Chirac : la presse critique et peu convaincue

le 15 avril 2005 à 08h35 , mis à jour le 15 avril 2005 à 08h40

La presse de vendredi ne ménage pas ses critiques au lendemain de la prestation télévisée de Jacques Chirac pour défendre le oui à la Constitution européenne.

une du figaro après intervention chirac tf1 14 avril 2005

Alors que le non au référendum du 29 mai est en tête dans les sondages, "l'opération de sauvetage" pour se porter "au secours du oui" à laquelle s'est livré le président de la République, pour reprendre les titres des Echos et de La Voix du Nord, n'a guère convaincu la presse. "Chirac rame", titre sans détour le Parisien/Aujourd'hui, qui parle d'une "émission compliquée, chaotique et au total très décevante". "N'ayez pas peur" ou "N'ayons pas peur": La formule, utilisée en son temps par Jean Paul II et martelée jeudi soir par le chef de l'Etat, fait la Une de la Tribune aux Dernières Nouvelles d'Alsace, en passant par le Dauphiné libéré, le Courrier picard, Sud-Ouest, La Charente libre ou Ouest-France. Cela fait dire à Jacques Camus dans La République du Centre que Jacques Chirac s'est, en quelque sorte, posé en "pape de l'Europe". "Le conseil est bon mais le président a procédé par injonction plus que par la démonstration", écrit Michel Richard dans le Midi libre. "Pas sûr que la référence papale du président rassure son camp, celui du 'oui', tant la démonstration a paru laborieuse", commente Francis Laffon dans L'Alsace.

Chirac, "prof du oui"

Les Dernières Nouvelles d'Alsace a vu un président "pas au meilleur de sa forme", "trop souvent sur la défensive pour véritablement emporter l'adhésion", selon Libération Champagne. Hubert Coudurier dans Le Télégramme pointe les "tentatives un peu laborieuses de désamorcer l'angoisse des jeunes face à l'avenir" de la part d'un Jacques Chirac "maître d'école", "prof de oui" qui s'est livré, pour Libération, à un "cours du soir". France Soir retient plutôt le côté "grand show" médiatique. "Jacques Chirac, empêtré dans des considérations techniques, n'a guère fait rêver ses interlocuteurs", remarque Gilles Dauxerre dans La Provence. "Habité d'une foi européenne comptée, Européen de raison plus que de passion, le chef de l'Etat n'aura ni emballé, ni converti grand monde", renchérit Franck De Bondt dans Sud-Ouest.

"Totalement râté"

L'argumentaire présidentiel, selon Philippe Waucampt dans le Républicain lorrain, "n'a jamais rencontré son auditoire, en soi représentatif de l'esprit français du moment". Pour Christian Digne dans La Marseillaise, il est vrai partisan du non, l'exercice est "totalement raté". Le président n'a guère trouvé grâce qu'aux yeux du Figaro, qui parle d'un "vigoureux plaidoyer en faveur du 'oui'", et de la Nouvelle République du Centre-Ouest qui parle d'un "Chirac-show fut plutôt vivant et réussi". Michel Bassi salue également dans L'Eclair des Pyrénées la "belle pugnacité" de Jacques Chirac. "Après cet exercice mi-figue mi-raisin de communication élyséenne, on sait déjà que pour sauver le 'oui', Jacques Chirac devra faire campagne autrement", estime Pierre Taribo dans L'Est républicain.

le 15 avril 2005 à 08:35
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