L'appel de Chirac à l'Outre-mer

le 20 mai 2005 à 19h37 , mis à jour le 20 mai 2005 à 19h59

Le chef de l'Etat s'est adressé directement vendredi à l'électorat d'Outre-mer, plutôt favorable au oui mais traditionnellement peu mobilisé lors des scrutins européens, en lui demandant de se rendre aux urnes pour le référendum du 29 mai.

Chirac adresse des voeux "utiles" © INTERNE

Les quelque 1,4 million d'électeurs de l'Outre-mer sont a priori favorables à la Constitution, mais le taux d'abstention aux élections européennes est traditionnellement très élevé dans ces collectivités éloignées de la métropole. Dans un contexte toujours marqué par un avantage au non dans les sondages à l'approche du référendum du 29 mai, Jacques Chirac a donc décidé d'en appeler à cet électorat peu mobilisé, mais qui serait susceptible de faire pencher la balance en faveur du oui. Il l'a fait par le biais d'une intervention télévisée enregistrée à l'Elysée, et diffusée vendredi et samedi sur RFO.

"Je demande à tous nos compatriotes d'Outre-mer, le 28 et le 29 mai, de mobiliser l'ensemble de nos concitoyens d'Outre-mer pour qu'ils aillent voter, comme ils le veulent naturellement (...) car, rarement dans leur histoire, leur avenir aura autant été impliqué par une décision politique", a déclaré Jacques Chirac. Le chef de l'Etat a fait valoir que, "plus que pour tout autre Français, la Constitution et une approbation de la Constitution est indispensable pour l'Outre-mer, si l'on veut garantir les intérêts et les valeurs de l'Outre-mer français".

"Nous avons une influence parce que nous pesons"

Un appel à voter renforcé par un argument de poids : celui des aides agricoles. Jacques Chirac a ainsi assuré que la Constitution européenne garantira, si elle est ratifiée, les aides européennes aux exploitations agricoles d'Outre-mer. En revanche, "s'il n'y a pas de Constitution, la France sera toujours obligée d'aller réclamer", a expliqué le président de la République. Chose il est vrai toujours possible, même si Jacques Chirac l'estime malaisée en cas d'une non-ratification par la France du traité constitutionnel européen : le président a jugé que la France "pourra réclamer, mais si elle s'est exclue de la construction européenne, pensez-vous réellement que les autres pays, dont l'immense majorité n'a pas de territoires d'Outre-mer, de départements d'Outre-mer, de régions ultrapériphériques, vont nous suivre ? Pas du tout".

Jacques Chirac a donc également mis en garde contre l'exclusion que constituerait, selon lui, une victoire du non au référendum. "Nous avons une influence parce que nous pesons. Si demain, nous nous excluons, comment irons-nous défendre des intérêts qui ne sont absolument pas ceux de la plupart de nos partenaires ? C'est donc capital que la France puisse, demain, défendre les intérêts de ses départements et territoires d'Outre-mer. La Constitution les garantit. Si la France ne la vote pas, elle n'aura même plus la possibilité de les défendre avec certitude et avec puissance", a insisté Jacques Chirac.

Photo d'ouverture : Jacques Chirac - archives

le 20 mai 2005 à 19:37
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