Le PS engrange, l'UMP encaisse

Par , le 14 juin 2004 à 12h30 , mis à jour le 14 juin 2004 à 17h59

Devançant l'UMP de 13 points, les socialistes s'imposent comme la force incontournable de l'opposition. Le parti chiraquien va devoir compter avec une UDF renforcée et annonce l'organisation d'états généraux pour "définir une ligne politique".

UMP congrès 9 mai 2004 © INTERNE

Si les élections européennes n'ont pas intéressés les Français, elles ont tout de même redessiné le paysage politique hexagonal. Les urnes ont confirmé dimanche le résultat des régionales, avec un PS consacré comme la force dominante, sinon hégémonique d'opposition vers qui converge le "vote utile". En frôlant les 30 %, François Hollande peut se targuer d'un record historique pour une élection de ce type et d'un succès personnel qui ne va pas forcément enchanter les présidentiables de la rue de Solférino. Exit la gauche plurielle puisque les alliés du PS se sont recroquevillés sur des scores très moyens, voire négligeables. Les Verts sont en retrait par rapport à 1999 et le PCF se maintient mollement. L'extrême-gauche (LO-LCR) sort laminée de ce scrutin comme si la leçon du 21 avril avait été comprise par un électorat qui s'est résolu à abandonner le vote-défouloir.

A une gauche unipolaire, la droite offre aujourd'hui une réalité tripolaire avec l'UMP autour de 16 points, l'UDF à 12% et les "souverainistes" de Philippe de Villiers à 8 % environ. Créée il y a deux ans pour unifier la droite, l'UMP n'y est pas parvenue et est revenue à la case RPR. De nouveau s'impose la question de l'organisation de la droite.

Etats généraux de l'UMP

La majorité est donc devenue plurielle même si François Bayrou s'est empressé de refuser les "additions superficielles". Il a estimé à propos de l'UMP, qu'il n'existe "pas le lien de confiance qui soutient un mouvement politique lorsqu'il se veut majoritaire".

Prenant acte lundi matin de cette nouvelle donne, le secrétaire général délégué de l'UMP François Baroin, a annoncé l'organisation prochaine d'états généraux de l'UMP "pour définir la ligne politique qui nous a manqué depuis deux ans (...) et se placer dès à présent dans la perspective des trois, quatre années qui viennent", a-t-il expliqué. Il a souhaité que l'UMP et l'UDF trouvent les modalités d'un "partenariat pour éviter de se donner des coups à l'intérieur" de la majorité.

Quant à Jean-Pierre Raffarin, il n'a pas souhaité commenter dimanche soir les résultats du scrutin, ayant indiqué qu'il ne faisait pas partie de son calendrier. "Il y a une forme de mépris de la part du Premier ministre de faire un commentaire sur le résultat de l'équipe de France et d'oublier de faire un commentaire sur le résultat de l'UMP" a affirmé François Hollande. Jean-Pierre Raffarin aura toute l'occasion de lui répondre mercredi soir puisqu'il est invité du journal de 20h de TF1.

Par Renaud Pila le 14 juin 2004 à 12:30
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