Kirghizistan : "rien de tel depuis Srebrenica"

Par , le 25 juin 2010 à 05h45 , mis à jour le 24 juin 2010 à 17h14

Témoignage - Alors que la population est appelée à se prononcer ce dimanche sur la nouvelle Constitution, une ONG affirme sur TF1 News que les violences commises mi-juin par les Kirghiz sur les Ouzbeks étaient planifiées.

[Expiré] [Expiré] kirghizistan dégâts © AFP/V. Drachev

 
  • Kirghizistan: la nouvelle Constitution adoptée à une écrasante majorité

    Selon des résultats quasi-définitifs, les Kirghizes se sont prononcés massivement pour la nouvelle Constitution, censé mettre un terme à l'instabilité politique. Medvedev redoute néanmoins une "division" du pays.

    Publié le 28/06/2010 Kirghizistan: la nouvelle Constitution adoptée à une écrasante majorité
  • Afflux massifs de réfugiés kirghizes : l'Ouzbekistan appelle à l'aide

    80.000 Kirghiz ont fui vers l'Ouzbékistan les violences interethniques qui ensanglantent le Kirghizstan, tandis que 15.000 autres étaient encore bloqués à la frontière, a indiqué lundi le Comité international de la Croix-rouge (CICR).

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  • Que se passe-t-il au juste au Kirghizistan ?

    Des violences interethniques ensanglantent le sud kirghiz depuis jeudi, faisant des dizaines de morts et des milliers de réfugiés. Au point que cette ex république soviétique a mobilisé l'armée et en a appelé -sans succès- à l'aide militaire de la Russie.

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  • Kirghizistan : les combats ethniques continuent entre Kirghizes et Ouzbeks

    De nouveaux affrontements armés ont éclaté ce lundi dans le Sud du pays, où les violences entre communautés ont déjà fait plus de 100 morts depuis jeudi.

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  • Kirghizistan : après les combats, la crise humanitaire

    Si la situation s'est calmée dans le Sud du pays entre Kirghizes et Ouzbeks, ces derniers, qui ont fui à la frontière avec l'Ouzbékistan, font désormais face à une situation humanitaire déplorable.

    Publié le 16/06/2010 Kirghizistan : après les combats, la crise humanitaire
  • Kirghizistan : la position ambiguë de Moscou

    Alors que les violences ont fait 178 morts selon un bilan officiel, le Kremlin hésite entre aide humanitaire et intervention militaire. Mais la Russie entend surtout ne pas perdre la main sur un conflit qui conforte ses intérêts dans la région.

    Publié le 15/06/2010 Kirghizistan : la position ambiguë de Moscou
Plus d'infos

Deux semaines après les affrontements ethniques entre Kirghiz et Ouzbeks, le Kirghizistan se prononce ce dimanche par référendum sur le projet de nouvelle Constitution proposée par le gouvernement issu de la révolution d'avril dernier qui a chassé Kourmanbek Bakiev du pouvoir. La validité du vote est d'ores et déjà remise en question par les Ouzbeks, victimes des violences. Que s'est-il passé exactement dans cette petite république d'Asie centrale ? Officiellement, il y a eu 198 morts. La présidente par intérim, Roza Otounbaeva, parle quant à elle de 2.000 victimes.
 
Exagération ? Non, répond Frédéric Roussel, directeur du développement d'ACTED.  Il estime même qu'il s'agit d'un massacre de masse. Son organisation humanitaire travaille notamment à Och, théâtre des tueries,  depuis des années. Aujourd'hui, une vingtaine d'expatriés et une centaine d'employés locaux sont sur place.  

TF1 News : Vous rentrez du Kirghizistan et y retournez rapidement. Que s'est-il passé ?
Frédéric Roussel : Il s'agit d'un pogrom d'une ampleur sans précédent dans cette région. Entre le 10 et le 15 juin, les quartiers ouzbeks de Och ont été mis à feu et à sang.  2.000 personnes ont été massacrées et 300.000 autres ont fui. Une partie -75.000 environ- a réussi à franchir la frontière vers l'Ouzbékistan. Nous n'avions pas connu cela depuis Srebrenica, en Bosnie.

