Agenda de campagne

le 08 avril 2005 à 17h45 , mis à jour le 30 mai 2005 à 15h01

Retour jour après jour sur les faits marquants de la campagne grâce au CEVIPOF et à Camille Peugny

MAI :

Dimanche 29 mai :

- C’est non. Les Français se déplacent massivement et sont près de 55% à voter pour le non, rejetant du même coup la Constitution européenne. Le taux de participation exact est de 69,74%, quasiment identique à celui de 1992 pour le référendum sur le traité de Maastricht. Le non obtient 54,87%.

- Le président Chirac, qui s’est fortement investi dans la campagne en faveur du oui s’exprime brièvement vers 22h30, déclarant prendre acte du vote des Français : « c’est votre décision souveraine, et j’en prends acte ». Pour autant, « la France reste naturellement dans l’Union ». Sur le plan intérieur, il appelle au « rassemblement » et promet une « nouvelle impulsion » de l’action gouvernementale.

- François Hollande charge la droite. Pour le premier secrétaire du Parti socialiste, « c’est une décision politique majeure, et elle nous engagera pour longtemps, elle est grave pour l’Europe qui risque d’être privée, pour longtemps, du cadre institutionnel nécessaire à son fonctionnement et à son élargissement ». Mais à ses yeux, « ce vote traduit surtout l’ampleur de la crise profonde que traverse notre pays », et les Français ont exprimé « leur colère et leur exaspération à l’égard d’un Chef de l’Etat qui non seulement a froissé tous ses engagements, mais a refusé d’entendre les messages qui lui avaient été adressés ».

- Nicolas Sarkozy intervient après Jacques Chirac. Selon lui, « il faut entendre ce que les Français ont exprimé. En disant non, ils nous appellent à des remises en cause profondes, rapides et vigoureuses. Ils nous pressent d’en finir avec nos immobilismes, avec nos frilosités, ou tout simplement avec nos habitudes, pour faire bouger le pays et le remettre en mouvement sans plus tarder ».

- Pour François Bayrou, il faut parler de « gravissime crise française » et la réponse « ne peut pas être habituelle, il faut une démarche nouvelle, une rupture ». Aux yeux du président de l’UDF, « un changement de gouvernement ne suffira pas » et le président de la République doit « organiser la consultation nécessaire des forces vives pour une refondation de la République et de la démocratie française ».

- Marie-George Buffet, au contraire, se félicite du résultat, comparant « cette dynamique de rassemblement » aux « grands moments du Front populaire ou de Mai 68 ». Selon la secrétaire nationale du Parti communiste, « ce n’est pas un coup de tonnerre dans un ciel serein qui a éclaté, il faut maintenant que la gauche ait le courage d’affronter la déferlante libérale qui ravage tout depuis vingt ans ».

- Les partisans du non socialiste heureux de la victoire du non. Pour Henri Emmanuelli, ce n'est « pas un vote de peur », mais « un vote d'espérance » : « je suis fier de la France, je suis fier des Françaises et des Français qui ont réaffirmé sans ambiguïté la primauté de la souveraineté populaire sur tous les appareils politico-médiatiques ». Quant à Jean-Luc Mélenchon, il estime que « Jacques Chirac doit se soumettre ou se démettre : ou il se soumet, ou il se démet, mais s'il pense qu'il n'y a pas de renégociation possible de la Constitution, il faut qu'il s'en aille ».

- Jean-Marie Le Pen fait mine de triompher. Le président du FN affirme qu’il y a « un avenir en France si le président de la République tire les conséquences normales de ce référendum, à savoir sa démission, il a perdu, il n’est plus qualifié pour rester à la tête du pays ».

- Philippe de Villiers s’attribue la victoire du non. Le président du MPF affirme avoir été « très présent dans cette campagne » pour faire gagner le non. Selon lui, il faut maintenant « faire respecter le non ». Pour cela, il imagine transformer son parti en sommeil en grand « mouvement de rassemblement populaire ».

Vendredi 27 mai :

- Derniers meetings socialistes pour le oui. A Toulouse, devant 800 personnes, Dominique Strauss-Kahn accueille le chancelier allemand Gerhard Schröder tandis qu’à Lille, devant 3000 participants, François Hollande convie le Premier ministre espagnol José Luis Zapatero. Pour ce dernier, « nous avons les yeux rivés sur la France, car l’Europe ne peut pas avancer sans la France ». Selon lui, « le oui est chargé d’avenir, le oui est heureux, le non c’est un labyrinthe, le non est triste, le non est pessimiste ». Quant au chancelier allemand, il exhorte les Français à « voter oui de tout leur cœur et de toute leur tête » ; il faut « dire clairement oui à la Constitution » pour que « dure l’Europe éternelle ».

- Le non de gauche fait salle comble à Paris. A l’exception de la LCR, absente, tous les ténors du non de gauche, socialistes, verts et communistes se succèdent à la tribune devant 2000 personnes. Pour Henri Emmanuelli, « rien n'est joué, tant que les Français ne se sont pas exprimés, la bataille ne sera ni gagnée ni perdue, la bataille est devant nous, pas derrière nous ». Quant à Marie-George Buffet, elle lance que « nous allons gagner car le non est porteur de vos colères, de vos révoltes, de vos luttes ». L’avocate Gisèle Halimi se taille un franc succès lorsqu’elle s’en prend à « l'embrigadement des médias qui restera dans l'histoire comme une tache indélébile dans la liberté que nous avons d'une juste information ».

- François Hollande affirme sur France Inter qu’en votant non, « on fait la peau de l’Europe, pas de la droite ». Pour le premier secrétaire du Parti socialiste, il ne faut pas confondre les enjeux : c’est en 2007 que les électeurs pourront sanctionner la droite. Selon lui, « l’enjeu, c’est de savoir si on aura une Constitution européenne ou pas », car « ce qui importe, c’est de pouvoir agir dans une Europe qui nous donne des leviers ».

- Valéry Giscard d’Estaing assure que si le non l’emporte dimanche 29 mai, il y aura un second référendum, sur le même texte, car « on ne recommencera pas le travail, c'est trop lourd et il n'y aura pas la volonté politique pour le faire ». A ses yeux, si la France vote non, elle sera « une petite tâche blanche au milieu de ses voisins ». Henri Emmanuelli, farouche partisan du non, réagit avec vivacité, l’accusant de « s'asseoir sur la souveraineté du peuple français ».

- Les trois derniers sondages publiés en cette fin de campagne donnent le non en tête, mais avec une avance sur le oui très différente selon les instituts. Pour TNS-Sofres, le non l’emporterait d’une courte tête avec 51% des voix, alors que CSA lui accorde 52%. A l’inverse, l’Ifop voit le non à 56%, en hausse de deux points.

- L’Allemagne adopte la Constitution. Grâce à un vote massif du Bundesrat, elle devient ainsi le neuvième pays à ratifier le texte. Jacques Chirac salue cette décision, soulignant qu’elle « revêt une importance toute particulière et symbolique », « à la veille du choix du peuple français ».

Jeudi 26 mai :

- Troisième intervention télévisée de Jacques Chirac. Dans une allocution solennelle d’une dizaine de minutes, le chef de l’Etat exhorte pour la dernière fois les Français à voter oui le dimanche 29 mai. Il s’attache à déconnecter le référendum des questions intérieures car « il ne s’agit pas de dire oui ou non au gouvernement, il s’agit de votre avenir et de celui de vos enfants, de l’avenir de la France et de l’Europe. Selon lui, un non français comporterait le « risque de briser l’union de notre continent ». Affirmant entendre les « inquiétudes et les attentes » exprimées au cours de la campagne, il promet « une nouvelle impulsion » après le référendum.

- Deux sondages donnent le non en hausse de deux points. Pour Ipsos et CSA, le non l’emporterait dimanche avec 55% des voix, contre 45% pour le oui. Tendance confirmée par la dernière enquête TNS Sofres qui accorde 54% au non.

- Valéry Giscard d’Estaing défend son texte sur RTL. Pour l’ancien président de la Convention européenne, « voter non, c’est marquer un but contre son camp ». Puisqu’il croit « au bon sens des Français », il se déclare « sincèrement optimiste ».

- Bertrand Delanoë tient meeting à Paris. Le maire de Paris défend le oui à la Constitution car « la voix de la France exprimera quelque chose qui pèsera lourd sur l’Histoire ». Avant de lancer : « je veux bien qu’on dise que cette Constitution ne suffit pas, on va faire mieux, mais avec qui, si on commence par se fâcher avec ceux qui peuvent faire de la gauche en Europe » ?

- Laurent Fabius réagit très sévèrement à l’intervention télévisée de Jacques Chirac, estimant sur RTL que « les dix minutes de son intervention, c'était un raccourci de dix ans de Chiraquisme », avant de poursuivre : « ensuite, il est passé à la dénégation, ce qu'il a fait d'ailleurs très souvent dans la campagne, c'est-à-dire qu'il explique que, si on vote non, c'est qu'on est anti-européen. Ce n'est pas vrai du tout ». Enfin, pour l’ancien Premier ministre, farouche partisan du non, « les deux mamelles du chiraquisme, c'est la nouvelle impulsion et la bière Corona ».

- 50 conseillers régionaux de gauche d’Ile-de-France appellent à voter non, alors que le président du Conseil régional, le socialiste Jean-Paul Huchon s’est engagé pour le oui. Dans ce texte, ils appellent les électeurs à ne pas « adopter un traité qui condamne l'Europe à subir une politique libérale de régression sociale pour les décennies à venir ».

Mercredi 25 mai :

- Jean-Pierre Raffarin conclut sa campagne sur LCI. Il lance que « rien n’est joué, rien n’est décidé avant que le peuple ne s’exprime » d’autant que « chaque Français tient dans sa main un bulletin de vote historique » pour la France et l’Europe. Il dénonce le risque de « chaos » et « d’immobilisme » qui menaceraient la France et l’Europe en cas de non français le 29 mai.

- A Nice, Nicolas Sarkozy conclut la campagne de l’UMP. Venu pour « parler de politique, parler de l’Europe », le président de l’UMP, s’il confie volontiers en privé que le non a toutes les chances de l’emporter, fait mine de continuer d’y croire en dénonçant les partisans du non et en lançant que « l’Europe, c’est comme une famille, on ne divorce pas parce que l’autre vous énerve, ou sur un mouvement d’humeur ».

- A Martigues, les partisans du non de gauche fêtent par avance la victoire qu’ils se disent convaincus d’obtenir au soir du 29 mai. Pour Marc Dolez, député socialiste du Nord, « voter non, c’est tirer les leçons du 21 avril, sanction de l’impuissance politique » rejoint à la tribune par Marie-George Buffet qui confirme que « c’est parce que la gauche a renoncé, a accepté le pacte de stabilité qu’elle a perdu ». Aux yeux d’Olivier Besancenot, « les Français ont trouvé le moyen de dire « merde » au libéralisme ».

Mardi 24 mai :

- Lionel Jospin fait sa dernière apparition télévisée dans la campagne référendaire. Sur TF1, l’ancien Premier ministre socialiste tente de convaincre les électeurs de gauche de voter oui. Il dénonce l’hétérogénéité du non, citant les positions de Philippe de Villiers, Jean-Marie Le Pen, Olivier Besancenot ou Laurent Fabius et s’interrogeant sur les conséquences d’un vote négatif : « on va les mélanger dans un shaker, on va l’agiter, on va demander au président de la République de présenter ce shaker du non à nos partenaires européens sidérés ? » lance-t-il notamment. Il préconise « d’abord, de voter le traité, et ensuite de faire confiance à la France et à ses alliés pour peser de tout son poids pour faire bouger les politiques européennes ».

- Des syndicalistes européens s’engagent pour le oui. A l’initiative de la CFDT, un texte de « soutien à la constitution pour l’Europe » est signé en France par l’Unsa et par différents syndicats européens. Ce texte salue « les véritables avancées sociales et démocratiques que la Constitution pour l’Europe contient ». En avril, 500 syndicalistes français avaient au contraire signé un appel dénonçant un traité « incompatible avec les intérêts des salariés européens ».

