais pour l'heure la seule énergie qui serait meilleurs que le nucléaire serait le fusion nucléaire entre un atome d'hydrogène et de l'oxygène permettant ainsi de créer de l'eau. Mais ceci reste encore risqué et très loin d'être exploitable.

    Le 28/02/2012 à 15h07
  • bm06 : Cet accident confirme qu'on joue aux apprentis sorciers avec le nucléaire: quand ca marche c'est bien mais quand ca part en vrille on ne maitrise plus. Malgré ca on continu à fond dans le nucléaire!

    Le 28/02/2012 à 14h11
  • d.bar : Ca fait froid dans le dos quand même et ça renforce ma conviction qu'il nous faut trouver une alternative au nucléaire.

    Le 28/02/2012 à 13h38
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