La publicité polémique de l'église St Matthew-in-the-City d'Auckland. © DR"Poor Joseph. God was a hard act to follow" : "Pauvre Joseph. Difficile de faire aussi bien que Dieu". A Noël dernier, ce texte accompagnait une affiche où Joseph et Marie, représentés comme sur un tableau de peinture, se trouvent au lit. Chacun des deux, regardant dans une direction différente, a une mine piteuse et triste, comme après un acte sexuel manqué. La connotation sexo-religieuse est évidente : Joseph ne pourra jamais donner autant de plaisir à Marie que Dieu. Avec le même sous-entendu, une autre version était légendée : "Il s'agit d'amour. Pas de performance".
Cette affiche a-t-elle éditée par une quelconque marque afin de vendre son produit ? Par un groupe anti-religieux ? Pas du tout, bien au contraire. Il s'agit de l'œuvre de l'église anglicane St Matthew-in-the-City, installée à Auckland, la plus grande ville de Nouvelle-Zélande. La publicité avait donc été apposée sur les murs de l'édifice pour fêter Noël. Mais, en l'espace de quelques jours, elle avait été vandalisée à plusieurs reprises, au point d'être retirée temporairement par l'église. Avant d'être à nouveau attaquée et même volée. Les fidèles la jugeaient notamment "obscène et "dégradante pour les chrétiens".
"Conflit avec la vision de la foi"
Plusieurs avaient porté l'affaire devant l'ASA (Advertising Standards Authority), l'équivalent néo-zélandais du Bureau de vérification de la publicité (BVP). Ils expliquaient notamment qu'"il était inapproprié que la perception de Noël par les enfants soit détournée de manière perverse et sexuelle". De son côté, l'église St Matthew-in-the-City soulignait qu'une infime minorité jugeait sa publicité "outrageante" et qu'elle avait au moins le mérite d'avoir créé un débat sur la religion et la théologie dans au moins 177 pays -selon les statistiques de son site internet. Elle avait également fait remarquer que beaucoup de fidèles la trouvaient "amusante".
Quatre mois plus tard, alors que Pâques se profile, l'ASA a donc rendu sa décision. Et c'est l'église qui a gagné. L'ASA explique en effet que, puisque ni Joseph ni Marie ne sont nus et qu'aucun acte sexuel n'est visible, les enfants n'en comprendront pas la connotation sexuelle. Elle ajoute que les "adultes choqués le sont car l'affiche entre en conflit avec leur vision de la foi, et non pas car elle est obscène".
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