- Dans un entretien à la chaîne britannique BBC, Jean-Pierre Raffarin explique qu’un second référendum n’est « pas une perspective que peut accepter la France », car « la France ne dit pas un jour oui, un jour non, la parole de la France est une ». Selon le Premier ministre, un non français ne signifierait pas le processus de ratification dans les autres pays parce qu’il « est raisonnable de penser que l’ensemble des pays choisiront leur propre destin (…) et ne laisseront pas la France décider à leur place ».

- Henri Emmanuelli propose un « plan d’intégration européenne » des pays entrants. Le député socialiste, partisan du non, boucle son « tour de France des délocalisations » et propose à Paris de « tirer tout le monde vers le haut », « au lieu de lâcher les salariés les uns contre les autres, au lieu d’organiser le dumping fiscal et social ». Il dénonce au passage la « campagne laide » des partisans du oui qui, selon lui, font croire que « ceux qui ne veulent pas partager avec les salariés des pays de l’Est seraient xénophobes, ou au minimum égoïstes ».

Lundi 23 mai :

- Trois nouveaux sondages rendus publics en fin de journée donnent le non vainqueur. Selon l’Ifop pour Paris Match, le non serait en hausse de deux points à 54%, alors que CSA pour France 3 et Ipsos pour le Figaro le donnent à 53%.

- Jean-Pierre Raffarin et Nicolas Sarkozy à Poitiers. Le Premier ministre, s’en prenant violemment à Laurent Fabius, lance qu’en fait de plan B, C ou D, il n’y avait « qu’un seul autre plan, le plan F, Fabius pour Fabius ». Mais surtout, il répond aux partisans du oui qui lui demandent de se taire, en raison de son impopularité grandissante, en affirmant qu’il ne veut pas « plus tard qu’on [lui] reproche de ne pas avoir averti les Françaises et les Français sur l’enjeu du 29 mai ».

- Marie-George Buffet ne se laisse pas intimider. Invitée de France Inter, la secrétaire nationale du Parti communiste estime que les partisans du oui vont tenter une « intimidation » des électeurs décidés à voter non. Cependant, selon elle, cette « intimidation de marchera pas » car les Français « débattent à partir de leur expérience libérale et de leurs exigences sociales ». Si la France dit non, « elle va sortir avec une image renforcée d’un pays qui ose dire non ».

- Jean-Marie Le Pen cible Jacques Chirac. Le président du FN, interrogé sur RTL, souhaite la démission du chef de l’Etat en cas de victoire du non le 29 mai et que ce dernier « prenne des résolutions comme celles qu’à prises Gerhard Schröder » en Allemagne. Après sa défaite lors d’élections régionales, le chancelier allemand a convoqué des élections législatives anticipées.

- Jacques Chirac interviendra une dernière fois dans la campagne référendaire le 26 mai. Selon l’Elysée, cette intervention prendra la forme d’une « déclaration aux Français », afin « d’éclairer » leur choix. Avant lui, Lionel Jospin défendra le oui sur TF1, mardi soir 24 mai.

Dimanche 22 mai :

- Pour François Hollande, le « Grand Soir » n’est pas pour le 29 mai. Dans un entretien au Parisien, le premier secrétaire du Parti socialiste affirme que « le 30 [mai], rien n’aura changé, ni le pouvoir en France, ni la Commission de Bruxelles, ni la Banque centrale européenne ». En fait de grand soir, ce sera selon lui « une longue nuit, un long sommeil pour l’Europe » car « le slogan de la crise salutaire du non est une mystification ». Enfin, il s’en prend violemment au Premier ministre qu’il somme de « s’abstenir de parler », puisque ce serait « le meilleur service que Jean-Pierre Raffarin pourrait rendre à l’Europe ».

- Laurent Fabius, dans un entretien au Monde, met en garde contre « le plan caché de la droite » en cas de victoire du oui. A ses yeux, la droite a un « plan C » qu’elle mettrait en œuvre dès le lendemain d’un référendum victorieux et qui se traduirait notamment par la « publication des lettres-plafond sur la réduction des effectifs des fonctionnaires » et une « négociation avec les syndicats sur le contrôle et les sanctions des chômeurs ». Le soir, invité de France 2, il invite les électeurs à ne pas se laisser « intimider » par les partisans du oui lors de la dernière semaine de campagne.

- Jean-Louis Borloo défend la Constitution. Invité de TF1, le ministre de la Cohésion sociale affirme que le projet de Constitution élabore un traité « plus humain que tout ce qu’on a connu jusqu’à présent ». Selon lui, ce « traité entre peuples amis rectifie un peu les lois du marché en parlant de plein emploi, d’économie sociale de marché, avec un rendez-vous annuel avec tous les partenaires sociaux, avec les opinions publiques, pour faire le point de l’avancement ».

Samedi 21 mai :

- Le non de gauche fait la fête place de la République à Paris. Plus de 3500 personnes selon la police participent à la « journée politico-festive et populaire » organisée à l’initiative du PCF, du non socialiste ou encore d’Attac et de la LCR. Marie-George Buffet appelle notamment à « aller jusqu’au bout de la campagne pour conforter le vote non face à l’armada du oui » alors que José Bové affirme que « voter cette Constitution, c’est se tirer une balle dans la tête, c’est renoncer à sa citoyenneté ». Tous les orateurs se félicitent de la dynamique de la campagne du non, « une lame de fond » pour Jean-Luc Mélenchon.

- Michel Barnier en campagne. Le ministre des Affaires étrangères consacre son week-end à convaincre le Nord-Est de la France de voter oui. Entre Belfort et Mulhouse, le chef de la diplomatie française tente de répondre aux craintes des citoyens qu’il rencontre. Selon lui, « le silence entretient les peurs » et « il faut placer les gens devant la gravité de leur choix ». L’ancien commissaire européen appelle par ailleurs « à ne pas trahir nos parents et à ne pas affaiblir nos enfants ».

- Pour Jean-Pierre Raffarin, un « Français fier d’être français ne s’enferme pas dans un non en tournant le dos à ses partenaires ». A Garges-lès-Gonesse, le Premier ministre participe à un déjeuner pour le oui organisé par l’UMP. Selon lui, voter non, c’est faire preuve « d’égoïsme » et « d’individualisme ». Avant d’affirmer qu’avec la Constitution, « en matière de fraternité, nous serons croyants et pratiquants ».

Vendredi 20 mai :

- Le non toujours en tête. Selon une enquête de l’institut BVA pour l’Express, le non l’emporterait dimanche avec 53%, contre 47% pour le oui. C’est le cinquième sondage de la semaine à donner le non gagnant.

- Philippe de Villiers rassemble 5000 personnes à Paris. Le président du Mouvement pour la France défend ardemment le non au Palais des Sports. Selon lui, « le non sauvera l’Europe parce que c’est le non qui permettra de faire l’Europe européenne, indépendante et protectrice », car « l’enjeu, c’est la survie de la France en tant que nation et l’identité de l’Europe en tant que civilisation ». Avant de mettre en garde contre les conséquences du oui : « si le oui gagne, ce sera le plan D : délocalisations, déréglementations, déferlante migratoire ».

- En dépit de son impopularité grandissante, Jean-Pierre Raffarin fait campagne pour le oui. Le Premier ministre expose ses arguments lors d’une réunion publique à Thaon-les-Vosges, devant 400 personnes. Prédisant un résultat « serré », il affirme qu’un « non qui s’abstient, c’est un bon non, un oui qui vote, c’est un bon vote ». Fustigeant les « révisionnistes d’extrême droite ou de gauche qui veulent porter l’espoir européen et qui est en fait le repli, la cassure », il martèle que « nous avons des raisons et des raisons de dire oui à ce texte ».

Jeudi 19 mai :

- Lionel Jospin défend le oui à Nantes. Pour son premier meeting depuis le 21 avril 2002, date de son élimination de l’élection présidentielle, l’ancien Premier ministre socialiste s’adresse « aux gens de gauche et aux citoyens qui hésitent encore ». Devant 3000 personnes l’acclamant, il accuse le « non de gauche » de « tromper » les Français. Selon lui, « si les Français votaient non, il n’y aurait aucun changement en France, ce serait un non à l’Europe ». Avant de conclure que « le non est une impasse, le oui est un levier ».

- Jacques Chirac défend à nouveau le oui. Alors que sa côté de popularité est au plus bas dans les sondages, le chef de l’Etat appelle depuis Nancy les Français « à ne pas céder à la tentation du repli ». Aux côtés du chancelier Allemand Gerhard Schröder et du président polonais Aleksander Kwasniewski, il affirme qu’il n’y aura « évidemment pas de renégociation » en cas de non français. Selon lui, « il faut vraiment ne pas connaître le fonctionnement de l’Union européenne ou il faut vraiment vouloir tromper les Français en faisant ce genre d’affirmation ».

- Laurent Fabius défend l’Europe sociale. A Amiens, l’ancien Premier ministre socialiste, partisan du non, affirme que si le non l’emporte le 29 mai, « il faudra travailler à nouveau pour construire une Europe sociale ». A ses yeux, aux lendemain du référendum, la gauche devra avoir une « idée fixe : rassembler, rassembler, rassembler ».

Mercredi 18 mai :

- Les socialistes européens pour le oui à Paris. Les représentants d’une vingtaine de partis socialistes européens apportent leur soutien, au Cirque d’hiver, aux socialistes français engagés dans la bataille référendaire. Parmi les multiples déclarations à la tribune, celle du président du Parlement européen, Josep Borrell qui affirme que « nous tous seront affectés, le choix est à vous, les conséquences pour nous tous » ou celle du socialiste néerlandais, Ruud Koole pour qui la Constitution rendra l’Europe « plus sociale, plus efficace, plus démocratique ». La soirée se termine par l’intervention de François Hollande qui s’engage à lancer une pétition, dès le 30 mai, pour exiger de la Commission une loi sur les services publics.

- Gisèle Halimi pour le non. L’avocate et militante pour le droit à l’avortement met en garde les femmes dans une tribune publiée par Le Monde. Selon elle, la Constitution est une « menace pour les femmes » puisqu’elle « recèle menaces et pièges ». Elle dénonce notamment les multiples références aux Eglises « qui toutes ont contribué à édifier le patriarcat et à mettre les femmes en sujétion ». Enfin, à ses yeux, « l’hymne au libéralisme » touche « plus durement les femmes que les hommes » car elles « subissent de plein fouet la précarité de l’emploi, sa flexibilité ».

- Alain Madelin s’en prend vivement à ses amis de droite. Le député UMP, ancien ministre de l’Economie juge « la droite irresponsable de faire une campagne de trouillomètre » car elle favorise le non. Pour sa part, il affirme s’être décidé pour « un oui de résignation ».

- Douze économistes pour le non. Dans un appel pour un non antilibéral, ils affirment que « ce projet est anti-européen: il déchire les tissus sociaux, jette les peuples les uns contre les autres par toutes les forces de la concurrence, et les conduit à un degré d'exaspération au bout duquel il n'y aura plus que le rejet de l'idée européenne elle même ». L’appel est notamment signé par Jean Gadrey et Michel Husson, membres du conseil scientifique du mouvement altermondialiste Attac, et Liêm Hoang-Ngoc, proche du socialiste Henri Emmanuelli.

Mardi 17 mai :

- Dans un entretien à l’Humanité, Laurent Fabius expose son plan B. Pour l’ancien Premier ministre, « la déclaration 30, annexée au Traité constitutionnel, prévoit que si, en novembre 2006, des pays ont refusé le traité, les chefs d’Etats se réunissent et réexaminent la situation ». Selon lui, le nouveau texte devra comporter « trois points essentiels » : ne plus inclure la partie III sur les politiques économiques et sociales, être révisable, et autoriser les coopérations renforcées entre pays.

- Arnaud Montebourg confiant dans le non de gauche. Interrogé sur RTL, le député socialiste, partisan du non mais qui ne fait pas campagne, affirme que « c’est le non de gauche qui va porter la clef de la renégociation ». Selon lui, « il suffit d’un article et c’est la deuxième chance du traité » : « il suffit que la troisième partie soit révisable à la majorité du Parlement européen ».

