
Valéry Giscard d'Estaing continue son pèlerinage pour le oui. L'ancien chef de l'Etat parlait lundi aux étudiants de Sciences Po Aix, privilégiant les publics jeunes dans sa campagne. Se voulant rassurant, il a affirmé que "la Constitution européenne, ce n'est pas le marché débridé, c'est la consolidation du modèle économique et social européen visant le plein emploi". "C'est un modèle que personne ne conteste, à l'exception des nostalgiques du naufrage des économies collectivistes", a-t-il dit.
Il a de nouveau mis en garde contre une victoire du non le 29 mai. "La France n'aurait rien à gagner et sans doute pas mal à perdre", a-t-il déclaré. Il a fait valoir que la France devrait tenter de renégocier le texte et qu'on lui demanderait "des concessions", alors qu'elle serait en position de faiblesse car minoritaire. Lors de la Convention qui a élaboré cette Constitution et qu'il présidait, "aucune de nos lignes rouges n'a été franchies", a-t-il insisté, citant notamment "l'exception culturelle".
VGE a rejeté les arguments de ceux qui redoutent une perte d'influence de la France en Europe: "La Constitution apporte un énorme bond en avant" en la matière, a-t-il dit en évoquant les mécanismes de votes qui permettront à la France de "gagner 50% de pouvoirs de décision".
Valéry Giscard d'Estaing a une nouvelle fois rejeté l'idée d'une adhésion de la Turquie à l'UE: "Il n'est pas raisonnable d'envisager à quelque échéance que ce soit l'entrée de la Turquie dans l'UE", a-t-il déclaré. "La bonne piste, a-t-il dit, c'est que dans un délai raisonnable, la France annonce qu'elle proposera" pour la Turquie un système de "partenariats privilégiés".
Delors "raisonnablement optimiste"
Mardi matin, c'est une autre figure européenne qui faisait campagne sur les ondes. Invité de RTL, Jacques Delors s'est déclaré "raisonnablement optimiste" sur le résultat du référendum. "Il faut, et c'est de toute façon notre devoir, témoigner, expliquer, écouter ce que disent les partisans du non", a-t-il expliqué. Interrogé sur l'engagement de Simone Veil, membre du Conseil constitutionnel, dans la campagne du oui, Jacques Delors l'a approuvée : elle s'est mise en congé. Devant un choix historique aussi important pour la France et compte-tenu de ce qu'a fait Simone Veil, de tout ce dont elle a témoigné dans sa vie, je crois qu'elle a le droit de le faire", a-t-il fait valoir.
L'ancien président de la Commission européenne a par ailleurs estimé que la Commission européenne de même que la France auraient pu "agir un peu plus rapidement" face aux exportations chinoises de produits textiles, afin d'obtenir des "clauses de sauvegarde accélérées". Selon lui la France "aurait pu demander formellement, depuis un mois un mois et demi, l'application des clauses de sauvegarde accélérées", ce qui aurait permis de "gagner deux ou trois mois".
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