Il devrait être traduit devant une cour martiale, selon le code de justice militaire américain. Le sergent soupçonné du massacre des civils, dont de nombreux femmes et enfants, encourt la peine de mort en cas de condamnation par la justice militaire américaine, a indiqué lundi le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta. Regrettant "les pertes de vie humaine terribles", il a indiqué que le mobile des meurtres restait indéterminé.
Le sous-officier a quitté sa base en pleine nuit à pied pour se rendre dans un village alentour où il est soupçonné d'avoir tiré froidement une balle dans la tête de ses victimes avant de tenter de brûler les corps. "A un moment donné, il est revenu à la base et s'est rendu. Il a dit aux gens ce qui s'était passé", a confié le secrétaire à la Défense. Interrogé sur le fait de savoir si l'on pouvait parler d'aveu, Leon Panetta a dit: "je pense que c'est le cas". "Nous ne sommes pas certains des raisons (qui l'ont poussé à commettre ces crimes). Il est en détention, j'ai assuré le président (afghan Hamid Karzaï) qu'il sera amené devant la justice et devra rendre des comptes", a-t-il ajouté.
Traumatisme crânien et syndrome de stress post-traumatique ?
Cette équipée meurtrière s'ajoute à une série d'incidents -- Corans incinérés, images de Marines urinant sur des cadavres -- qui restent isolés et ne remettent pas en cause l'effort de guerre ni la stratégie américaine prévoyant le retrait des troupes de combat américaines et de l'Otan à la fin 2014, selon Leon Panetta.
Le sergent, dont l'identité est gardée confidentielle pour les besoins de l'enquête, effectuait son premier déploiement en Afghanistan après avoir été basé en Irak à trois reprises. Il y a été blessé en 2010 dans un accident de la circulation qui a provoqué un traumatisme crânien, a confié un responsable américain de la Défense sous couvert d'anonymat. De nombreux soldats américains ont été victimes de ce type de blessures en Irak et en Afghanistan, notamment dans des explosions. Les neurologues ont découvert un lien entre traumatisme crânien et l'apparition postérieure d'un syndrome de stress post-traumatique. Le responsable de la Défense s'est toutefois refusé à établir un lien entre l'action du sous-officier et d'éventuels troubles psychologiques ou psychiatriques.
Une délégation attaquée
Un autre responsable américain a de son côté confirmé que le sergent était originaire de la base de Lewis-McChord, située près de Seattle (Etat de Washington, nord-ouest). C'est de cette base que venaient cinq soldats poursuivis pour avoir exécuté trois civils afghans en 2010. Le meneur du groupe, accusé d'avoir élaboré pour s'amuser des "scénarios" d'exécutions de civils dans la province de Kandahar et d'avoir prélevé des parties des cadavres et pris des photos avec les dépouilles, a été condamné en novembre à la prison à vie.
Sur place, quelques milliers de personnes ont manifesté mardi contre les Etats-Unis à Jalalabad, la principale ville de l'est afghan, le premier rassemblement de protestation depuis la tuerie. Les talibans ont menacé de décapiter le soldat américain, alors qu'une délégation envoyée par le gouvernement afghan pour enquêter sur le massacre a été attaquée mardi près du lieu de la tuerie. Au moins un policier a été blessé par les tirs, qui ont conduit la délégation a écourter sa visite, a indiqué le porte-parole du ministère de l'Intérieur.
| Obama met en garde contre tout retrait "précipité" |
Le président américain Barack Obama a mis en garde lundi contre tout retrait "précipité" des troupes d'Afghanistan, alors que l'assassinat ce week-end des 16 civils afghans a soulevé des interrogations sur la stratégie de Washington dans le pays. "Nous avons des centaines de conseillers sur place dans des zones civiles, nous avons des montants énormes d'équipement qui doivent être retirés (du pays). Nous devons nous assurer que les Afghans seront en mesure de sécuriser leurs frontières pour éviter qu'Al-Qaïda ne se propage à l'extérieur", a-t-il insisté. Peu avant, la Maison Blanche avait assuré que la stratégie de Washington en Afghanistan ne changerait pas après ce massacre de civils et promis que justice serait faite concernant cet acte "abominable". "Nos objectifs stratégiques n'ont pas changé et ils ne changeront pas", a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche Jay Carney, précisant que Washington entendait vaincre Al-Qaïda et entraîner les Afghans pour qu'ils assurent leur propre sécurité. |