- Des femmes de gauche pour le oui. Réunies sur le parvis des droits de l’homme à Paris, des élues de gauche défendent le oui. Pour Elisabeth Guigou, le traité est « plus riche que la constitution nationale sur beaucoup de points ». Quant à l’ancienne syndicaliste de la CFDT Nicole Notat, « les femmes doivent à l’Europe plus que n’importe qui » alors que pour la présidente de « Ni putes ni soumises », Fadela Amara, le texte « constitutionnalise la lutte contre la discrimination » et « ouvre la possibilité de nouvelles lutes sociales ».

- Jean-Pierre Raffarin fait son retour dans la campagne. Avant de tenir meeting à Bordeaux, le Premier ministre est invité de France 2. Selon lui, « c’est un mensonge de dire qu’il y a un plan B. Nous avons négocié un traité qui a mis beaucoup de temps à être décidé, négocié, signé et qui doit être maintenant ratifié ». Avant d’avertir : « le jour où la France vote non, elle descend du train, elle stoppe l’Union européenne ». Enfin, selon lui, en cas de victoire du non, la France ferait face à une double crise, économique et politique.

Lundi 16 mai :

- La campagne officielle débute. Les huit partis habilités à participer à la campagne (PCF, PS, Verts, UDF, UMP, MPF, RPF et FN) vont se succéder jusqu’au 27 mai dans l’audiovisuel public. Au total, les critères retenus favorisent le oui dont le temps de parole est supérieur à celui accordé aux partisans du non.

- Le non de gauche mobilise ses troupes à Rouen. 2500 personnes assistent à un meeting en présence de José Bové, Olivier Besancenot et Jean-Luc Mélenchon. José Bové appelle à « un non européen, démocratique et social » qui redonnera « espoir » aux peuples. Quant au porte-parole de la LCR, « la victoire du non est possible et si le non l’emporte, ce sera par la gauche ». Jean-Luc Mélenchon s’en prend « à ceux qui ont essayé de nous assimiler à l’extrême droite » alors que « la France qui s’apprête à dire non est une France généreuse, internationaliste et sociale ». Auparavant, Laurent Fabius, élu en Normandie, avait accueilli José Bové, tout en ne participant pas au meeting.

- Nicolas Sarkozy et François Bayrou en tandem pour le oui. Eux aussi à Rouen, les présidents de l’UMP et de l’UDF expliquent devant 1500 personnes que la renégociation d’un nouveau texte en cas de non français le 29 mai serait impossible. Pour Nicolas Sarkozy, la Constitution est « une occasion historique » : « si on la saisit, on fera faire un pas considérable à l’Europe que nous voulons ». Dans le cas inverse, « on passera des années en palabres, pour avoir un texte qui soit moins bien ». Quant au président de l’UDF, il assure que l’on « n'a pas le droit de laisser croire qu’une Constitution de rechange existe derrière cette Constitution-là ».

Dimanche 15 mai :

- La journée est marquée par le débat autour de l’existence d’un plan B en cas de non français le 29 mai. Pour Simone Veil, « il ne faut pas s’imaginer qu’on pourra renégocier immédiatement, quand il a été si difficile de se mettre d’accord ». Selon elle, toute renégociation « prendrait des années et la France serait mise en mauvaise posture ». Quant au président de l’UDF, François Bayrou, il trace deux perspectives dans un entretien accordé au Journal du Dimanche : « soit tout s’arrête et il n’y a plus de Constitution européenne puisque l’unanimité est requise, soit on nous demandera de voter une seconde fois, dans quelques mois, mais sur le même texte, comme cela avait été fait pour l’Irlande qui avait voté non puis revoté oui au traité de Nice ». Les partisans du non répondent en publiant un manifeste pour « définir les contours de ce que serait une autre Europe en cas de victoire du non », signé notamment par Jean-Pierre Chevènement et le député UMP Nicolas Dupont-Aignan.

Samedi 14 mai :

- Le non redevient majoritaire. Un sondage Ifop, publié sur le portail internet « Wanadoo actu », donne le non en hausse de 4 points, vainqueur avec 54% des voix, contre 46% pour le oui. Le oui perdrait notamment 17 points parmi les sympathisants socialistes.

- Laurent Fabius met en garde les électeurs. Dans un entretien accordé à la Nouvelle République du Centre Ouest, le numéro 2 du Parti socialiste affirme que « c’est la dernière fois que nous pouvons choisir, soit une Europe plus libérale, soit une Europe plus sociale ». Selon lui, un non ne provoquerait pas la crise car « on ne va pas faire l’Europe sans la France », d’autant que « ce cas de figure est prévu par le texte » dans la mesure où « un réexamen au sein du Conseil européen aura lieu à partir de novembre 2006 ».

- Jacques Delors revient sur ses déclarations. L’ancien président de la Commission européenne, qui avait affirmé dans le Monde qu’un plan B était possible en cas de non français, lance sur France 2 « vive le plan A, il n’y a pas de plan B ».

Vendredi 13 mai :

- Le oui se maintient en tête. Selon un sondage de l’institut TNS Sofres pour RTL-LCI-et le journal Le Monde, le oui recueillerait 52% des intentions de vote alors que 48% des personnes interrogées se prononcent pour le non. A noter que 27% des individus interrogés ont l’intention de s’abstenir ou de voter blanc ou nul. Près de 7 Français sur 10 déclarent s’intéresser au référendum du 29 mai.

- Toni Negri au secours du oui. L’altermondialiste italien et Daniel Cohn-Bendit répondent à l’invitation du porte-parole du Parti socialiste, Julien Dray, et défendent le oui à Saint-Michel- sur-Orge. Devant 300 personnes, Tony Negri affirme que « l’Europe aujourd’hui doit payer des prix au libéralisme, pour constituer une Europe unie ». Selon lui, la Constitution est « une occasion machiavélienne de construire quelque chose qui soit une base de démocratie, une base de rupture de l’ordre impérial ». Quant à Daniel Cohn-Bendit, il assure que « ce traité constitue le début d’une certaine idée de l’Europe et d’une capacité à se situer dans le monde ».

Jeudi 12 mai :

- Pour Jacques Delors, un plan B est possible. Dans un entretien accordé au journal Le Monde, l’ancien président de la Commission européenne qui s’en était vivement pris aux partisans du non de gauche dans une interview dans le Nouvel Observateur estime que « le devoir de vérité impose de dire qu’il peut y avoir un plan B », même si « une solution rapide est impossible ». Selon lui toutefois, « la conséquence immédiate [d’un non français ] serait sans aucun doute un affaiblissement de la France et une stupeur confirmée des autres Etats membres ».

- Devant 4000 jeunes réunis à Paris, Nicolas Sarkozy et l’UMP font meeting pour le oui. Pour le président de l’UMP dont le « rêve européen s’incarne autour de deux grandes idées, la paix pour tous et la réussite pour chacun », « il faut dire oui pour engager sans tarder l’action au service d’une nouvelle Europe ». Très applaudie, Simone Veil a mis en garde contre la fragilité de la paix : « pour vous la paix est un acquis irréversible, pourtant, ne vous y trompez pas, on entendait déjà cela en 1918 ».

- Le non de gauche fait campagne à Toulouse. Marie-George Buffet, Olivier Besancenot, Jean-Luc Mélenchon et José Bové prennent la parole devant plus de 5000 personnes. Sous les acclamations, Jean-Luc Mélenchon s’enflamme : « nous sommes le nombre, nous sommes la force (…), nous sommes la gauche ouverte, généreuse (…), nous n’avons rien à voir avec les xénophobes » ! Quant à Marie-George Buffet, si le non l’emporte, « ce sera un signe extraordinaire pour tous les peuples de la terre que l’OMC et Bush ne vont plus régner en maîtres ».

- François Hollande défend le oui à Grenoble. Devant un millier de personnes, le premier secrétaire du Parti socialiste estime qu’une victoire du oui « sera une bonne nouvelle pour l’Europe, une force supplémentaire pour la France, et la capacité pour la gauche d’être en ordre pour 2007 ». Aux yeux du maire de Tulle, « nous pouvons convaincre non sur la peur, pas même sur la peur du non, mais sur la confiance, car l’Europe est la plus belle aventure humaine de l’histoire ».

Mercredi 11 mai :

- Pour Danielle Mitterrand, c’est non. Invitée de France 2, la veuve de l’ancien président de la République estime que le projet de Constitution « institutionnalise une autre dictature que nous ne voulons pas : le système qui fait de l’homme un sujet économique, qui génère la plus grande des misères, le chômage, la pollution de l’eau, de l’air ». Si elle affirme comprendre « tout à fait les arguments de ceux qui votent oui » et qui défendent une politique des « petits pas », elle ajoute qu’à ses yeux, « c’est une stratégie dépassée aujourd’hui ».

- L’ancienne gauche plurielle tient meeting à Creil. François Hollande pour les socialistes, Dominique Voynet pour les verts et Jean-Michel Baylet pour les radicaux de gauche défendent le oui. Pour la sénatrice des Verts, « si le non devait l’emporter, il serait assez difficile de faire comprendre que c’est une soif progressiste que voudrait exprimer ce non ». Selon Jean-Michel Baylet, « la responsabilité de faire gagner le oui est dans notre camp, c’est à gauche que le oui peut l’emporter ».

- Jacques Barrot s’en prend aux partisans du non. Pour le commissaire européen, « la seule convergence entre tous les partisans du non, c’est la nostalgie d’un passé révolu, qui ne peut en aucun cas préparer l’avenir des jeunes générations ». L’ancien président du groupe UMP à l’Assemblée nationale s’en prend en particulier à Laurent Fabius qu’il accuse de « prétention ».

- Valéry Giscard d’Estaing fait de la pédagogie. Le président de la convention européenne explique son texte devant 600 personnes réunies à Louveciennes. Se déclarant « optimiste profondément » quant à l’issue du référendum du 29 mai, l’ancien président de la République estime que « ceux qui voteront pour cette constitution signeront l’acte de naissance de l’Europe ». Avant de conclure que le oui « vous rendra fiers d’être des Français en Europe ».

Mardi 10 mai :

- Jean-Luc Mélenchon et Marie-George Buffet tiennent meeting commun à Viry-Châtillon. Le sénateur socialiste de l’Essonne et la secrétaire nationale du Parti communiste, tous deux partisans du non, attirent près d’un millier de personnes. Pour Jean-Luc Mélenchon, la Constitution « porte le nationalisme comme la nuée porte l’orage ». « Jamais nous n’accepterons que la compétition devienne la valeur unique de la vie en société » lance-t-il encore. Selon Marie-George Buffet, « si le 29 mai, le non l’emporte, cela constituera un coup d’arrêt pour l’offensive libérale et un signe fort envoyé par la France au monde ».

- Les partisans du non dénoncent la « campagne d’Etat ». Lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale, les parlementaires socialistes, verts et communistes partisans du non réclament l’intervention du Conseil d’Etat. Henri Emmanuelli dénonce notamment un « déni de démocratie » alors que pour Jean-Luc Mélenchon, « cela se passerait dans un autre pays, on proposerait d’envoyer des observateurs ».

- Michel Barnier met en garde contre les conséquences d’un non français le 29 mai. Selon le ministre des Affaires étrangères, en cas de victoire du non, « le cap que nous avons préservé, d'une Europe économique, politique, solidaire, qui doit mieux fonctionner qu'elle ne fonctionne aujourd'hui, qui doit mettre davantage l'homme au coeur de ce projet, ce cap-là serait perdu au profit du cap de l'Europe supermarché ».

- Le président du Parlement européen assure qu’en cas de non français, il n’y aura pas de « renégociation automatique ». Aux yeux de Josep Borrell, « on gardera le Traité de Nice pendant très longtemps et on n'aura pas ce que la Constitution nous apporte de positif ».

