Mort de Kim Jong-Il, chef stalinien de la Corée du Nord

le 19 décembre 2011 à 06h28 , mis à jour le 19 décembre 2011 à 09h03

La télévision nord-coréenne a annoncé lundi la mort de Kim Jong-Il, victime samedi d'une crise cardiaque. Il lègue à son fils Kim Jung-Un, désigné pour sa succession, un pays parmi les plus fermés au monde, doté de l'arme nucléaire mais isolé au plan diplomatique, ainsi qu'une économie moribonde.

[Expiré] Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Il lors d'une revue des troupes (photo non datée) © AFP / HO / KCNA via KNS

Jusqu'au bout, l'imagerie officielle d'un dirigeant tout entier consacré à son pays aura prévalu : c'est une présentatrice vêtue de noir et en pleurs qui est apparue lundi sur les écrans de la télévision d'Etat de Corée du Nord, pour annoncer la mort de Kim Jong-Il, "le cher dirigeant". Officiellement, le leader nord-coréen a été victime de surmenage physique et mental alors qu'il effectuait un déplacement en train à travers tout le pays pour aller délivrer des "conseils sur le terrain". La mort remontait en fait à samedi, et il aura fallu deux jours aux autorités pour l'annoncer, signe probable du séisme qui doit secouer les plus hautes sphères de ce pays autarcique, coupé du monde, et voué au culte de son dirigeant ; quant aux circonstances de la mort, il semble que le leader nord-coréen a succombé à une crise cardiaque.

Plus d'infos

Kim Jong-Il, dont la santé s'était rapidement dégradée après un accident cérébral en 2008, était âgé de 69 ans, selon sa biographie officielle. Né officiellement le 16 février 1942, il dirigeait d'une main de fer depuis la mort de son père, Kim Jong-Il, en 1994, la République populaire démocratique de Corée (RPDC), unique dynastie communiste de l'Histoire où règnent culte de la personnalité, censure, exécutions et internements arbitraires dans des camps considérés comme des mouroirs par les ONG. Son plus jeune fils, Kim Jong-Un, moins de 30 ans, a été désigné pour prendre sa succession, a annoncé l'Agence centrale de presse coréenne (KCNA), canal privilégié du régime pour chanter la gloire de ses dirigeants et menacer ses ennemis, Corée du Sud, Japon et Etats-Unis en tête.

Inquiétudes internationales

Ces derniers ont immédiatement fait savoir qu'ils surveillaient la situation "de près" en soulignant que Washington souhaitait la "stabilité" dans la péninsule coréenne. "Le président (Barack Obama) a été mis au courant, et nous sommes en contact étroit avec nos alliés en Corée du Sud et au Japon", où les Etats-Unis possèdent des bases avec des milliers d'hommes stationnés, a affirmé un porte-parole de la Maison Blanche dans un court communiqué. 

La mort de Kim Jong-Il survient alors que Washington et Pyongyang avaient relancé leurs consultations directes ces derniers mois au sujet du nucléaire nord-coréen. A Séoul, le gouvernement sud-coréen a annoncé une réunion en urgence de son Conseil de sécurité national. Les deux Corées restent techniquement en état de conflit armé depuis l'armistice précaire signé à l'issue de la guerre de Corée (1950-53). Le Japon, ancienne puissance coloniale en Corée (1910-1945), qui a envoyé des condoléances officielles à Pyongyang, a aussi annoncé une réunion d'urgence du gouvernement.

Promu ces dernières années aux plus hautes fonctions militaires et politiques, le futur leader nord-coréen, Kim Jong-Un, accède désormais à la tête d'un Etat parmi les plus pauvres du monde, doté de l'arme nucléaire mais sous-équipé, en proie à des famines meurtrière récurrentes et à d'importantes pénuries énergétiques, sans n'avoir rien laissé transparaître de sa personnalité, ni de ses intentions. Les médias officiels ont appelé les Nord-Coréens à le reconnaître comme leur nouveau leader. "Tous les membres du Parti (des travailleurs, ndlr), les militaires et le public devraient suivre fidèlement l'autorité du camarade Kim Jong-Un et protéger et renforcer le front uni du parti, de l'armée et du public", a exhorté la télévision officielle. Les funérailles nationales de Kim Jong-Il ont été fixées au 28 décembre à Pyongyang. Les autorités de l'Etat stalinien ont décrété un deuil du 17 au 29 décembre.

le 19 décembre 2011 à 06:28
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49 Commentaires

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  • comnios, le 19/12/2011 à 16h08

    Vous vivez sous la tyrannie de la finance internationale mais le semblant de liberte qu'on vous donne vous laisse croire que vous detenez votre destin. Moins dur a vivre certes que la tyrannie de la Coree du Nord, mais peu de difference dans le fond.

  • cjesus, le 19/12/2011 à 15h01

    Salut l'artiste! Dans nos coeur tu resteras... ha ha ha!

  • franlaucor, le 19/12/2011 à 14h47

    Je comprends votre joie mais son fils va reprendre la relève et la tyrannie va certainement continuer, comme dans tous pays où la dictature est reine !!!! Un desposte s'en va, un autre arrive !!!!!!

  • mcg35, le 19/12/2011 à 14h35

    @muratori - Exactement la pensée qui m'est venue à l'esprit. Que Monsieur Vaclav Havel repose en paix. Respect. Condoléances à ses proches.

  • mcg35, le 19/12/2011 à 14h33

    La vidéo est ahurissante. faut-il être soumis à un lavage de cerveau intensif, pour faire une telle démonstration "d'affliction" à la mort d'un dictateur! Pauvre peuple nord-coréen!

  • xaeroxd, le 19/12/2011 à 14h16

    J'ai plus peur de son fils que j'ai eu peur de lui !

  • yannickatl, le 19/12/2011 à 13h57

    Un petit indice...c'est au Nprd de la Coree du Sud ;o)

  • monacfrance, le 19/12/2011 à 13h40

    Si tant est qu'il en ait eu une .....

  • _mike, le 19/12/2011 à 13h04

    C'est la façon dont on est éduqué et ce que le monde veut bien nous faire croire. Si nous vivions isolés du monde avec comme seules informations les mensonges de l'état, nous aurions une image extrêmement différente du monde et de notre propre pays.

  • nicenew, le 19/12/2011 à 12h58

    Son fils va prendre la relève donc la tyrannie n'est pas finit.

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