Le dernier appel de Hollande au vote sanction

Par , le 11 juin 2004 à 10h23 , mis à jour le 11 juin 2004 à 15h39

Réunis jeudi soir à Nantes, les ténors socialistes ont appelé les électeurs à exprimer comme le 28 mars leur mécontentement contre le pouvoir, "un vote social pour faire avancer l'Europe sociale".

hollande conseil national avril 04 © INTERNE

Comme lors des régionales, le Premier secrétaire du Parti socialiste a appelé jeudi à Rezé, près de Nantes, à prononcer "une sanction juste, légitime, nécessaire" contre le gouvernement Raffarin dimanche.  François Hollande a affirmé qu' "il n'y a qu'un vote à faire : le vote social pour faire avancer l'Europe sociale (...), pour sanctionner les reculs sociaux du gouvernement Raffarin". "Ce vote, c'est le vote socialiste", a-t-il dit. Il s'en est pris aux "rengaines d'un archaïsme libéral" selon lesquelles faire une Europe sociale serait impossible. "Ce n'est pas plus dur de faire l'Europe sociale que pour le prolétariat organisé au 19e siècle de gagner des droits !", s'est exclamé François Hollande sous des tonnerres d'applaudissements.

"Le pari de la torpeur estivale"

De son côté, Laurent Fabius s'est réjoui que le PS ait choisi le thème de l'Europe sociale pour leur campagne. "C'est ce choix qui a fait que le débat se polarise autour de l'Europe sociale. Et ce sont ceux qui imposent les thèmes de campagne qui gagnent les élections", a-t-il dit. François Hollande a demandé aux électeurs de "porter le PS en tête du 13 juin" et de faire des socialistes "le premier parti de France".

Il a accusés les dirigeants de la droite de "faire le pari de la torpeur estivale" pour favoriser l'abstention. "La question qui les obsède, a-t-il ajouté, est de savoir qui sera le prochain président de l'UMP. Laissons-leur la présidence de l'UMP, on s'occupera des affaires de l'Etat le moment venu", a lancé le patron du PS, se posant en prétendant au pouvoir en 2007. Il a demandé aux socialistes d'"être prêts à saisir toutes les occasions qui leur seraient données" de mettre en oeuvre leurs idées" et a promis que les socialistes "resteront unis". "Ils l'ont été après la défaite de 2002, ils le seront dans la présentation de leur projet et le choix de leur candidat" à la présidentielle, a-t-il assuré.

Il a appelé "la gauche éparpillée, qui doute d'elle-même" à revenir "à l'idée de l'union, car il n'y a pas de victoire sans union". Ce dernier meeting avait été présenté comme une démonstration du "rassemblement" de tous les socialistes. Faisaient néanmoins défaut quelques personnalités comme Dominique Strauss-Kahn, retenu par un débat télévisé, Jack Lang, Ségolène Royal ou Elisabeth Guigou, et les dirigeants des minorités du parti, comme Henri Emmanuelli ou Arnaud Montebourg.

Par Renaud Pila le 11 juin 2004 à 10:23
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