Lundi 9 mai :

- Partisans et adversaires de la Constitution s’affrontent sur TF1. Dans un débat d’une heure, les principaux leaders des deux camps échangent leurs arguments dans une atmosphère tendue. A Nicolas Sarkozy qui ironise sur « l’équipage extraordinaire » du non où « on voit Mme Buffet trôner au milieu de M. Le Pen et de M. de Villiers », la secrétaire nationale du Parti communiste répond qu’elle « revendique l’incompatibilité avec Philippe de Villiers ou Jean-Marie Le Pen ».

- A Moscou, Jacques Chirac fait campagne pour le oui. En marge des cérémonies commémoratives du 60ème anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, le président de la République affirme que « demain, le traité sera, pour chacun des Etats et des peuples de l’Union, le socle sur lequel ils inventeront ensemble leur avenir de paix ».

- Tous deux partisans du oui, Michel Barnier et Daniel Cohn-Bendit débattent à la Sorbonne. Pour l’eurodéputé Vert, « c’est le traité le plus social que cette Europe ait connu » alors que selon le ministre des Affaires étrangères, « la France doit maintenir sa place au niveau européen ». Les étudiants partisans du non expriment leur « ras le bol de voir le oui des campus occuper 90% de l’espace médiatique, alors que les partisans du non sont bien plus nombreux sur les facs ».

- Opéré de la vésicule biliaire, Jean-Pierre Raffarin est contraint d’alléger son agenda. Même s’il quitte l’hôpital militaire du Val-de-Grâce, le Premier ministre sera momentanément absent de la campagne pour le oui au référendum du 29 mai.

- Même s’il remonte dans les sondages, le oui reste fragile. Deux dernières enquêtes donnent le oui vainqueur (52% pour TNS Sofres, 51% pour CSA) alors qu’une enquête Ipsos donne le oui et le non à égalité, avec 50% des voix.

Dimanche 8 mai :

- Sur TF1, Laurent Fabius défend ardemment le non. Invité du journal télévisé de 20h, l’ancien Premier ministre affirme que la Constitution revêt un « inconvénient principal » qui est « le décrochage de la situation sociale et économique des Français et le cadenassage ». Selon lui, « à partir du moment où on dit que la seule règle c’est la concurrence entre tous ces pays, alors il y a un risque terrible d’avoir une baisse de nos salaires, une baisse de nos protections sociales, une baisse de nos pensions ».

- Le maire de Paris exhorte les Français à ne pas confondre le référendum avec la politique intérieure. Interrogé sur Radio-J, Bertrand Delanoë affirme que « ce n’est pas la question sur la Constitution européenne qui domine dans l’insatisfaction et l’envie de voter non, c’est vraiment la sanction que les Français veulent exprimer sur la politique menée par le gouvernement français ». Pour le maire de Paris, « ces deux questions sont totalement différentes ».

- L’UMP annonce la création d’un mini-journal pour le oui dont 500 000 exemplaires seront distribués lors de la semaine du 9 au 12 mai en région parisienne.

- Pour Henri Emmanuelli, Jacques Chirac fait du « chantage ». Invité du Grand Jury RTL-Le Monde-LCI, le député socialiste des Landes, farouche partisan du non, estime que le chef de l’Etat « intimidait et faisait du chantage » quand il défend le oui. Selon lui, si la France dit non, « il est évident qu’on en tiendra compte » en Europe.

- Marie George Buffet assure qu’on assiste en France « à une campagne d’Etat comme [elle] n’en a jamais vue de toute [sa] vie de militante ». Pour la secrétaire nationale du parti communiste, « c’est particulièrement choquant ».

Samedi 7 mai :

- Jean-luc Mélenchon dénonce la campagne du gouvernement. Pour le député socialiste, partisan du non, « le gouvernement et le président de la République mobilisent sans vergogne l'argent public au service d'une véritable entreprise de désinformation ». Face à cette « dérive », « maintenant, le non de gauche doit être rassemblé pour être plus convaincant ».

- Le Premier ministre portugais annonce qu’il participera à la campagne française pour le oui. Pour le socialiste José Socrates, il n’est pas envisageable « que la France qui est l’un des piliers de l’Union européenne puisse ne pas approuver le traité ».

Vendredi 6 mai :

- La polémique rebondit autour de la participation de Simone Veil à la campagne pour le oui. Alors que le président de l’Assemblée nationale, Jean-Louis Debré estime qu’il ne faut pas « jouer avec les institutions » et que Simone Veil devrait donc démissionner du Conseil constitutionnel, cette dernière rétorque qu’il « n’a pas de leçon à [lui] donner : pour qui se prend-il ? »

- Pour le président du Parlement européen, un non français ne mettrait pas en cause la poursuite du processus de ratification dans les autres pays. Selon Josep Borrel, « si un pays dit non, nous en prenons acte et continuons à demander l'opinion des autres ».

- Pour Philippe de Villiers, Jacques Chirac multiplie les « tuyaux crevés ». Dans un communiqué, le président du MPF affirme que « la machine de l'Etat marche désormais au rythme d'un mensonge par jour ». Pour le député de Vendée, le président de la République « fait perdre du crédit à la France aux yeux de l’Europe et du monde » puisque qu’il revêt « les habits peu convenables d’annonceur de fausses promesses ».

- Des journalistes de France2 protestent contre le traitement médiatique de la campagne référendaire. Dans une pétition intitulée « Le non censuré dans les médias, ça suffit », 115 membres du personnel de la chaîne publique affirment qu’ « au sein de nos entreprises de service public autant que sur les chaînes privées, manque d'objectivité et matraquage pour le oui, sous prétexte de pédagogie, soulèvent de plus en plus d'indignation et contribuent à discréditer les métiers d'information que nous servons ». Et de réclamer « une information équilibrée ».

Jeudi 5 mai :

- Pause dans la campagne en ce jour férié, alors qu’un dernier sondage Ifop pour Paris Match donne le oui et le non au coude à coude. L’institut crédite les deux camps de 50% des suffrages. 76% des personnes interrogées se déclarent maintenant sûres de leur choix.

Mercredi 4 mai :

- Pour François Hollande, le oui n’a pas de chef. Lors d’une conférence de presse organisée à Paris avec le président du SPD allemand, le premier secrétaire du Parti socialiste répond à Laurent Fabius qui estime que Jacques Chirac est le chef du camp du oui. Aux yeux de François Hollande, « la référence, c'est le socialisme européen qui appelle à voter oui ».

- François Bayrou et Jean-Pierre Chevènement débattent sur France Inter. Alors que le président de l’UDF, partisan du oui, affirme que « la constitution fait de l'Europe qui hier était une affaire entre experts, entre diplomates, entre technocrates, une Europe démocratique dans laquelle les citoyens vont enfin avoir leur mot à dire », le président d’honneur du MRC et défenseur du non explique au contraire que « c'est une machine qui donne le pouvoir aux technocrates et aux juges ».

- Nicolas Sarkozy poursuit sa campagne auprès des étudiants. Devant 500 élèves de l’Ecole supérieure de commerce de Marseille, le président de l’UMP lance qu’avec la Constitution, « on passe de l'époque de l'Europe économique à l'époque de l'Europe politique et démocratique. C'est donc un choix politique plus que juridique ».

Mardi 3 mai :

- Jacques Chirac poursuit sa campagne pour le oui sur France 2. Pendant près d’une heure, le chef de l’Etat tente de convaincre les électeurs des avancées que contient la Constitution européenne. Selon lui, « cette Constitution reprend toutes les valeurs qui sont celles de la France ». Il accuse les partisans du non de « caprices » ou d’ « arrière-pensées politiques ». En effet, pour le Président de la République, « on ne peut pas dire « je suis européen et je vote non » ». Et de conclure en précisant que le référendum n’est « ni un plébiscite ni un moment d’alternance politique ».

- Dominique de Villepin reste prudent. Pour le ministre de l’Intérieur, « tout reste à faire ». Interrogé par BFM, il assure que les Français ont le choix : « le oui, c’est la fidélité à l’action qui a été menée, la capacité d’unir nos forces au niveau de l’Europe » alors que le non serait « un chemin douloureux pour la France, car c’est plus d’isolement, c’est la France sur un strapontin dans son coin ».

- Philippe de Villiers écrit au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel. Le président du MPF affirme dans sa lettre que « dans la période du 20 avril au 2 mai 2005, selon des comptages officieux, le oui aurait obtenu 75,5% du temps de parole quand, dans le même temps, le non n’aurait rassemblé que 24,5% de présence à l’antenne ».

Lundi 2 mai :

- François Hollande et Ségolène Royal tiennent meeting commun. Le premier secrétaire du Parti socialiste et sa compagne, présidente de la région Poitou-Charentes, défendent le oui devant 500 personnes réunies à Gond Pontouvre (Charente). Pour François Hollande qui sent depuis quelques jours « une évolution », « les partisans du non doivent dire quelles seront les conséquences de leur vote ».

- Devant les étudiants de l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence, Laurent Fabius fait campagne pour le non. Pour l’ancien Premier ministre de François Mitterrand, « si on trouve que l’Europe actuelle fonctionne bien, que l’emploi va bien, qu’il faut continuer dans la baisse de la protection sociale (…) alors il faut voter oui. Si on pense qu’il faut une Europe différente, plus sociale, plus solidaire, plus puissante, plus indépendante, il faut commence par voter non ».

- Le oui remonte dans les sondages. Le oui repasse en tête dans deux sondages (53% pour Ipsos, 51% pour CSA) alors que deux autres donnent le non en tête mais en baisse (51% pour Louis Harris, 52% pour BVA).

- A l’occasion des Rencontres pour l’Europe de la Culture à Paris, Jacques Chirac affirme que la Constitution européenne permet des « avancées considérables » en matière culturelle. Aux yeux du chef de l’Etat, « le projet européen est par essence un projet culturel », et « le cloisonnement et l’isolement seraient fatals à nos cultures ».

- Pour Jacques Delors, l’Europe ne « fout » pas la « vérole » aux pays membres. Interrogé sur Europe 1, l’ancien président de la Commission européenne affirme que « si en France on a beaucoup plus de chômage, c’est de notre faute et de celle de nos dirigeants ». Avant de conclure : « si tous les pays étaient dans la même situation, on pourrait dire que l’Europe fout la vérole à l’ensemble des pays, mais ce n’est pas le cas ».

Dimanche 1er mai :

- Les partisans du non donnent de la voix dans les cortèges du 1er mai. Pancartes et slogans en faveur du non fleurissent au sein des défilés tandis que certains leaders syndicaux dénoncent le caractère libéral d’un texte qui selon Annick Coupé (syndicat Solidaires) est « au service du patronat et des multinationales ». A l’inverse, depuis les Landes où il tient meeting, le chef de la CFDT, François Chérèque appelle à voter oui à la Constitution « qui amène de nouveaux droits sociaux pour les travailleurs ».

- Lors de la traditionnelle cérémonie de la remise du muguet à l’Elysée, le chef de l’Etat s’engage une nouvelle fois pour le oui au référendum en qualifiant la construction européenne de « processus de rapprochement des peuples et des économies qui profite à tous ». Jacques Chirac souligne également les avantages « qu'offre sur le plan commercial et économique une Union européenne plus large et plus forte ».

- Comme tous les 1er mai, le Front National manifeste puis tient meeting à Paris. Sur une place de l’opéra à moitié vide (3200 personnes selon la police), Jean-Marie Le Pen prononce un discours d’une heure dans lequel défend le non à un « référendum de capitulation ». Pour le leader du FN, qui agite l’épouvantail de l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne, le oui serait « suicidaire ».

- Invité du grand jury RTL-Le Monde-LCI, François Hollande défend un « oui de mouvement et d’exigences ». Reprochant vivement à Jacques Chirac de « ne pas avoir porté un projet pour la France » depuis le début de la campagne, le premier secrétaire du Parti socialiste estime que « le traité constitutionnel est un progrès en matière démocratique et sociale, pour les libertés fondamentales et pour la gouvernance économique ».

- Invité de France 2, Nicolas Sarkozy affirme qu’il s’engage « dans cette campagne totalement et complètement parce que le oui, c'est une chance d'avoir une Europe qui nous défende mieux, une Europe plus efficace, une Europe où la France aurait une place plus importante ». Pour le président de l’UMP, le oui permettra à la France de figurer au premier plan en Europe, alors qu’en cas de vote négatif, « on sera à la dernière place ».

