
Syndicalistes, chômeurs, sans-papiers, salariés, lycéens, grévistes, militants sur l'estrade: au même titre que les têtes d'affiche de la réunion, le "peuple de gauche" s'est défoulé jeudi soir contre la Constitution européenne lors d'un meeting organisé à Paris par le PCF.
Ce rassemblement de 6.000 personnes, selon les organisateurs, a pris l'allure d'une vraie "assemblée générale du non", selon la formule d'un "présentateur" de la réunion. Une trentaine d'intervenants ont pris la parole pour dire, dans une ambiance survoltée ("On va gagner, on va gagner!"), leurs raisons d'appeler à voter contre le texte de la "Constitution de droite libérale". Avant même le début de la réunion, l'émission télévisée du président de la République Jacques Chirac avec 83 jeunes avait été la cible privilégiée des orateurs s'exprimant devant la presse. "Je n'exclus pas que son arrogance nous fasse gagner quelques points ce soir", avait expliqué le sénateur socialiste Jean-Luc Mélenchon.
Intervenant en milieu de meeting, Marie-George Buffet a salué dans le vote non, "un vote citoyen", y voyant "une formidable chaîne de l'intelligence : on travaille, on lit, on débat". Selon la numéro 1 du PCF, tout est lié, Constitution européenne et situation intérieure. "Les Français ont raison d'utiliser le 29 mai pour dire non à cette politique-là", la politique libérale du gouvernement, a-t-elle dit.
Auparavant, M. Mélenchon avait exprimé sa joie de se retrouver dans "la famille" de la gauche, "diverse et convergente dans l'action". "Cet instant, c'est que du bonheur (...). Dans une vie de militant, ce n'est pas souvent qu'on voit se construire des élans populaires à gauche", a-t-il dit. Le sénateur socialiste s'est félicité de voir "le peuple français s'intéresser à son destin, relever la tête" et de constater que, selon lui, "c'est le non de gauche qui structure le non des Français". "Sans nous tous ici, il n'y a pas de gauche gagnante", a-t-il ajouté.
Porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire, Olivier Besancenot, longuement et chaleureusement applaudi par une salle majoritairement communiste, a fait part de son émotion et de son enthousiasme "d'être là" après des décennies de glaciation entre le PCF et la Ligue. A son arrivée, le syndicaliste paysan José Bové avait prédit "un meeting qui fera date dans la campagne" en rassemblant "des gens de tous les milieux, des partisans du non anti-libéral".
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