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En 2012, Amnesty milite pour un traité fort sur les ventes d'armes

Fabrice Aubert par
le 24 mai 2012 à 05h45 , mis à jour le 29 juin 2012 à 18h06.
Temps de lecture
5min
Archives : stock d'armes

Archives : stock d'armes / Crédits : AFP

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MondeDans son rapport annuel, l'ONG souligne que 2011 a montré que les peuples n'avaient plus peur de s'opposer à leurs dirigeants. Pour éviter que les armes soient encore utilisées comme instrument de répression, elle appelle à l'adoption d'un "traité fort" sur leur commerce en juillet à l'Onu.

D'un côté, le soulèvement des peuples, dans le monde arabe bien sûr, mais pas seulement. De l'autre, une communauté internationale spectatrice (Tunisie, Egypte), impuissante (Syrie), ou alors "hypocrite" (Libye).  Dans son rapport annuel sur les droits humains publié jeudi, Amnesty International se félicite évidemment du "courage dont ont fait preuve les manifestants" en 2011. "Il s'agissait d'une même demande de justice, d'une même demande de liberté", souligne Geneviève Garrigos, la présidente d'Amnesty International France.

Mais l'ONG rappelle également qu'au moins 91 pays ont limité la liberté d'expression et 101 pratiqués la torture sur les protestataires. Elle pointe aussi les défaillances du "système de gouvernance mondiale", principalement le Conseil de sécurité de l'Onu, jugé "de plus en plus inadapté", au moment de résoudre les crises avant que "les peuples ne soient massacrés".

500.000 morts par an

Parmi les pistes avancées par Amnesty afin de remédier à la situation : la conférence des Nations unies pour établir un traité de régulation et de réglementation sur le commerce des armes conventionnelles (artillerie, chars, fusils...).  150 pays et une centaine d'ONG sont attendus à New York en juillet prochain. Les chiffres sont éloquents : 500.000 personnes meurent chaque année directement de la violence armée et plusieurs millions en sont victimes (viols commis sous la menace d'une arme, brutalité de la répression commise avec des armes,...).

Les faits sont également terribles pour les grandes puissances : à eux cinq, les membres permanents du Conseil de sécurité (France, Etats-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni), représentent 80% des exportations d'armement  dans le monde !  C'est peu dire que l'instauration d'un traité régulant le commerce des armes touche en plein cœur leurs intérêts économiques. Et par ricochet la mise en application des principes dont certains se font les chantres. "Il faut mettre fin à l'hypocrisie. Lors de cette conférence, le monde peut, et doit, prendre une initiative concrète, efficace et sérieuse", lance Francis Perrin, le vice-président de la section française d'Amnesty.

"Pays à risque" 

Il ne s'agit évidemment pas d'interdire totalement le commerce des armes conventionnelles, puisqu'elles sont l'instrument de base de la sécurité des pays, et donc de leur souveraineté. Mais de mieux encadrer leur exportation vers des nations dites "à risque". Amnesty milite ainsi pour l'instauration d'une "règle d'or" : l'interdiction de vendre des armes à un pays qui pourrait ensuite les utiliser pour menacer les droits humains de son peuple.

Une telle menace étant par nature subjective, mettre en place cette "règle d'or", via des critères objectifs, ne sera pas facile. "Depuis 30 ans, les organismes internationaux, l'Onu en tête, et les ONG ont publié des milliers de rapport sur certains pays qui pratiquent  tortures, déplacements forcés...  Cette évaluation du passé permet de mieux envisager le futur. Il ne s'agit pas de dire : 'vous n'avez plus le droit d'acheter des armes car vous avez emprisonné une personne'. Mais, au contraire, de placer le curseur vers le haut et donc vers les crimes les plus graves", explique Aymeric Elluin, le responsable de la campagne Armes et Impunités d'Amnesty -il représentera justement l'ONG à New York. "Aujourd'hui, par exemple, lever l'embargo sur les armes en vigueur vers la Libye et vers l'Egypte seraient irresponsables car nous n'avons aucun élément nous assurant qu'elles seraient utilisées à bon escient", ajoute-t-il.

La CPI en exemple

Ce traité, s'il voit le jour, aura bien sûr un poids différent selon son nombre de signataires. Sur ce point, la bataille est loin d'être gagnée en ce qui concerne les Etats-Unis, la Russie et la Chine. "Nous allons tout faire pour que le texte soit le plus solide possible. La Cour pénale internationale (CPI) doit nous servir d'exemple : son statut n'a pas été ratifié par tous les membres de l'Onu (ndlr : 121 sur 193). Mais cela ne l'empêche pas de fonctionner, avec plusieurs affaires en cours", se persuade Aymeric Elluin.

Bref, pour Amnesty, même si le risque de voir apparaître un nouveau "Lord of war" comme Viktor Bout -le tristement célèbre marchand d'armes russe est aujourd'hui emprisonné aux Etats-Unis- s'engouffrer dans la brèche des futures restrictions, le jeu en vaut la chandelle.  Et Aymeric Elluin de rappeler que la dernière conférence internationale sur le contrôle du commerce  des armes conventionnelles remonte à ... 1925 !

Crimes contre l'humanité en Syrie et en Birmanie ?

Dans son rapport, Amnesty accuse notamment le régime du président syrien Bachar al-Assad de torturer et de tuer des détenus et des manifestants pacifiques, des actes pouvant constituer des crimes contre l'humanité.

L'organisation pointe aussi du doigt les actions de l'armée birmane dans les régions habitées par des minorités ethniques où les combats contre les rebelles ont jeté une ombre sur les réformes du gouvernement.

Commenter cet article

  • alkaid2 : Merci , celà me réconcilie un peu avec l'humanité où l'hypocrisie et l'iniquité sont tellement présentent

    Le 27/05/2012 à 13h55
  • ten75 : Ce n 'est pas l' action d' Amnesty qui serait critiquable , ce sont plutot ses choix , il y des pays ou meme le mot droits de l 'homme n 'existe pas , qui ne sont jamais évoqués , et sont ciblées le plus souvent les dictatures de droite , que les communistes

    Le 24/05/2012 à 16h11
  • patrouillebasse : Si il n'y a plus de famine, si il n'y a plus d'épidémie, si il n'y a plus de guerre comment va t-on réguler la population planétaire ? Hein !!!!! vous n'y avez pas pensé je suis sûr , quoiqu' il reste les catastrophes naturelles et technologiques, pourquoi pas !!!! Ha ces assos !!!!

    Le 24/05/2012 à 15h26
  • franky37 : Un doux rêve ! Que ces armes soient vendues légalement ou sous le manteau, il y en aura toujours, ne serait-ce que parce qu'elles représentent un grand enjeu économique pour les pays qui en fabriquent.

    Le 24/05/2012 à 06h57
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