© INTERNEDANS LE CAMP DU "NON"
Jean-Pierre Chevènement : "Il n'a pas vraiment lu la Constitution"
"Le président s'est mis dans une contradiction insoutenable. (…) Si vraiment le non devait affaiblir durablement la France dans les termes qu'il a employés, le président aurait engagé sa responsabilité ", a déclaré vendredi sur LCI le président d'honneur du MRC. "S'il ne l'a pas fait, c'est qu'il ne croit pas tout à fait ce qu'il dit", a-t-il ajouté.
Laurent Fabius (PS) : "long et peu convaincant"
L'ancien Premier ministre a trouvé Jacques Chirac "long et peu convaincant" et lui a reproché, vendredi sur RTL, d'inviter les jeunes à ne pas "avoir peur", alors que "son argumentation principale était d'essayer de faire peur". "[Le président] ne comprend pas quelle est la situation des jeunes et des moins jeunes", a-t-il ajouté.
Emmanuelli (PS) : "Chirac a menti d'une manière grossière"
Le député PS des Landes a jugé que le président avait été "mal à l'aise" et qu'il "n'a reculé devant aucun mensonge". "Sur l'emploi (...), sur les délocalisations en particulier, le président de la république a menti d'une manière grossière", a estimé Henri Emmanuelli. "Sur la protection de l'Europe en matière de textile par exemple, il a dit l'inverse de ce qu'a dit le commissaire européen à la concurrence Mandelson. Il a osé affirmer que l'Europe pourrait se protéger, alors que le traité constitutionnel prévoit dans son titre l'interdiction d'un tarif extérieur commun", a-t-il ajouté. "Il n'en sort pas grandi, et le traité constitutionnel non plus".
De Villiers (MPF) : "Une succession de banalités"
Le président du Mouvement pour la France, partisan du "non"a jugé jeudi que l'émission avait été "une succession de banalités, comme le plein-emploi, d'injonctions et de mensonges, sur la Turquie ou la directive Bolkestein". "Cette émission est à l'image de la campagne du oui : le oui assène sans arguments. Et la principale imposture consiste à faire croire que cette Constitution qui met fin aux démocraties nationales, va renforcer la France", a-t-il ajouté.
Pasqua (RPF) : "excellent exercice de pédagogie en faveur du non"
Le président du Rassemblement pour la France Charles Pasqua a jugé que le débat avait été "grâce à la pugnacité des jeunes, un excellent exercice de pédagogie en faveur du non". "Selon le président, il y aurait d'un côté le parti de la raison et de l'avenir, et de l'autre celui de l'ignorance et de la peur", a ajouté M. Pasqua dans un communiqué. "J'ai été consterné d'entendre le chef de l'Etat rapetisser la France à chacune des réponses aux questions concrètes et vivantes qui lui étaient posées", a déclaré l'ancien ministre de l'Intérieur.
PCF : "Flop"
Le Parti communiste a ironisé sur un "débat en trompe-l'œil qui a fait flop". Pour le PCF, Jacques Chirac "a marqué son mépris pour un véritable débat politique". "Il a insulté les millions de Françaises et de Français qui, arguments à l'esprit, s'apprêtent à voter non. Pour lui, affirmant gratuitement que les 24 autres pays diront oui, ces femmes et ces hommes feraient de la France, le "mouton noir" de l'Europe", ajoute le PCF dans uncommuniqué. "Il a affirmé qu'il n'y avait pas de renégociation possible. Mais alors, nous n'aurions pas le choix? Le président parle comme si la France, qui a su se faire entendre dans le monde au moment de la guerre d'Irak, était incapable de faire bouger quoi que ce soit en Europe", poursuit le communiqué.
DANS LE CAMP DU "OUI"
François Fillon : "Chirac a clarifié le débat"
Le ministre de l'Education a jugé Chirac "convaincant" mais a estimé qu'"il faudra sans doute d'autres émissions pour permettre, notamment au président, un exposé plus pédagogique de ce qu'est la Constitution, car le nombre d'intervenants rendait les choses parfois difficiles à suivre". Le ministre a ajouté qu'"incontestablement les Français attendent trop de réponses de la Constitution européenne et parfois ils attendent aussi trop de l'Europe."
Philippe Douste-Blazy : "Un 'oui' de conviction"
Le ministre de la Santé a estimé vendredi sur France 2 que "le débat était sans retenue, il était libre" et que Jacques Chirac avait défendu non pas "un oui d'arrogance" mais "un oui de conviction".
UMP : "Un langage de vérité"
L'UMP a salué jeudi "l'exercice inédit de dialogue sans tabou auquel s'est livré" le président Jacques Chirac. "En s'adressant aux jeunes, représentatifs de la diversité de notre pays et à travers eux à tous les Français, le président a fait preuve de pédagogie et tenu un langage de vérité", écrivent les porte-parole Valérie Pécresse et Luc Châtel dans un communiqué.
Accoyer : "Les mots justes"
Bernard Accoyer, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, a estimé dans un communiqué que "Jacques Chirac a répondu aux questions que se posent les Français". "Dans un débat de qualité, clair et respectueux de chacun", "avec force et conviction", il "a su trouver les mots justes et simples pour donner aux Français l'envie d'Europe, d'une Europe organisée pour défendre nos valeurs", selon le député de Haute-Savoie. Il "a donné un nouvel élan à la campagne du oui au référendum", a estimé M. Accoyer.
Raffarin : "Un contact direct, franc, concret"
Le Premier ministre salue dans le dialogue télévisé du président Jacques Chirac jeudi soir avec des jeunes sur la Constitution européenne "un contact direct, franc, concret", dans un entretien à paraître vendredi dans Le Dauphiné Libéré. "En dialoguant avec les jeunes, le président de la République a eu raison. Un contact direct, franc, concret. Des réponses précises qui doivent permettre de surmonter les doutes exprimés par certains de ses jeunes interlocuteurs dans le respect des convictions de chacun", déclare le Premier ministre. "Cette intervention était indispensable pour ramener sur des bases saines le débat sur la Constitution européenne. Le président a fait ressortir la nécessité d'une Europe forte, face aux grandes puissances mondiales, pour garantir le respect de nos valeurs humanistes, le respect des intérêts de la France", ajoute-t-il.
De Sarnez (UDF) : "Frappée par les inquiétudes exprimées"
Marielle de Sarnez, députée européenne UDF, a déclaré jeudi soir à l'AFP avoir été "frappée" par les "inquiétudes" exprimées par les jeunes, concernant notamment des questions de politique française. "J'ai été frappée ce soir de voir que pour beaucoup de jeunes les questions abordées tenaient à la politique française. C'est une attente importante que le gouvernement doit prendre en compte parallèlement", a-t-elle déclaré.
Daniel Vaillant (PS) : "Il a fait son travail"
"Le président a justifié ses choix et défendu ses positions. On verra dans l'avenir s'il a été convaincant" affirme le député socialiste de Paris dans Le Parisien en insistant sur le fait que le président de la République a "fait son travail, qui n'est pas le même que le nôtre". Quand le quotidien reprend la déclaration du président sur le fait que la France risque de devenir le mouton noir, Daniel Vaillant répond : "il a raison. Ce traité a été demandé par la France. par Jacques Chirac mais aussi par le gouvernement Jospin auquel j'appartenais".
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