Après deux ans de mariage, Ingrid B. et son époux pakistanais divorcent en 2001. Un tribunal français confie alors la garde de leur fille, Amena, encore bébé, à sa mère, installée en Bretagne. Mais, en 2005, au cours d'un droit de visite, le père soustrait Amena et l'emmène clandestinement au Pakistan.
Ingrid B saisit ensuite la justice pakistanaise. Celle-ci confirme son droit de garde en première instance, puis en appel en 2008. Mais le père disparaît dans la foulée avec la fillette. Il est immédiatement recherché pour "enlèvement" par les polices des deux pays, notamment par les officiers du Service de sécurité intérieure de l'ambassade de France. Ce n'est que la semaine dernière que la police pakistanaise réussit à retrouver sa trace à Lahore -lors de son arrestation, l'homme, âgé de 37 ans, a fait un malaise cardiaque et a été hospitalisé. Amena est ensuite confiée au consul de France.
"Drame familial"
Vendredi, un juge de la Haute cour de Lahore a confirmé le droit de garde d'Ingrid et a remis l'enfant à sa mère. Elle a souligné que les lois des deux pays prévoient qu'une enfant soit confiée à sa mère. Sous protection de la police pakistanaise, Amena, qui criait qu'elle voulait rester avec sa famille pakistanaise, a été emmenée avec sa mère à leur sortie du palais de justice à bord d'un véhicule de l'ambassade de France.
"Amena reconnaît bien sûr sa maman, d'autant que celle-ci vient de lui montrer des photos et des films de sa petite enfance, mais elle est naturellement attachée à la famille qui l'a élevée depuis sept ans et, c'est humain, elle dit qu'elle est pakistanaise et veut rester au Pakistan", explique une source proche du dossier. "Il s'agit avant tout d'un drame familial de la séparation d'un couple mixte", comme un haut responsable de l'ambassade de France, soulignant que le cas d'Amena Tarar était "suivi depuis longtemps au plus haut niveau de l'Etat en France" et qu'"il a été résolu grâce à une parfaite coopération" entre les deux pays.
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