- La direction de France 2 annonce que Jacques Chirac sera l’invité du journal télévisé mardi 3 mai.

AVRIL :

Samedi 30 avril :

- Le oui reprend la tête selon un sondage TNS Sofres. Si le référendum avait lieu dans les prochains jours, le oui totaliserait 52% des voix, en hausse de sept points en dix jours, contre 48% pour le non. Ce résultat est surtout le produit de la remontée du oui chez les sympathisants de gauche. Sur France Inter, le premier secrétaire du Parti socialiste se félicite de cette évolution. François Hollande affirme que la campagne de son parti se fait entendre.

- A Paris, plusieurs centaines de militants d’Attac se mobilisent pour le non. Le président d’Attac France appelle ses troupes à la mobilisation en leur lançant que la « fin de la campagne sera terrible » puisque « tous les coups sont permis ». Dénonçant « la partialité des grands médias » qui « matraquent », « intoxiquent » et « mentent », il estime que le non serait synonyme d’espoir « de refonder l’Union européenne ».

Vendredi 29 avril :

- Alors que Lionel Jospin a battu le record d’audience de l’émission « Question ouverte » avec plus de 5 millions de téléspectateurs, Arnaud Montebourg dénonce le retour de l’ancien Premier ministre. Le député de Saône-et-Loire estime que les socialistes ont un « devoir » d’inventaire sur les cinq ans de gouvernement Jospin et que le oui de ce dernier est un « oui de résignation ». A l’inverse, l’UMP par la voix de sa porte-parole se réjouit de l’intervention de Lionel Jospin.

- Des femmes rurales et des hôteliers appellent à voter oui. Un collectif de femmes issues du monde agricole, proche de la FNSEA, somme les électeurs à se décider pour un « oui bâtisseur d’avenir » alors que le Syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs explique que le oui autorisera la France à « peser sur les décisions d'ordre fiscal et social qu'exige la survie de notre profession ».

- Marie George Buffet annonce qu’elle se rendra samedi 30 avril devant la FNAC Montparnasse à Paris pour protester contre la « désinformation des publications sur la Constitution européenne. Selon la secrétaire nationale du Parti communiste, des éditeurs se livrent « une véritable manipulation qui consiste à publier la Constitution sans sa partie III ».

Jeudi 28 avril : 

- Lionel Jospin fait son retour à la télévision. Pour la première fois depuis son éviction du second tour de l’élection présidentielle au soir du 21 avril 2002, l’ancien Premier ministre est l’invité de France 2 et défend vigoureusement le oui au référendum du 29 mai. Observant que « les Français sont en colère, ils sont mécontents, ils ont des raisons d'être en colère », il les invite toutefois à ne pas se saisir du référendum pour exprimer leur mécontentement car selon lui, « voter contre le traité constitutionnel c'est sanctionner la France, c'est sanctionner l'Europe, ce n'est pas sanctionner le pouvoir en place ». Lionel Jospin souligne également qu’un vote négatif le 29 mai se traduirait par « une Europe en panne, une Europe qui s'enlise, et accessoirement une France qui s'isole ». A ses yeux, la Constitution n’est pas un « carcan libéral » car « le propre du libéralisme c'est de ne vouloir aucun cadre ».

- Lors d’un meeting régional pour le oui organisé par la fédération de l'Hérault du PS, François Hollande insiste sur « la gravité du choix de chacun » le 29 mai car « de notre vote dépendra l’avenir de la Constitution européenne ». Pour le premier secrétaire du Parti socialiste, « c’est le oui qui crée le mouvement, qui permet les étapes ultérieures », et « c’est le oui qui permettra à la gauche d’être au rendez-vous en 2007 ». François Hollande fait estrade commune avec Daniel Cohn-Bendit qui lance que « le non est un piège à cons » car « ceux qui disent non aujourd’hui ont toujours dit non à l’Europe ».

- Jacques Delors s’en prend violemment aux partisans du non. Dans un entretien accordé au Nouvel Observateur et publié sous le titre « ils vous mentent ! », l’ancien président de la Commission européenne demande aux Français de ne pas « confondre 2005 et 2007 » et de ne pas faire de l’Europe un « bouc émissaire » de la politique du gouvernement Raffarin.

Mercredi 27 avril :

- Jean-Pierre Raffarin fait campagne en terrain conquis. Devant des étudiants de l’école de commerce d’Amiens, le Premier ministre plaide pour le oui au référendum, répondant à des questions préparées à l’avance et posées par des jeunes portant pour certains des badges de l’UMP. Le Premier ministre a décrit une « France affaiblie le jour où nous aurons un grand non écrit sur la poitrine ». Il invite les étudiants à faire campagne pour que « la France ne ferme pas son cœur ». En cas de victoire du non, Raffarin prédit qu’il « sera très difficile de toucher à un texte qui a été élaboré de manière quasi continue » depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.

- Lors d'un débat organisé à Paris par le Conseil national des femmes françaises, le ministre des Affaires étrangères se félicite de ce que la campagne référendaire permet de rompre le silence « qui entretient les peurs et nourrit la démagogie ». Selon Michel Barnier, le référendum est l’occasion pour les Français de se saisir du débat européen, alors qu’une ratification parlementaire serait passée « par dessus la tête des Français ».

- Tony Blair annonce qu’en cas de non français le 29 mai, le référendum prévu en Angleterre pourrait ne pas avoir lieu. « Si ce qui se passe, c'est que la France devait dire non et que le reste de l'Europe devait déchirer la constitution et dire « oublions-la », il n'y aurait pas de référendum sur rien » déclare le Premier ministre britannique.

- Ségolène Royal est prête à faire campagne avec Simone Veil. Invitée d’Europe1, la présidente de la région Poitou-Charente estime que Simone Veil « est un atout de poids dans cette campagne » car son « engagement » est « exemplaire ». Selon Ségolène Royal, s’il y a « une femme qui peut témoigner, parce qu'elle a vécu dans sa chair, du poids de la réconciliation franco-allemande et de la construction de l'Europe, c'est bien elle ».

Mardi 26 avril :

- Le couple franco-allemand se mobilise pour le oui. En marge du cinquième Conseil des ministres franco-allemand, Jacques Chirac et Gerhard Schroeder plaident vigoureusement pour le oui. Pour le chancelier allemand, « la France a besoin de l'Europe et l'Europe de la France ». Quant à Jacques Chirac, il assure que « si l’Europe ne s’organise pas maintenant, le monde ne l’attendra pas. Si l’Europe renonce à son ambition politique et sociale, le modèle ultra-libéral aura le champ libre ». Un peu plus tard, devant des étudiants à la Sorbonne, le chef de l’Etat ajoute que « nous avons besoin de cette Constitution parce que nous voulons construire l’Europe sur des valeurs et pas seulement sur un marché. Nous en avons besoin parce qu’elle affirme et qu’elle revendique le modèle européen ».

- 500 syndicalistes de la CGT, l’Unsa, la FSU, la CFDT, Solidaires et l’Unef lancent un appel pour le non pour rompre avec le « néolibéralisme ». Selon Michel Pilichowski, responsable de la métallurgie à la CGT, « ce texte est incompatible avec les exigences démocratiques et sociales d’un syndicaliste, avec les exigences des salariés européens ».

- Des grands noms de la recherche française s’engagent pour le oui. Ils lancent un « appel à la communauté scientifique » en faveur du oui. Selon les signataires parmi lesquels figurent notamment trois prix Nobel (Georges Charpak, Claude Cohen-Tannoudji et Pierre-Gilles de Gennes), la Constitution « renforce significativement le rôle et la place du Parlement européen, qui pourra ainsi donner à la recherche les moyens nécessaires à son développement ».

- François Hollande va à la rencontre des électeurs. Le premier secrétaire du Parti socialiste débute une série de rencontres sur le terrain pour défendre le oui au référendum « parce que rien ne remplace le contact ». Sur le parvis de la Défense à Paris, François Hollande distribue des tracts et dialogue avec les électeurs. Pour la suite de la campagne, il annonce des « présences multipliées sur les lieux de vie pour défendre ce vote important et décisif ».

- Lors d’une réunion publique à Clamart, François Bayrou déclare que « depuis cinq ou six jours quelque chose a changé dans le climat de la campagne ». Pour le président de l’UDF, « la campagne du oui se gagnera par le bas, par les femmes et par les hommes qui aiment l'idéal européen et qui ont compris qu'il est en danger ».

- Pour Charles Pasqua, le non ne serait pas « épouvantable ». Le président du RPF dénonce sur France 2 l’attitude du gouvernement : « Je voudrais que les représentants du gouvernement fassent preuve d'un peu d'honnêteté intellectuelle. S'ils ont des arguments, qu'ils les présentent, mais ils n'ont pas besoin de dire des contre-vérités ».

Lundi 25 avril :

- Ipsos voit le non toujours en tête, mais en baisse. Selon l’institut de sondage, 52% des Français auraient l’intention de voter non au référendum du 29 mai (en baisse de trois points) contre 48% qui se prononceraient pour le oui.

- Valéry Giscard d’Estaing dénonce le manque d’engagement des dirigeants politiques. Dans un entretien accordé à France Soir, l’ancien président de la République affirme que « les dirigeants actuels n'apportent pas de voix au oui » car « ils ne sont pas personnellement engagés dans la construction de l'Europe ».

- Martine Aubry défend le oui dans un entretien accordé à Libération. Aux yeux de l’ancienne ministre de l’Emploi de Lionel Jospin, « c'est en 2007 qu'il faudra dire non au gouvernement et pas le 29 mai ». Selon la maire de Lille, la Constitution « nous donne les moyens d'une Europe plus influente, plus forte et plus solidaire ».

- Michel Rocard a « bien envie de sanctionner le gouvernement qui est injuste, inéquitable et maladroit » mais appelle à ne pas le faire à l’occasion du référendum du 29 mai. Selon l’ancien Premier ministre, « le non est prononcé chez nous pour des raisons franco-françaises ». Le député européen ajoute que les agriculteurs « perdront tout » si le non l’emporte : « ce n'est pas une balle qu'ils se tirent dans le pied, c'est un obus de mortier ».

- La participation de deux membres du Conseil constitutionnel à la campagne pour le oui fait polémique. Valéry Giscard d’Estaing et Simone Veil s’engagent en effet pour le oui alors que leur statut les invite à un devoir de réserve. Si l’ancienne présidente du Parlement européen s’est mise en congé du Conseil constitutionnel pour une durée d’un mois, l’ancien président de la république demeure quant à lui membre à part entière de l’institution. Pour Jean-Pierre Chevènement, partisan du non, le Conseil constitutionnel « est le juge du scrutin référendaire » et « le moins qu'on puisse demander à ses membres est de respecter leur statut et de ne pas prendre part aux campagnes électorales ».

Dimanche 24 avril :

- Le collectif pour un non socialiste demande au CSA de « faire respecter les règles d'équilibre » entre les défenseurs du oui et ceux du non dans la campagne référendaire. Affirmant qu’elles sont « piétinées tous les jours », le vice-président du Conseil régional d’Aquitaine affirme que « le déluge de propagande qui s'abat sur nos concitoyens pour les pousser à voter oui jette une ombre sur notre démocratie ».

-  Selon lIfop, les Alsaciens voteraient majoritairement pour le oui (52%) alors que les Francs-Comtois se prononceraient au contraire à 53% pour le non.

- L’UMP espère que l’intervention de Lionel Jospin dopera le oui. Pour le secrétaire général de l’UMP, « l'engagement de Lionel Jospin peut rassurer la gauche qui s'interroge. Il a eu dans les années passées, à se confronter aux réalités européennes. Que tous ceux qui croient en l'Europe, qu'ils aient été aux responsabilités hier ou aujourd'hui, la défendent est donc une bonne chose ».

