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La presse critique politiciens et électeurs

Edité par avec
le 14 juin 2004 à 12h26
Temps de lecture
4min
européennes vote italie

Crédits : INTERNE

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EuropeL'abstention record, qui a marqué les élections européennes, fait la Une lundi de la plupart des journaux du Vieux continent. La presse déplore que le scrutin ait été marqué avant tout par des considérations nationales.

Tristesse, colère, inquiétude… La presse européenne ne cache pas ses émotions, lundi matin, pour analyser les résultats des élections européennes. Elle ne mâche pas ses mots non plus. Dans tous les quotidiens du Vieux continent, c'est l'abstention record qui suscite le plus de commentaires.

"L'abstention est partout la grande gagnante de ce premier scrutin de l'Europe unifiée", résume Le Figaro. "Plus l'Europe gagne en signification concrète, moins les citoyens se montrent enthousiastes", relève le journal néerlandais Trouw, qui évoque "la gueule de bois de l'Europe" tandis que son confrère Volkskrant souligne que si les Européens ne parlent généralement pas d'une seule voix, "lorsqu'ils le font, c'est pour exprimer leurs doutes sur la construction européenne". Ainsi, au Royaume-Uni, pour "la première fois", note le Daily Telegraph, "l'addition du vote eurosceptique l'emporte sur celle des partis pro-Bruxelles".

"Enjeux nationaux"

Chez les "nouveaux entrants", l'Europe n'a pas davantage mobilisé. En Pologne, le taux de participation n'a pas dépassé les 20%. "Ce n'est pas un 'non' à l'Europe, estime toutefois Trybuna. C'est un 'non' adressé à eux, à cette classe politique pitoyable." Même analyse dans le journal tchèque Dnes : "Il y a un an, les électeurs ont dit clairement : "Nous voulons entrer en Europe". Mais cette année, ils ont ajouté : "Mais pas avec votre gouvernement, Monsieur Spidla" (Premier ministre social-démocrate, NDLR)". Car, c'est le deuxième enseignement de ces élections, l'autre objectif des électeurs a été de "punir leurs gouvernements", note l'Algemeen Dagblad (Pays-Bas). Les journaux européens insistent sur le rejet électoral qui frappe également les premiers ministres allemand, italien, français et britannique mais épargne leur homologue espagnol.

En Belgique, le Standaard flamand et Le Soir francophone s'accordent à regretter, comme l'écrit le second, que "la campagne européenne [ait souvent été occultée] au profit d'enjeux nationaux, de polémiques pro ou anti-gouvernementales". La Vanguardia (Espagne) dénonce pour sa part une classe politique qui "n'a pas su expliquer les raisons qui rendent souhaitable une Europe forte et unie". Les citoyens de l'UE ne sont pas épargnés par les critiques : "Tant que les élections européennes seront un moyen pour les électeurs de dire autre chose que ce pourquoi ils sont appelés aux urnes, la légitimité du projet européen restera en panne. Et chaque vote de ce genre contribuera plus à faire reculer l'idée européenne qu'à la faire progresser", écrivent Les Echos (France).

"Quelle Europe ?"

Les conséquences de ces élections s'annoncent d'ores et déjà désastreuses pour l'Union européenne : lors du prochain sommet de Bruxelles, "aucun gouvernement ne sera en condition de sceller l'annulation du consensus de Nice et moins encore de le remplacer par un autre qui ne reflèterait pas la complexité de l'Europe", relève ABC (Espagne). "Quelle Europe voulons-nous ? Et quelle place chaque Etat veut-il y tenir ?, demande Le Figaro. Pour jouer le rôle auquel elle prétend, la France doit oser poser la question de l'actuelle construction européenne."

Les seules notes discordantes à ce discours pessimiste viennent du Danemark. Avec la "grande victoire" de l'opposition socio-démocrate, "les Danois se sont réconciliés définitivement avec l'Union européenne, écrit le Jyllands-Posten. Les opposants à l'UE ont largement perdu" la bataille. La preuve que l'idée européenne reste bien vivante. Le choc des élections européennes ne manquera pas de lui donner un coup de fouet.

photo : un bureau de vote en Italie, samedi dernier (TF1)

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