Soldats tués en Afghanistan : Longuet confirme la piste du "taliban infiltré"

le 21 janvier 2012 à 08h53 , mis à jour le 21 janvier 2012 à 21h10

Dossier : Guerre en Afghanistan

Depuis Kaboul, où il doit notamment rencontrer le président afghan Hamid Karzaï pour évaluer la dangerosité de la mission française dans le pays, le ministre de la Défense a indiqué, samedi, que les soldats français avaient été tués par un "taliban infiltré". Dans la matinée, les talibans ont revendiqué l'attaque.

Gérard Longuet face aux cercueils de quatre soldats français tués en Afghanistan, lors d'une cérémonie à l'aéroport de Kaboul (21/01/2012) Gérard Longuet face aux cercueils de quatre soldats français tués en Afghanistan, lors d'une cérémonie à l'aéroport de Kaboul (21/01/2012) © A.F.P. / J. Saget

 
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Plus d'infos

Gérard Longuet, le ministre de la Défense, est depuis samedi matin en Afghanistan, au lendemain de l'attaque contre des soldats français en Kapisa, qui a fait 4 morts et 15 blessés, dont 8 graves. L'avion du ministre s'est posé à 9h30 à l'aéroport militaire de Kaboul. Il a pu alors monter à bord d'un appareil muni d'un équipement sanitaire, stationné sur le même tarmac, et chargé du rapatriement de 12 des blessés, dont 5 graves, vers la France. "Le pronostic vital est engagé pour un certain nombre d'entre eux. Un soldat est très gravement blessé. Son pronostic vital est engagé à court terme", a observé un médecin militaire français. Le dispositif Morphée, qui vise à transporter un grand nombre de blessés dans un état grave, a été enclenché. Le ministre de la Défense a également assisté, à l'aéroport, à une cérémonie en hommage aux quatre militaires tués.

Au même moment, un porte-parole des talibans revendiquait l'attaque, tout en promettant de nouvelles actions, et en assurant que les images de militaires américains urinant sur les corps d'insurgés afghans avaient conforté leur popularité. Une information confirmé par le ministre de la Défense dans l'après-midi. "Le général Nazar nous a expliqué" qui était l'homme qui avait tiré sur les militaires français. Il s'agit "manifestement [d'un] taliban infiltré depuis longtemps". 

Gérard Longuet doit voir au cours de ce week-end le président afghan Hamid Karzaï ainsi que ses ministres de la Défense et de l'Intérieur, le général John Allen, commandant de l'Isaf, le bras armé de l'Otan en Afghanistan, et le général Olivier de Bavinchove, chef d'état-major de l'Isaf. En compagnie du chef d'état-major des armées françaises, l'amiral Edouard Guillaud, il a été chargé par Nicolas Sarkozy évaluer la dangerosité de la mission des soldats français en Afghanistan. A son retour, il lui fera un rapport, sur la base duquel le chef de l'Etat pourrait décider d'un retour prématuré des troupes en France, initialement prévu "au plus tard en 2014".

"Il ne fallait pas y aller"

Une hypothèse que les Etats-Unis, également engagés en Afghanistan, se refusent à envisager. La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a déclaré vendredi n'avoir "aucune raison de penser" que la France allait accélérer le retrait de ses soldats d'Afghanistan, après la mort de quatre de ses militaires. Même si ce drame (une attaque menée par un soldat afghan, dont les soldats français sont chargés d'assurer la formation) est le deuxième incident du genre frappant la France en trois semaines. Six hommes ont perdu la vie dans ces circonstances, sur un total de 82 soldats morts au front, depuis le déploiement de la force internationale, fin 2001. Et ce bilan alourdi a relancé en France, à trois mois de la présidentielle, les critiques de l'opposition. Certaines voix ont demandé le désengagement immédiat de l'armée française.

"L'armée française est au côté de ses alliés, mais nous ne pouvons pas accepter qu'un seul de nos soldats soit tué ou blessé par nos alliés. C'est inacceptable, je ne l'accepterai pas", a prévenu vendredi Nicolas Sarkozy, lors d'une intervention télévisée. "Il y a la guerre, les objectifs que nous nous sommes fixés et il y a les conditions de sécurité qui, si elles ne sont pas établies clairement, nous empêchent de faire le travail", a aussi dit le chef de l'Etat. Pendant que dans l'opposition, le candidat socialiste à l'Elysée François Hollande a réaffirmé sa volonté d'un retrait "le plus rapidement possible, au plus tard à la fin de l'année 2012, en concertation avec nos alliés". "Il ne fallait pas y aller et il faut maintenant en partir le plus rapidement possible pour arrêter de multiplier les morts", a estimé Marine Le Pen, candidate du FN à l'Elysée.