Samedi 23 avril :

- Lionel Jospin tance les socialistes qui font campagne pour le non. Prenant la parole lors du centenaire du Parti socialiste, l’ancien Premier ministre fait une entrée remarquée dans la campagne référendaire. Selon lui, « il en va du respect des militants, de la cohérence du parti, de l'idée même de la démocratie, qui implique le pluralisme mais repose sur le respect de la majorité ». Lors d’un référendum interne, près de 60% des militants socialistes ont en effet pris position pour le oui. Ces reproches s’adressent notamment à Henri Emmanuelli et Laurent Fabius qui font ouvertement campagne pour le non. Jeudi 28 avril, Lionel Jospin parachèvera sa rentrée politique en intervenant à la télévision, sur France 2, pour la première fois depuis son retrait annoncé de la vie politique, le 21 avril 2002.

- Pour la première fois, un sondage donne le non vainqueur aux Pays-Bas. Selon une enquête de l’institut Maurice de Hond, 52% des Néerlandais s’apprêteraient à voter non lors du référendum organisé le 1er juin. A noter que ce référendum n’a aux Pays-Bas qu’un caractère consultatif.

- Pour Jean-Pierre Raffarin, « le oui porte un projet, le non porte un désordre ». Au terme de sa visite en Chine, le Premier ministre assure qu’en cas de victoire du non le 29 mai, « il est évident que nous reviendrions à certaines règles anciennes qui seraient difficilement applicables et qui conduiraient à un certain désordre ».

- Selon Romano Prodi, si la France vote non le 29 mai, elle sera « bien pire que le mouton noir ». Dans un entretien accordé au journal Le Parisien, l’ancien président de la Commission européenne affirme que dans un tel scénario, « il n'y aura plus d'Europe. Nous passerons par une grande période de crise. Le problème ne sera pas seulement la catastrophe de la France, mais la chute de l'Europe ».

- Henri Weber affirme qu’en cas de non français, un « plan B » existe. Pour le député européen, « il existe bien un plan B contrairement à ce que l'on nous répète benoîtement. Il y a même un plan C et D ». Selon lui, Bruxelles envisagerait le cas échéant de proposer un traité « allégé » qui ne comprendrait que les dispositions concernant les valeurs, les institutions et les droits.

- Si les Français se prononcent pour le non, l’Italie se porterait candidate pour intégrer un groupe pionnier qui relancerait la construction européenne. C’est ce qu’affirme le ministre italien des Affaires étrangères dans un entretien au quotidien La Stampa. Selon lui, « au lendemain d'éventuels non aux consultations référendaires, il faudra sauver les avancées du traité de Rome et constituer un groupe moteur ample et uni ».

- Quatre présidents exhortent la France à voter oui le 29 mai. Depuis Helsinki, les présidents finlandais, autrichien, portugais et letton déclarent que la Constitution européenne n’est pas qu’un problème français. Dans leur déclaration, ils affirment que « la ratification de la Constitution européenne est très importante ».

Vendredi 22 avril :

- Alors que les partisans du non de gauche expliquent leur position par la teneur libérale de la Constitution, Alain Madelin déclare dans un entretien accordé à l’hebdomadaire Marianne que les « vrais libéraux » sont « très réticents » à l’égard du projet de Constitution. Pour le président de Démocratie libérale, « ce texte est plutôt moins libéral que le traité de Nice ».

- Interrogé sur Europe 1, le ministre des Affaires étrangères lance que « l'Europe est le plus beau projet politique. Je n'imagine pas que mon pays qui a inspiré ce projet prenne la responsabilité de mettre l'Europe en panne ». Pour Michel Barnier, « la force et l'influence de la France dans le monde passent par l'Europe ».

- Selon le Commissaire Européen au Commerce, un non français le 29 mai peut provoquer le « chaos ». Peter Mandelson affirme qu’en « cas de non, au mieux l'Europe stagnera. Au pire, ce sera le chaos, et nous n'avons pas besoin de chaos en ce moment ».

- Pour Daniel Cohn-Bendit, voter oui, c’est voter pour la « liberté ». Lors d’un meeting des Verts à Paris, le député européen assure que l’Europe est un moyen « d’empêcher une puissance unilatérale, les Etats-Unis, de décider pour tout le monde ». Et de lancer en fin de réunion : « votez oui pour votre liberté » !

Jeudi 21 avril :

- Trois ans après la qualification de Jean-Marie Le Pen pour le second tour de l’élection présidentielle, les partisans du oui au référendum mettent en garde les Français contre un nouveau 21 avril en cas de victoire du non. En déplacement à Pékin, Jean-Pierre Raffarin invite les Français à voter massivement le 29 mai. A Bondy, François Hollande prévient quant à lui qu’il « n'y aura pas de second tour. Il n'y aura pas de nouveau rendez-vous ! »

- Jack Lang demande à Jean-Pierre Raffarin de rester à Pékin. Le député socialiste a « envie de dire » au Premier ministre « Restez à Pékin, laissez-nous faire, cachez-vous, réfléchissez au 21 avril 2002 et à ce que vous en avez fait ». Et de conclure, « ce traité, c'est la gauche européenne qui l'a négocié et pas lui. Qu'il nous fiche la paix ».

- Deux sondages donnent des indications contradictoires. Selon une enquête CSA pour Le Parisien, le non resterait en tête mais serait en baisse de 4 points à 52% alors que BVA pour l’Express le voit en hausse de 5 points à 58%, son niveau le plus élevé depuis le début de la campagne.

- Devant des étudiants de l’université de Dauphine à Paris, Nicolas Sarkozy défend le oui au référendum. Pour le président de l’UMP, il faut voter oui pour améliorer le fonctionnement de « cette Europe qui fonctionne mal » dans laquelle « les supers hauts fonctionnaires ont pris le pouvoir ». Répondant aux attaques de ceux l’accusant de souhaiter au fond de lui la victoire du non, il lance : « Je ne suis pas malade au point de vous dire de voter oui tout en souhaitant la victoire du non !»

- Partisans du oui et du non confrontent leurs arguments pendant deux heures sur France2. Dans le cadre de l’émission « Cent minutes pour comprendre », quatre duels sont organisés au cours desquels prédomine la question des conséquences d’un non français le 29 mai. Un tel scénario ferait de la France le « chevalier blanc de l’Europe » selon Jean-Pierre Chevènement et donnerait un « souffle nouveau » à l’Europe pour Marie-George Buffet. Au contraire, pour le ministre de l’Economie, Thierry Breton, « Il faut dire la vérité aux Français. On n'y arrivera pas, c'est impossible ».

- Depuis Vilnius, le ministre des Affaires étrangères prévient que tout pays se prononçant pour le non deviendrait « immédiatement faible » et mettrait l’Europe en situation de « panne politique ». Michel Barnier ajoute qu’il sent dans l’opinion française « un formidable besoin de comprendre ».

Mercredi 20 avril :

- Invité d’Europe1, Jean-Luc Bennahmias déclare comprendre la « souffrance sociale » des Français mais les invite à ne pas se tromper de vote. Pour le député européen Vert, même si « immédiatement, la Constitution ne changera strictement rien », elle « donne des moyens politiques et démocratiques de passer au-delà du libéralisme ».

- Interrogé sur RFI, Jean-Marc Ayrault concède que l’heure est « sérieuse ». Selon le président du groupe socialiste à l’assemblée nationale, un non français « mettrait en panne le projet européen ». Le maire de Nantes ajoute que si la France dit non, « on aura toujours le grand marché, mais on n'aura pas toutes les protections, les nouveaux droits que ce traité propose ».

- Des élues parisiennes de gauche s’organisent au sein d’un comité pour combattre « l’arrogance » et les « mensonges » des partisans du non au sujet du droit des femmes. Les élues socialistes, vertes et radicales de gauche affirment que la Constitution assure l’égalité entre les hommes et les femmes « dans tous les domaines de la vie ».

- Le président de la commission européenne monte au créneau pour dénoncer l’exploitation de « la peur des gens ». Devant des étudiants à Genève, José-Manuel Barroso affirme faire « tout ce qu’[il] peut pour que la France, la grande tradition de la France, la France de l'ouverture, la France de la déclaration des droits de l'Homme, la France membre fondateur de la construction européenne reste aux premiers postes dans le projet européen ».

- François Bayrou appelle chaque Français à se mobiliser. Pour le président de l’UDF, « c'est à présent l'engagement de chaque Français qui peut permettre de sauver les choses. Les nouveaux sondages pour le non traduisent un grand malaise national ». Lors d’un déplacement à Rennes, il ajoute que tous les partisans de l’Europe doivent « convaincre leurs familles, leurs amis, dans leurs entreprises » de voter oui à la Constitution.

- Un sondage TNS-SOFRES fait un état d’une nouvelle montée du non au sein de l’opinion. 55% des électeurs interrogés ont l’intention de se prononcer pour le non le 29 mai, contre 45% pour le oui. Ce sondage révèle également que le non progresse et s’installe chez les sympathisants de la gauche. Seuls 45% des sympathisants socialistes et 23% des sympathisants Verts voteraient oui le 29 mai.

Mardi 19 avril :

- Sur RTL, Jean-Pierre Raffarin garde espoir. Bien que préoccupé par le non, le Premier ministre déclare avoir du « sang froid » et de la « sérénité ». Il assure que « l'intérêt de la situation c'est que le pronostic est incertain. Tous les votes vont compter: le vôtre, le mien, ceux de vos auditeurs ».

- En déplacement dans le Var, Jacques Chirac défend « le socle de l’Europe de la Défense ». Lors d’une visite à l’armée de Terre, le président de la République a donné sa vision de l’Europe comme « une communauté de destin ». A ses yeux, « le traité constitutionnel ouvre également la possibilité à des Etats particulièrement motivés de se regrouper dans le cadre de l’Union européenne, pour aller plus loin et plus vite dans la construction de l’Europe de la Défense ».

- Bernard Accoyer craint que les Français ne répondent pas à la question posée lors du référendum du 29 mai. Invité de LCI, le président du groupe UMP à l’Assemblée nationale invite les électeurs à ne pas sanctionner Jean-Pierre Raffarin qui « assume parfaitement ses responsabilités et donne tout ce qu'il peut donner pour résoudre les problèmes ».

- Pour Pascal Lamy, la renégociation du traité constitutionnel sera « impossible » en cas de victoire du non en France le 29 mai. Devant des journalistes économiques, l’ancien commissaire européen au Commerce exprime son agacement devant la « répulsion » qu’entraîne en France la notion de « compromis ». Selon lui, « si on devait réouvrir les négociations, je pense que, du point de vue de mes objectifs, on aurait moins bien, en tout cas pendant quelques années. Et je n'ai pas envie de perdre ces années ».

- Sur I Télé, la ministre déléguée aux Affaires européennes met en garde contre le délitement de l’Europe en cas de victoire du non le 29 mai. Pour Claudie Haigneré, « si la France dit non, elle qui a participé à toutes les étapes de la construction, d'une part elle sera incomprise, parce que ce traité, elle l'a voulu, elle y a mis son empreinte, d'autre part elle sera considérablement affaiblie ».

- En meeting à Belfort, François Hollande s’en prend vivement à Jean-Pierre Chevènement. Sur les terres de l’ancien ministre de l’Intérieur, le premier secrétaire du PS dénonce le rôle de « comique troupier » de Jean-Pierre Chevènement et sa vision d’une « France qui abdique ». Pour François Hollande, « l’Europe, elle n’est pas française, elle est européenne ». Auparavant, devant les journalistes, il avait mis en garde les tenants du non socialiste, qui « ne perdent rien pour attendre ».

- Devant un public clairsemé et convaincu d’avance, les Verts tiennent leur premier meeting pur le oui. Pour Denis Baupin, adjoint au maire de Paris, « le non est une impasse, ce serait une sorte de double peine : conserver Chirac et Raffarin et renoncer aux avantages du traité européen ». Selon Yann Wehrling, secrétaire national du parti écologiste, « il semble que ça devient politiquement correct, « in », de voter non ».

Lundi 18 avril :

- Les déclarations de Dominique de Villepin la veille sur Europe 1 provoquent une violente dispute entre le ministre de l’Intérieur et le Premier ministre lors du petit déjeuner gouvernemental. Dominique de Villepin avait affirmé dimanche qu’il fallait une inflexion profonde de la politique du gouvernement après le référendum du 29 mai. Il laisse entendre que sa déclaration répond à une « commande », alors qu’il s’est entretenu dans la journée avec Jacques Chirac.

