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Japon : relents nationalistes autour de la visite de deux ministres


le 15 août 2012 à 15h47 , mis à jour le 15 août 2012 à 15h50.
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Japon : Jin Matsubara, chargé notamment de la sécurité publique, et Yuichiro Hata, ministre des Transports, visitant le sanctuaire controversé de Yasukuni (15 août 2012)

Japon : Jin Matsubara, chargé notamment de la sécurité publique, et Yuichiro Hata, ministre des Transports, visitant le sanctuaire controversé de Yasukuni (15 août 2012) / Crédits : AFP / Y. Tsuno

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AsieLa visite de deux membres du gouvernement au sanctuaire de Yasukuni, pour le 67e anniversaire de la capitulation du Japon, irrite à la fois la Chine et la Corée du Sud. Ce lieu est, pour les pays voisins du Japon, le symbole d'une nostalgie malvenue envers le passé militariste de Tokyo.

Au Japon, le 15 août est synonyme de défaite : il marque la date de la capitulation face aux Etats-Unis en 1945. En Corée du Sud au contraire, il est célébré comme le jour de la Libération après 35 ans d'occupation japonaise. Et entre les deux pays, ce souvenir de la guerre ne s'est jamais effacé. Il ressurgit régulièrement à l'occasion de tensions comme celle, jamais apaisée, qui entoure le sort des "femmes de réconfort", ces Coréennes forcées de se prostituer durant l'occupation japonaise dans des maisons closes destinées aux soldats. Ce mercredi, le président sud-coréen Lee Myung-bak est d'ailleurs revenu sur ce thème, particulièrement douloureux dans le pays. Mais pour Tokyo, le contentieux a été réglé par le traité nippo-coréen de 1965, par lequel il a octroyé une aide économique massive à la Corée du Sud en échange du renoncement à toute demande de réparation liée à la colonisation.
 
Rien d'étonnant donc si, en cette date hautement symbolique du 15 août, la visite de deux ministres japonais au sanctuaire de Yasukuni, à Tokyo, a ravivé les tensions. Jin Matsubara, chargé notamment de la sécurité publique, et Yuichiro Hata, ministre des Transports, ont visité ce sanctuaire shintoïste honorant les soldats morts pour la patrie. Vénéré dans les milieux nationalistes japonais, il est considéré en Asie comme le symbole du passé militariste nippon. La réputation sulfureuse de Yasukuni tient au fait que les noms de 14 criminels de guerre, condamnés par les Alliés après la Seconde guerre mondiale, y ont été secrètement ajoutés en 1978 à ceux des 2,5 millions de soldats tombés pour le Japon.
 
Tensions territoriales
 
C'est la première visite de membres du gouvernement à Yasukuni depuis l'arrivée au pouvoir en 2009 du Parti Démocrate du Japon, alors qu'il s'agissait d'une tradition bien ancrée sous la droite, notamment sous le Premier ministre Junichiro Koizumi. A la veille de cette visite, Séoul avait pourtant fermement appelé les deux ministres à renoncer à leur projet. La Chine a pour sa part immédiatement appelé le Japon à "respecter les victimes" dans les pays qui ont subi "l'agression impériale" japonaise, par la voix de son ministère des Affaires étrangères. L'impact de cette visite dans les pays du Sud-Est asiatique a largement effacé le mea culpa prononcé le même jour par le Premier ministre Yoshihiko Noda, qui, au cours d'une prière prononcé dans un autre mémorial de Tokyo, a dit "regretter profondément" les "dommages et les souffrances" infligés par le Japon à ses voisins durant la guerre.
 
Les réactions à cette double visite ont été d'autant plus vives que l'épisode de Yasukuni intervient dans une période où les tensions entre le Japon et ses voisins chinois et sud-coréen sont montées en raison de différends territoriaux, à quelques mois d'élections ou de changements d'équipes dirigeantes dans les trois pays. Des militants pro-chinois ont ainsi débarqué mercredi sur un des îlots d'une chaîne insulaire administrée par le Japon, mais revendiquée par la Chine et par Taïwan, appelée Senkaku à Tokyo et Diaoyu à Pékin, et dont les fonds marins environnants pourraient receler des hydrocarbures. Cinq nationalistes, venus sur un bateau de pêche de Hong Kong, ont été arrêtés par la police japonaise après avoir, selon l'agence Jiji, hissé un drapeau chinois. Le Premier ministre japonais Yoshihiko Noda a prévenu qu'il gérerait "cet incident dans le respect strict de la loi". Avec la Corée du Sud, le Japon est également en contentieux : les deux pays se disputent la possession d'îles de la mer du Japon, appelées Dokdo à Séoul et Takeshima à Tokyo, et sur lesquelles le président Lee Myung-bak s'est rendu la semaine dernière, provoquant une protestation nippone.

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