"Ancienne" et "nouvelle Europe" au secours du oui

le 19 mai 2005 à 12h12 , mis à jour le 19 mai 2005 à 22h37

Gerhard Schröder et Aleksander Kwasniewski ont retrouvé Jacques Chirac ce jeudi à Nancy lors du 6ème sommet du Triangle de Weimar. L'occasion pour les trois dirigeants de plaider pour une Europe qui fonctionne au bénéfice de ses peuples.

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Mercredi soir, une vingtaine de responsables sociaux-démocrates européens étaient venus apporter leur soutien au Parti socialiste, lors d'un meeting pour le oui au Cirque d'Hiver, à Paris. Parmi eux, l'ancien président portugais Mario Soarès, et le président espagnol du Parlement européen, Josep Borrell. Ce jeudi, c'est le président polonais Aleksander Kwasniewski qui est venu, aux côtés de Gerhard Schröder et Jacques Chirac, plaider la cause du traité constitutionnel européen lors du 6ème sommet du Triangle de Weimar, à Nancy. La rencontre s'inscrivait dans le cadre de consultations mises en place à Weimar (ex-RDA) en 1991, un an après la réunification de l'Allemagne, avant d'être élevée au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement en 1993. Fait hautement symbolique, c'est la première fois que la Pologne participait à ces sommets en tant que membre à part entière de l'UE à laquelle elle a adhéré en mai 2004.

Le but de cette rencontre entre les trois dirigeants, à dix jours du référendum et alors que le non refait la course en tête dans les sondages, était de symboliser une Europe qui fonctionne au bénéfice de ses peuples, selon l'Elysée. Ce sommet devait aussi permettre au chef de l'Etat d'intervenir une nouvelle fois dans la campagne référendaire, lors d'une conférence de presse conjointe à la mi-journée.

"Ne pas laisser tomber les autres Européens"

"J'imagine que les Français, conscients et attachés à la vocation sociale de la France, comprendront l'effort qui a été fait pour la confirmer dans le traité constitutionnel européen", a ainsi plaidé Jacques Chirac, s'attaquant à l'un des arguments des tenants du "non de gauche". "La Constitution est la meilleure que l'on pouvait avoir, et un élément déterminant pour le respect qu'on doit avoir de la vision sociale de l'Europe de demain". Concernant les conséquences d'une possible victoire du non au référendum du 29 mai : il n'y aura "évidemment pas de rénégociation" du traité constitutionnel européen, a ajouté le chef de l'Etat. Avant d'user d'arguments plus percutants : "sur quelles bases" pourrait-on renégocier, a-t-il noté, "sur les propositions du Front National ou du Parti communiste français, ou sur un cocktail des deux ? Ce serait vouloir tromper les Français et les Françaises" que de faire "ce genre d'affirmation", a-t-il conclu.

Les dirigeants allemand et polonais sont intervenus dans le registre "l'Europe a besoin de la France". "L'idée de l'Europe a vu le jour ici en France. La France a la responsabilité de ne pas laisser tomber les autres Européens. C'est la requête que nous vous adressons aujourd'hui, avec humilité", a déclaré le chancelier allemand. Avant d'affirmer, un peu plus tard, que l'hypothèse d'un plan B en cas de rejet du traité est une "pure illusion".  "Nous avons besoin de la France en tant qu'architecte de cette construction européenne, j'ai la conviction que les Français, le 29 mai, vont dire oui", a dit pour sa part Aleksander Kwasniewski.

Mais ce triple plaidoyer ne constituait pas le motif officiel de la rencontre. A leur ordre du jour, les trois dirigeants avaient notamment le prochain budget 2007-2013 de l'UE, sur lequel les 25 Etats membres sont divisés, en vue de parvenir à une position commune des trois pays avant le Conseil européen des 16 et 17 juin à Bruxelles. Ils ont donc annoncé depuis Nancy être d'accord pour "exiger de rediscuter et de réaménager le chèque britannique" au budget européen, c'est-à-dire le rabais dont bénéficie la Grande-Bretagne depuis 1984. Concernant plus spécifiquement le différend commercial entre l'UE et la Chine, source d'inquiétudes pour l'emploi dans le secteur du textile, Jacques Chirac a jugé par ailleurs que les mesures de européennes étaient "importantes mais pas encore suffisantes" pour répondre aux importations chinoises, qui risquent "de mettre à mort l'activité d'un nombre important de travailleurs" en Europe.

Photo d'ouverture : les trois dirigeants à nancy, jeudi - DR

le 19 mai 2005 à 12:12
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