- France 2 annonce que l’ancien Premier ministre Lionel Jospin sera l’invité de l’émission « Question ouverte » jeudi 28 avril à 20h30. Ce sera la première apparition télévisée de Lionel Jospin depuis qu’il a annoncé son retrait de la vie politique au soir de sa défaite du 21 avril 2002.

Dimanche 17 avril :

- Dans un entretien accordé au Progrès, Jacques Barrot s’en prend à ceux qui votent non « parce qu’il est de bon ton de dire non, c’est snob de dire non » ! Le commissaire européen dénonce « la campagne de désinformation où le mensonge l'emporte parfois ».

- Invité d’Europe1, Dominique de Villepin souligne la nécessité d’une inflexion profonde de la politique du gouvernement « quelle que soit la réponse » des Français aux électeurs. Le monde politique interprète cette déclaration du ministre de l’Intérieur comme un acte de candidature au poste de Premier ministre.

- Henri Emmanuelli réunit à Montreuil les collectifs locaux pour le « non socialiste ». A ses yeux, « se soumettre, c’est renoncer de manière irrévocable ». Devant 200 personnes, le député des Landes lance que « les gens en ont marre qu’on leur mente ». Cette réunion est également l’occasion pour les tenants du non socialiste de présenter leur matériel de campagne. Selon leur slogan, « cette fois, c’est non ».

Samedi 16 avril :

- A la Mutualité à Paris, le premier secrétaire de la Fédération du Nord du Parti socialiste participe à un meeting du Parti des travailleurs pour le non au référendum du 29 mai. Marc Dolez précise d’emblée qu’il « ne [s’] exprime pas au nom de la direction du Parti socialiste mais comme un militant socialiste résolument engagé dans cette bataille contre un texte qui tourne le dos aux valeurs de la République ». Très applaudi par les 2000 militants présents dans la salle parisienne, il lance que la France a besoin d’une unité de la gauche « sans exclusive » pour que le non l’emporte.

- Deux jours après l’intervention de Jacques Chirac qui défendait le oui, deux nouveaux sondages font état d’une montée du non. Pour CSA comme pour l’Ifop, si le référendum avait lieu dans les prochains jours, le non l’emporterait avec 56% des voix contre 44% pour le oui. C’est le score le plus élevé du non depuis le début de la campagne référendaire.

- En marge d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union à Luxembourg, Michel Barnier lance qu’en cas de succès du non le 29 mai en France, « il n’y aura pas d’autre discussion possible avant très longtemps et on restera aux traités actuels ». Commentant la prestation de Jacques Chirac, le ministre des Affaires étrangères estime que « le président de la République a placé le débat au niveau où il devait être placé ».

- Dans un entretien accordé à Libération, Henri Emmanuelli soutient que « voter oui, c’est accepter la nature libérale de l’Europe actuelle et contribuer à l’ancrer pour longtemps dans le libéralisme ». Le député socialiste des Landes qui réunit dimanche 17 avril ses collectifs locaux pour le non ajoute que la direction du Parti socialiste « doit comprendre que le contexte social est inacceptable et que M. Chirac ne recule devant aucun mensonge ».

- Nicolas Sarkozy lance que la victoire du non lors du référendum du 29 mai provoquerait un « séisme en Europe ». A l’occasion des Etats généraux de l’UMP-Paris, l’ancien ministre de l’Intérieur met en garde les électeurs : « Je veux dire aux Français: si vous renversez la table, c'est d’abord sur vous-mêmes que vous la renverserez ». « Dire oui, c'est vous donner la chance que ça change, que ça bouge. Je ne vous dit pas que tout sera réglé simplement parce que vous direz oui, mais ça progressera » a ajouté le président de l’UMP.

- François Hollande se refuse à « récupérer le mécontentement ». Lors de la clôture d’un forum euroméditerranéen du parti socialiste européen, le premier secrétaire du PS remercie les socialistes européens « d’accompagner le PS pour montrer que le nouveau traité est un progrès et annonce une Europe plus protectrice ». Pour le maire de Tulle, « lorsque les lois sont plus protectrices, elles s’appliquent, dans les domaines sociaux notamment ».

Vendredi 15 avril :

- Dans son intervention télévisée du 14 avril, Jacques Chirac a déclaré qu’en cas de victoire du non au référendum du 29 mai, la France deviendrait le « mouton noir » de l’Europe. Le RPF de Charles Pasqua saisit la balle au bond et décide de lancer un site internet « moutonnoir.info », puisque selon son porte-parole, William Abitbol, « mieux être un mouton noir qu'un mouton de Panurge ».

- En déplacement à Bonneville en Haute-Savoie avec Jean-Louis Borloo sur le thème de l’emploi, le Premier ministre se fait longuement huer. Dans la foule qui lui est hostile, ouvriers, syndicalistes et lycéens expriment leur intention de voter non à la Constitution pour protester contre la politique libérale du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin.

- Lors d’une réunion publique à Mantes-la-Jolie, Dominique de Villepin met en garde les Français contre « l’impasse » du non au référendum. Devant 400 personnes, il estime que la montée du non est imputable des « malentendus » et des « ambiguïtés », mais qu’un non français ne provoquerait pas un « électrochoc » mais « l’impasse et le court-circuit ». Appelant les électeurs à la responsabilité, il ajoute que leur « bulletin de vote va nous engager pour longtemps ».

Jeudi 14 avril :

- Devant un auditoire composé de 83 jeunes réunis dans la salle des fêtes de l’Elysée, le chef de l’Etat fait son entrée dans la campagne référendaire. Au cours de ce débat retransmis en direct par TF1, Jacques Chirac s’efforce de répondre aux inquiétudes exprimées par ses interlocuteurs. Faisant sienne la formule du pape Jean-Paul II, le président de la république lance notamment aux Français : « N’ayez pas peur » !

Sur le fond, Jacques Chirac affirme sa « confiance dans l’avenir et sa confiance dans la France ». « Fille de la pensée française », la Constitution européenne est à ses yeux largement inspirées des principes auxquels sont attachés les Français qu’il invite par ailleurs à ne pas confondre le référendum et les questions de politique intérieure, écartant ainsi toute démission en cas de victoire du non. Scénario qui selon lui se traduirait par une France « considérablement affaiblie », qui « cesserait d’exister politiquement au sein de l’Europe » et qui en deviendrait ainsi le « mouton noir ». Pour le chef de l’Etat, cette constitution permettrait à l’Europe d’être « forte et organisée » afin de lutter contre une « mondialisation portée par un courant ultralibéral ».

- Les réactions à l’intervention de Jacques Chirac semblent mitigées. L’UMP salue « l’exercice inédit de dialogue sans tabou auquel s'est livré » le président, alors que Daniel Vaillant, ancien ministre socialiste de l’Intérieur et partisan du oui estime que Jacques Chirac « a fait son travail ». A l’inverse, les partisans du non dénoncent les « mensonges » du chef de l’Etat : pour le député socialiste Henri Emmanuelli, le président de la République « n’a reculé devant aucun mensonge ».

- Pendant que le chef de l’Etat s’exprime en direct sur TF1, le « non de gauche » fait salle pleine au Zénith. Devant 6000 personnes, les nombreux orateurs rivalisent de formules pour fustiger le projet de constitution européenne. Marie-George Buffet, secrétaire nationale du Parti communiste affirme que « les Français ont raison d'utiliser le 29 mai pour dire non » à la politique libérale du gouvernement . Quant à Jean-Luc Mélenchon, sénateur socialiste de l’Essonne, il confesse sa joie de voir « le peuple français s'intéresser à son destin, relever la tête ». Selon lui, c’est le non de gauche qui « structure le non des Français ».

- 18 députés UMP d’Outre-Mer disent oui à la Constitution. Dans un texte également signé par 5 sénateurs, ils affirment que le projet de Constitution permet trois grands progrès : « préserver la spécificité de l'Outre-Mer grâce à la défense du principe de la diversité culturelle », « consolider la position institutionnelle de nos régions et de nos collectivités », « offrir une contribution financière décisive au développement économique et à l'amélioration des conditions de vie ».

- Le ministre des Affaires étrangères, Michel Barnier, lance à Marseille que la Constitution « ne comporte que des progrès par rapport à l'Europe d'aujourd'hui, même s'il n'y en a pas assez à mon goût ».

- Bertrand Delanoë appelle le Parti socialiste à se ressaisir. Pour le maire de Paris, « il y a un esprit démocratique qui fait que lorsque les militants ou les citoyens votent nombreux, on doit respecter leur décision » faisant allusion aux élus du PS qui font campagne pour le non en dépit de la victoire du oui lors du référendum interne en décembre 2004.

Mercredi 13 avril  :

- Selon un sondage de l’institut Ipsos, les jeunes rejetteraient en majorité la Constitution puisqu’ils sont 52% des 18-29 ans à avoir l’intention de voter non, contre 48% qui expriment la volonté de voter oui.

- En meeting à Bayonne, François Hollande refuse la vision d’un PS tiraillé. A ses yeux, son parti est « très majoritairement pour le oui », et son unité n’est pas menacée : s’il « n’a pas voulu que ces camarades [qui font campagne pour le non] soient exclus, mis à l'index ou écartés », c’est qu’après le 29 mai, « il y aura la nécessité de nous retrouver tous ».

- A la veille de l’intervention télévisée de Jacques Chirac, la polémique sur les conditions de cette entrée en campagne ne faiblit pas. Les élus des chaînes publiques France 2 et France 3 diffusent un nouveau communiqué dans lequel ils qualifient cette émission de « particulièrement humiliante » pour leurs chaînes. Pour eux, le débat du 14 avril « tient plus de la communication que de l’information ».

- Jacques Barrot, commissaire Européen aux Transports se fait l’avocat du oui devant les députés de l’UMP. L’ancien président du groupe UMP à l’Assemblé Nationale invite ses auditeurs à tenir « des discours positifs sur l’Europe ».

- A Perpignan, Nicolas Sarkozy assure devant des buralistes en colère que s’il a « une seule raison de voter oui, c'est pour que l'Europe bouge ». Selon le président de l’UMP, dire oui fera aussi bouger les choses en France « parce qu'après vingt-trois ans de budgets en déficit ça ne peut plus durer ».

- Lionel Jospin intervient une nouvelle fois pour défendre le oui, lors d’une réunion de sa section socialiste à Paris. L’ancien Premier ministre assure que le non « ne changerait rien ni à la présidence de Chirac ni à ce gouvernement ou à celui qui lui succédera ». Lionel Jospin affirme qu’il interviendra dans la campagne « de la manière la plus nette possible ».

Mardi 12 avril :

- Deux nouveaux sondages donnent le non gagnant, à 53% selon l’institut BVA, 54% selon l’institut CSA.

- Les socialistes européens s’inquiètent de la montée du non en France et appellent les électeurs français à la responsabilité. Martin Schulz, leader du groupe socialiste au Parlement européen, a notamment insisté sur l’importance d’expliquer « aux Français qu'ils votent pour une Constitution européenne, c'est le vote de chaque Hongrois, de chaque Polonais, de chaque Portugais, de chaque Finlandais ».

- Discrète depuis le début de la campagne, la porte-parole de Lutte ouvrière affirme dans le journal de son parti que « le non va de soi ». Pour Arlette Laguiller, « ce projet considère que le seul système économique valable, c'est le système capitaliste, celui qui repose sur la propriété privée des moyens de production ».

- Le climat s’envenime au Parti socialiste où les partisans du non reprochent à François Hollande de les avoir assimilés aux autres défenseurs du non. Selon Libération, Le Premier secrétaire du PS aurait en effet déclaré que « si Le Pen ne s'est pas fait entendre dans cette campagne, c'est que d'autres font le travail à sa place ». Les fondateurs du Nouveau Parti Socialiste, Arnaud Montebourg et Vincent Peillon, favorables au non mais qui ne font pas campagne, expriment leur « tristesse » de voir que « des dirigeants du même parti sombrent dans la caricature et frôlent désormais systématiquement l'injure entre eux au moment de défendre leur position sur le traité constitutionnel ».