TF1 News : Vous parlez de pogrom ?
F.R. : Oui, il n'y a pas d'autres mots. Les gens sont traumatisés. Les hommes qui ont survécu restent barricadés chez eux. Les femmes et les enfants ont fui. Cette tuerie s'est produite avec la complicité, ou du moins la complaisance, des autorités locales. Aujourd'hui, on ne peut toujours pas aller dans les quartiers ouzbeks. La nuit, on entend tirer.

TF1 News : Qui sont les tueurs ?
F.R. : La majorité d'entre eux sont kirghiz. Les témoignages recueillis font état de groupes de jeunes arrivés par bus depuis des campagnes reculées. Les attaques se sont produites simultanément dans plusieurs quartiers. C'était planifié et organisé.

TF1 News : Par qui ?
F.R. : Les réseaux mafieux ? L'ancien président déchu ? Il est trop tôt pour le dire.

TF1 News : Certains affirment que tout a commencé à la suite d'un viol de femmes kirghiz commis par des Ouzbeks.
F.R. : C'est une blague. La vérité, c'est qu'il s'agit d'une Saint-Barthélemy, dont l'ampleur du massacre n'était sûrement pas prévue par les organisateurs. Il y a eu dérapage.

exergue "La communauté internationale n'a pas mesuré l'ampleur de la crise"



TF1 News : Comment cela a-t-il été possible ?
F.R. : Des différends existent depuis longtemps entre les différentes communautés. Les Ouzbeks sont des commerçants et sont plus riches que les habitants des villages kirghiz. Dans cette partie du pays, les Ouzbeks représentent 40% de la population, beaucoup plus que la moyenne nationale (14%). Le départ de Kourmanbek Bakiev (ndlr : un Kirghiz), chassé du pouvoir après la révolution d'avril, va entraîner une redistribution des cartes au sein des réseaux d'influence économiques ou mafieux. Cela ne plaît pas à tout le monde.
 
TF1 News : Que demandez-vous ?
F.R. : Des moyens, pour venir en aide à la population. Nous avons commencé à distribuer des vivres et mis en place des équipes pour nettoyer le centre-ville de Och, détruit à 70%.  Les réfugiés et les déplacés vont  rentrer. Les coupables vont vivre avec les victimes. Dans cette région d'Asie, on n'oublie pas facilement. La communauté internationale doit sortir de son silence. Elle n'a pas mesuré l'ampleur de la crise. Il s'agit d'un crime de masse. Des poursuites doivent être engagées contre les responsables. Ce serait criminel et dangereux de donner l'impression que les meurtriers bénéficient de l'impunité. Sans aide et sans justice, la région restera instable.

Par Patricia Allémonière le 25 juin 2010 à 05:45
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3 Commentaires

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  • jples03, le 25/06/2010 à 10h44

    Vous voulez faire le bonheur des gens malgré eux ?????pfff ! foutaises !

  • jerodoalle, le 25/06/2010 à 09h14

    Voila et en afrique y a des milliers de mort et ca interesse personne ,la des milliers et ca interresse persone non plus et quand a gaza un gazaoui pete de travers ca occupe le monde pendant un mois bizarre

  • tipoussy01, le 25/06/2010 à 08h10

    C'est marrant de voir que pour justifier un massacre d'une ethnie on l'accuse d'avoir versé le 1er sang, là un viol, ailleurs autre chose, et ce depuis des décennies. C'est comme celà qu'Hitler a justifié le début de la shoa, que les Soviétiques ont envahis les pays de l'Est comme la Tchekoslovaqui, l'Afghanistan, etc... Il y a un dicton qui dit : "Quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage". Quant aux autorités internationales si promptes à intervenir là où il y a des richesses pétrolifère, elles ferment les yeux quand il n'y a pas de profits à intervenir. L'Humanitaire? Connait pas!

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