La France compte actuellement 3600 soldats en Afghanistan (sur un total de quelque 130.000 hommes dans la coalition dont 90.000 Américains), et ses pertes n'ont cessé de croître ces dernières années. Avec 26 soldats tués en opération, 2011 a même été l'année la plus meurtrière pour les Français depuis le début du conflit. Mais les autres contingents de la force de l'Otan en Afghanistan (Isaf) essuient également de lourdes pertes, notamment les Américains qui ont encore perdu six soldats jeudi quand leur hélicoptère s'est écrasé dans un bastion taliban du sud afghan. Le retrait français a débuté en octobre 2011, avec le retour en France de 400 militaires, et devait se poursuivre avec le départ de 600 soldats supplémentaires en 2012, proportionnellement au retrait des troupes américaines annoncé en 2011. Nicolas Sarkozy évoquera la question avec Hamid Karzai, lors d'une visite que le président afghan doit effectuer le 27 janvier à Paris.

La mort des quatre soldats français, "un assassinat" 

Les quatre Français tués sont le sergent-chef Svilen Simeonov, 34 ans, du 2e régiment étranger de Saint-Christol (Vaucluse), ainsi que trois militaires du 93e régiment d'artillerie de montagne de Varces (Isère), les adjudants-chefs Fabrice Willm, 43 ans, Denis Estin, 45 ans et le caporal-chef Geoffrey Baumela, 27 ans. Ils ont été été abattus en plein footing par un homme portant un uniforme de l'armée afghane dans la province de Kapisa, où sont déployées les forces françaises. Une tragédie qui s'apparente "à un assassinat", a dit Gérard Longuet, faisant remarquer que les soldats pris pour cibles n'étaient "pas armés". Le Premier ministre François Fillon a dénoncé lui aussi "un assassinat dans des conditions particulièrement odieuses dans le camp d'une armée amie".

le 21 janvier 2012 à 08:53
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13 Commentaires

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  • mberle, le 22/01/2012 à 02h15

    Le grand probleme de beaucoup.. est de voir ce qui n'est pas .. et de ne pas voir ce qui est ... la question majeur de cette region est que les Tabilans.. sont un risque permanent de destabilisation du Pakistan.. qui si il venait a basculer dans le fondamentalisme .. ouvrirait alors un risque extreme de conflit nucleaire avec L'inde..et que l'engagement de la cohalition n'est pas pour gagner une guerre.. mais precisement pour contenir et reduire le phenomeme talibant.. jusqua ce que les deux Pays avec leur force reguiliere .. puissent retablires un equilibre .

  • alkira200, le 22/01/2012 à 00h24

    Mberle : c'est vous qui vous trompez ! Le but a toujours été le contrôle des ressources pétrolières et gazières de l'Asie centrale!

  • nezdegoret, le 21/01/2012 à 21h04

    On voit bien que vous avez l'air au courant de la situation!!!

  • mberle, le 21/01/2012 à 20h48

    Vous vous trompez..l'engagement de de la cohalition depasse le seul Afghanistan.. l'enjeu en est aussi la Paix dans le Monde.. et pretendre que les heros qui ont donner leur vie a cette cause ..l'ont fait pour rien.. est une insulte a leur Memoire .

  • roubene, le 21/01/2012 à 20h37

    Tiens, à 4 mois des élections le président évoque le retour de nos troupes...

  • fentch, le 21/01/2012 à 20h29

    Au foot on appelle ça "marquer contre son camp"!!!

  • wildman56, le 21/01/2012 à 19h18

    "L'armée française est au côté de ses alliés, mais nous ne pouvons pas accepter qu'un seul de nos soldats soit tué ou blessé par nos alliés. C'est inacceptable, je ne l'accepterai pas", a prévenu vendredi Nicolas Sarkozy, La meilleure façon de ne pas avoir de tue ou blesse dans nos rangs, c'est de quitter ce pays au plus vite, nous n'avons rien a y faire ni a y gagner. De toute façon on finira par partir que ce soit demain ou après demain avec rien de positif, on ne manquera pas a la population afghane, cote militaire ce sera des pertes de vie et aussi d'argent , bref zéro sur toute la ligne , je me demande sincèrement pourquoi notre président a décider d'envoyer des troupes françaises la bas ???

  • armada92, le 21/01/2012 à 17h37

    Maman d'un militaire, je m'incline devant la douleur des familles de ces soldats morts en faisant leur devoir. Puissent-ils trouver la paix dans l'au delà.

  • oliver12500, le 21/01/2012 à 15h52

    Qu'ils rentrent au plus vite et echappent au plus vite à ce bourbier afghan. Mais que le président n'en joue pas trop pendant la campagne, ce serait cynique d'en faire un enjeu electoral.

  • jeromevds, le 21/01/2012 à 14h12

    La défense de la paix est parfois douloureuse, le prix en est parfois acceptable. Mais là, c'en est trop. Je prie pour nos soldats et leurs familles. Reposez en paix !!!

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