- Dans un entretien publié par France Soir, le Ministre de l’Intérieur affirme qu’un non français provoquerait le recul et l’isolement de la France au sein de l’Union Européenne. Pour Dominique de Villepin, la France donnerait « le sentiment de vouloir se replier sur elle-même et de finalement douter de cette grande aventure européenne, elle serait alors assise sur un strapontin ».

Lundi 11 avril :

- Lors d’un meeting de l’UMP auquel il participe à Antibes, Jean-Pierre Raffarin met en garde les Français contre un non qui « casserait la maison Europe ». Pour le Premier ministre, voter non serait faire un « choix de légèreté ».

- Daniel Cohn-Bendit dénonce à Strasbourg « le complexe d’Astérix » des Français. Selon lui, c’est une spécificité hexagonale : « on dit merde avec le bulletin de vote et ensuite on veut renégocier, mais avec qui »? Le même jour, les Verts annoncent que le seul meeting auquel devait participer Daniel Cohn-Bendit le 29 avril à Lyon est annulé. Lors d’un précédent meeting à Montpellier, le co-président du groupe des Verts au Parlement européen avait été hué par des partisans du non.

Dimanche 10 avril  : 

- Invitée du Grand Jury RTL-LCI-Le Monde, Marie Georges Buffet dénonce « le verrou » qui serait « tiré pour des décennies » en cas d’adoption de la Constitution Européenne. La secrétaire nationale du PCF met par ailleurs en garde contre les directives de Bruxelles auxquelles « il faudra se heurter ».

- Philippe de Villiers condamne sur Europe1 l’émission de « politique-spectacle-marketing » choisie par Jacques Chirac. Jeudi 14 avril, le président répondra sur TF1 aux questions d’un certains nombres de jeunes. Le président du Mouvement pour la France compare l’attitude de Jacques Chirac à celle de François Mitterrand, qui à l’occasion du référendum pour le traité de Maastricht en 1992 « avait affronté un tenant du non, Philippe Séguin, dans un débat équilibré, contradictoire. Là, Jacques Chirac ne se sent pas d'attaque pour dialoguer avec des adultes et il a choisi des adolescents pré-sélectionnés par un conseiller à la communication».

- Dans un entretien accordé au Journal du Dimanche, l’ancien ministre des affaires européennes de Lionel Jospin, Pierre Moscovici, s’en prend aux « docteurs Folamour du non » qui « font mine d'ignorer que l'Europe est une construction lente, complexe, pluraliste ». En cas de victoire du « non », c’est selon lui « un mensonge de prétendre que l'on peut tout refaire ».

Samedi 9 avril  : 

- Le Front national lance sa campagne à Strasbourg. Jean-Marie Le Pen croit à un « boomerang du 21 avril » lors du référendum du 29 mai. Selon lui, la diabolisation du « non » échoue car le « non est une tendance lourde qui préexistait aux prises de position des partis ou des personnalités ».

Vendredi 8 avril  : 

- Dans un entretien accordé à l’AFP, la présidente socialiste de la région Poitou-Charente, Ségolène Royal, s’en prend violemment au Premier ministre. Selon elle, « il n’est pas possible que le président de la République ne se rende pas compte que la présence de Jean-Pierre Raffarin est le principal handicap de la campagne. S’il le maintient, il faudra qu’il en assume les conséquences ».

- Interrogé sur France 2, le Ministre de l’Intérieur, Dominique de Villepin, évoque les conséquences d’une victoire du « non ». A ses yeux, un tel scénario se traduirait par « un chemin beaucoup plus douloureux pour les Français », parce que « nous serons dans un monde où le libéralisme n'aura pas de frein ».

- Olivier Besancenot, porte-parole de la LCR, estime que grâce au « camp de la gauche », « le non peut l’emporter ». Lors d’un meeting organisé en présence de nombreux intervenants européens, il ajoute que la victoire du « non » se solderait par « une crise politique fondatrice et positive en Europe et en France ».

- Le Président de la République interviendra à la télévision le 14 avril. Le cadre choisi par l’Elysée est celui d’un débat avec des jeunes sur TF1 en première partie de soirée et présenté par Patrick Poivre d’Arvor, avec le renfort de trois animateurs venus de chaînes concurrentes : Jean-Luc Delarue (France 2), Marc-Olivier Fogiel (France 3) et Emmanuel Chain (M6). Protestation virulente des sociétés des journalistes de ces trois chaînes qui dénoncent « le triomphe du marketing politique et de l'information spectacle au mépris du journalisme ».

Jeudi 7 avril : 

- Réunis à Bruxelles, les socialistes européens font part de leur détermination à se mobiliser en faveur du « oui » à la Constitution européenne. Dans une déclaration commune, plusieurs présidents de groupes socialistes de parlements nationaux appellent notamment « chaque socialiste et chaque social-démocrate en Europe à s’investir dans les campagnes référendaires en France, aux Pays-Bas et partout en Europe ». La situation en France où la menace d’un rejet de la Constitution est accréditée par les dix derniers sondages publiés inquiète particulièrement la famille socialiste européenne.

- Le secrétaire national des Verts, Yann Wehrling, lance à Paris la campagne de son parti pour le « oui » à la Constitution. Il assure que les militants écologistes mèneront une campagne autonome « sur des arguments qui leur sont propres ».

- Près de 1500 personnes assistent à Paris à un meeting de la CFDT en faveur du « oui » à la Constitution. Son secrétaire général, François Chérèque y lance notamment que « c’est le non qui est isolé dans le syndicalisme européen ». Selon lui, « si le non l’emporte, c’est le libéralisme qui marque un point de plus ».

- Lors d’une conférence de presse au siège de son parti, le président du Front national se montre confiant dans la victoire du « non ». Jean-Marie Le Pen affirme vouloir placer au cœur de la campagne « des notions totalement absentes du débat actuel comme la nation et la patrie ». Selon lui, c’est le moyen pour le Front national d’apporter « une vision immatérielle et spirituelle » alors que « la totalité des partis se détermine sur la Constitution à partir de critères matérialistes ».

- Le président de l’UMP, Nicolas Sarkozy, participe à des « réunions d’appartement » organisées par des militants de son parti. C’est par audio-conférence qu’il répond aux questions des participants. L’occasion de défendre le « oui », qui provoquera selon lui un « changement » en Europe.

- L’ancien Premier ministre Lionel Jospin fait son entrée dans la campagne en se prononçant pour le oui au verso d’un tract diffusé par les militants socialistes parisiens. Pour Lionel Jospin, « voter non ne provoquerait pas un drame mais seulement un affaiblissement de notre position en Europe ». Il invite les électeurs à garder le « vote intérieur » pour 2007.

- Dans un entretien accordé au Figaro, le ministre de l’Education nationale, François Fillon, invite les Français à ne pas confondre les scrutins : « Il serait vain et dangereux que les électeurs croient qu'en votant non » au référendum sur la Constitution européenne « ils obtiendront un changement de politique ».

Mercredi 6 avril : 

- L’Italie est le premier des pays fondateurs de l’Union à adopter la Constitution, par voie parlementaire.

- 139 parlementaires de l’UMP forment un comité pour le « oui gaulliste au traité constitutionnel européen. Ils appellent notamment les Français à « choisir la voie du progrès, la voie du oui ».

- Depuis Pékin où il assiste au colloque économique franco-chinois, le président du Medef, Ernest-Antoine Seillière, rappelle que « le Medef vote oui, mais n’a pas droit de vote ».

- Dans une tribune à Libération, le président d’honneur du MRC, Jean-Pierre Chevènement affirme qu’il n’y a pas « plusieurs oui ». Pour l’ancien ministre de l’Intérieur, « il n'y a pas de oui de gauche, pas plus qu'il n'y a de oui gaulliste. Il y a un oui libéral. Point à la ligne ».

Mardi 5 avril :

- L’ancien commissaire européen au Marché intérieur et auteur d'une directive sur la libéralisation des services est en voyage en France. Interrogé par France 3, Fritz Bolkestein déclare qu’il est « venu pour expliquer un petit peu de quoi il s'agit dans cette directive et également pour montrer aux Français » qu’il n’est « pas le loup-garou dont on parle ».

- Débat à l'Assemblée nationale sur l'organisation du référendum. Jean-Pierre Raffarin y  affiche sa "confiance" dans le vote des Français et plaide pour "une France forte en Europe".

Samedi 2 avril :

- Décès du pape Jean Paul II

MARS :

Jeudi 31 mars :

- A Marseille, le Premier secrétaire du PS François Hollande tient son 1er meeting en faveur du  "oui" au référendum du 29 mai sur la Constitution européenne. Devant près de 2.000 personnes, il déclare : "S'il n'y a pas de constitution européenne, il n'y aura pas d'Europe sociale (...) Les socialistes doivent faire le choix du vote utile pour l'Europe",

Mercredi 30 mars :

- Jean-Pierre Raffarin tient à Lyon sa première réunion de campagne pour le "oui" au référendum.

Jeudi 24 mars :

- Jean-Pierre Raffarin sur TF1, appelle les Français à éviter toute politisation du scrutin dans un contexte social tendu : "Voter 'oui', ce n'est pas voter Raffarin, ce n'est pas voter Hollande, ce n'est pas voter pour tel ou tel, c'est voter pour la France".

- A l'occasion de la présentation d'un ouvrage édité par la Fondation Robert Schuman "Exlpique-moi la Constitution", Valéry Giscard d'Estaing reste optimiste face à la montée du "non" dans les sondages.

- Lors du congrès de la FNSEA au Mans, François Hollande, Nicolas Sarkozy, François Bayrou, Alain Bocquet, et  Jean-Pierre Raffarin prennent la parole. Objet : le vote des agriculteurs au référendum sur la Constitution européenne.

Mardi 22 mars :

- Sommet européen de Bruxelles, au cours duquel est abordée la question de la directive Bolkestein. Le Premier ministre luxembourgeois, qui préside l'UE, a annoncé que "des modifications seront apportées à la directive pour répondre au souci que nous avons de répondre aux exigences du modèle social européen".

- Lors d'une réunion mardi soir, les 36 membres du bureau national du PS décident de rappeler à l'ordre Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez, partisans militants du "non" à la Constitution européenne. Ils ne sont pas suspendus du bureau national.

Jeudi 17 mars :

- Publication du 1er sondage indiquant le non gagant (51%, contre 49%) - CSA-Le Parisien

- 1er meeting des partisans du Non de gauche : Marie-George Buffet, Jean-Luc Mélenchon, Francine Bavray

Mardi 15 mars :

Jacques Chirac s'entretient avec le président de la Commission européenne au sujet de la directive Bolkestein sur la libéralisation des services en Europe qu'il juge "inacceptable". Le président a réclamé une complète "remise à plat".

Vendredi 4 mars  :

- Dans un communiqué, Jacques Chirac annonce que le référendum sera organisé en France le 29 mai 2005.

FEVRIER :

Dimanche 20 février : L’Espagne est le premier des 25 à organiser un référendum lors duquel les Espagnols se prononcent à 76,73 % pour la Constitution.

ANNEE 2004

 1er décembre 2004 : Consultés lors d’un référendum, les militants socialistes français se prononcent à près de 59 % pour le oui à la Constitution.

11 novembre 2004 : La Lituanie est le premier des 25 Etats membres à ratifier la Constitution, par la voie parlementaire. Elle est suivie par la Hongrie le 20 décembre et la Slovénie le 1er février 2005.

29 octobre 2004 : La Constitution est officiellement signée à Rome. Le texte doit désormais être ratifié dans chaque pays selon des procédures différentes (référendum, ratification parlementaire).

14 juillet 2004 : Jacques Chirac confirme dans son allocution  que les Français seront consultés par référendum.

18 juin 2004 : La Conférence intergouvernementale adopte à l’unanimité le texte de Constitution lors du premier sommet de l’Union Européenne élargie à Bruxelles.

Camille PEUGNY

le 08 avril 2005 à 17:45
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