Les rebelles talibans ont attaqué mercredi matin une pension du centre de Kaboul, abritant notamment des employés étrangers de l'Union européenne et de l'ONU, faisant au moins six morts. Une attaque perpétrée quelques heures seulement après la courte visite dans la capitale afghane du président américain Barack Obama.
Cette attaque témoigne du maintien d'activité des talibans plus de dix ans après l'invasion des forces de l'Otan pour les chasser du pouvoir, et alors que la coalition dirigée par les Etats-Unis doit se retirer en 2014 et transférer la responsabilité de la sécurité du pays aux forces afghanes.
Les talibans ont considérablement intensifié leur insurrection ces trois dernières années et étendu leurs actions de guérilla à la quasi-totalité du territoire. Jusqu'au coeur d'une capitale pourtant truffée de barrages et de militaires et policiers en armes, où ils multiplient les attaques audacieuses.
Vaincre Al-Qaïda "à la portée" des Etats-Unis
Lors de sa visite, un an exactement après l'élimination d'Oussama Ben Laden, allié historique des talibans, le président américain Barack Obama a évoqué la fin prochaine de la guerre. Depuis la base aérienne américaine de Bagram, près de Kaboul, Barack Obama a ainsi affirmé que vaincre Al-Qaïda était "désormais à (la) portée" des Etats-Unis. Il a renouvelé son appel aux talibans, alliés d'Al-Qaïda, pour qu'ils déposent les armes et participent à la réconciliation nationale.
"Même ici en Afghanistan, dans la nuit qui précède l'aube, nous pouvons apercevoir la lumière d'un nouveau jour à l'horizon", a-t-il déclaré. "Le temps de la guerre a débuté en Afghanistan, et c'est là qu'il s'achèvera. (...) Mais cela reste dur, et la guerre n'est pas encore finie", a-t-il prévenu. "Certains de vos camarades vont être blessés, d'autres tués. Nous connaîtrons encore des difficultés et de la douleur", a-t-il ajouté.
Obama promet "un nouveau jour" à ses compatriotes
Barack Obama, qui va briguer dans six mois un second mandat, s'est surtout adressé à ses compatriotes, près de 11 ans après que les Etats-Unis ont envahi l'Afghanistan dans la foulée du 11-Septembre, renversant le régime des talibans qui avait donné asile à Al-Qaïda et leur chef Ben Laden.
"Je reconnais que de nombreux Américains en ont assez de la guerre (...) Je ne laisserai pas des Américains en danger un seul jour de plus qu'absolument nécessaire pour notre sécurité nationale. Mais nous devons finir le travail que nous avons entrepris en Afghanistan et mettre fin à cette guerre de façon responsable", a-t-il plaidé. Plus de 1.950 soldats américains ont été tués en Afghanistan depuis 2001, selon le site icasualties.org qui compile des statistiques de l'Otan.
Mardi, son probable adversaire à la présidentielle de novembre, le républicain Mitt Romney, avait jugé "déplacé" de la part du président d'utiliser la mort de Ben Laden et le combat contre Al-Qaïda à des fins politiques.
Signature d'un partenariat stratégique
Lors de cette visite, le président américain a également signé un accord de partenariat stratégique avec son homologue afghan Hamid Karzaï, encadrant les conditions d'une présence de soldats américains dans son pays jusqu'en 2024. Cet accord ne prévoit pas de bases militaires permanentes en Afghanistan mais engage ce pays à donner "accès et jouissance aux forces américaines jusqu'à 2014 et au-delà". Un accord qualifié d'"illégitime" par les talibans.
La force de l'Otan en Afghanistan compte encore quelque 130.000 soldats, américains pour plus des deux tiers. Mais l'Otan et les Etats-Unis ont entamé un processus de retrait de leurs troupes combattantes censé s'achever fin 2014, face à des opinions publiques occidentales de plus en plus réticentes au maintien de leurs militaires dans ce que les experts qualifient volontiers de bourbier afghan.
| Les talibans promettent leur "offensive de printemps" pour jeudi |
Après leurs attaques à Kaboul, les talibans ont annoncé mercredi qu'ils lanceraient à partir de jeudi leur traditionnelle "offensive de printemps" à travers l'Afghanistan contre les forces de l'Otan qui soutiennent le gouvernement de Kaboul et tous leurs alliés. |









