Un Sarkozy virtuel face aux militants

le 08 avril 2005 à 09h02 , mis à jour le 08 avril 2005 à 09h05

A l'occasion de la campagne référendaire, Nicolas Sarkozy a inauguré jeudi soir les "réunions d'appartement" par audioconférence avec les militants UMP. Pendant 90 minutes, malgré quelques problèmes techniques, il s'est prêté au jeu des questions réponses.

Sarkozy

La première des vingt-quatre audioconférences du président de l'UMP d'ici au 29 mai l'a mis en liaison avec environ 150 personnes réunies chez des particuliers ou dans les permanences UMP de huit villes de France, dans la région parisienne, le Nord, l'Auvergne, l'Hérault ou la Loire. Ces réunions seront organisées les jeudi, vendredi et samedi de chaque semaine. Les responsables de l'UMP - outre Nicolas Sarkozy, les députés européens Brice Hortefeux, Alain Lamassoure ou Roselyne Bachelot notamment - se relaieront pour répondre aux questions.

"Ceux qui organisent sont des adhérents de l'UMP mais ils ont des amis qui ne sont pas forcément conquis. Par conséquent, j'ai un rôle à jouer qui est de faire en sorte que l'ensemble de l'électorat de l'UMP se retrouve dans le choix du oui", a expliqué Nicolas Sarkozy à la presse. Pendant une heure et demie, il s'est livré au jeu des questions-réponses, répondant précisément aux multiples interrogations de l'auditoire: directive Bolkestein, fiscalité, Banque centrale européenne, Turquie, laïcité, un dernier sujet sur lequel "il n'y a pas d'inquiétude à avoir puisque le Conseil constitutionnel a jugé que la Constitution européenne était parfaitement compatible avec la loi sur le voile".

Pas de "Tour d'Ivoire"

"On va se parler clairement", lance-t-il à un agriculteur du Puy-de-Dôme qui semble pencher vers le non. "On a un sacré boulot à faire mais si la France ne ratifie pas le traité, qui défendra la PAC à Bruxelles ?" l'interroge-t-il. "Si on vote non, au mieux, ce sera le statu quo. Au pire, les autres pays, s'ils ratifient la Constitution, continueront l'Europe sans nous", a-t-il conclu.

Ce type d'exercice a aussi une autre vertu aux yeux de M. Sarkozy: susciter de nouvelles adhésions à l'UMP auprès d'un public qui voit que "les responsables du parti ne vivent pas dans une tour d'Ivoire mais sont proches d'eux". Alors qu'il s'est engagé à doubler le nombre d'adhérents en une année, le parti regroupait jeudi - selon un décompte affiché jour après jour au siège du parti - 116.114 membres (dont plus de 91.000 nouvelles adhésions depuis le 1er janvier) contre environ 113.000 en septembre dernier, quand M. Sarkozy a annoncé sa candidature à la présidence de l'UMP.

le 08 avril 2005 à 09:02
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