Chirac annoncera sa décision mardi

le 30 mai 2005 à 09h39 , mis à jour le 30 mai 2005 à 19h48

Jacques Chirac s'adressera aux Français mardi soir pour leur annoncer sa décision concernant la "nouvelle impulsion" promise après l'écrasante victoire du "non" au référendum. Les prétendants à la succession de Jean-Pierre Raffarin ont été reçus à l'Elysée tout au long de la journée, alimentant les spéculations.

Javques Chirac Japon © lci

Nicolas Sarkozy ? Dominique de Villepin ? Michèle Alliot-Marie ?... Les noms des possibles successeurs de Jean-Pierre Raffarin à Matignon circulent et les spéculations vont bon train. Lundi, alors qu'une ambiance de départ envahissait Matignon, où les collaborateurs de Jean-Pierre Raffarin archivaient des dossiers ou en jetaient d'autres, les prétendants se succédaient à l'Elysée. L'actuelle ministre de la Défense devait, en fin d'après-midi, être la dernière reçue avant que Jacques Chirac ne prenne une décision. Décision qu'il annoncera mardi soir aux Français, lors d'une allocution radio-télévisée, a indiqué l'Elysée.

Avant Michèle Alliot-Marie, le chef de l'Etat a reçu successivement au cours de la journée de lundi Jean-Pierre Raffarin, pour une courte rencontre d'une demi-heure ; le président de l'UMP Nicolas Sarkozy, avec lequel il s'est au contraire entretenu pendant une heure et quart, une durée qui a entretenu les rumeurs sur les chances du leader de l'UMP d'accéder à Matignon ; le président de l'UDF François Bayrou ; le ministre de l'Intérieur Dominique de Villepin, autre proche de Chirac et prétendant très fréquemment cité ; le ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy ; le ministre de la Cohésion sociale Jean-Louis Borloo.

Le chef de l'UDF a estimé qu'avant de se poser la question d'une participation au gouvernement, il fallait en connaître le cap. Et, d'ajouter, en référence aux propos de Nicolas Sarkozy : "Je ne connais pas le cap, mais je ne pense pas qu'annoncer aujourd'hui aux Français qu'on va réformer le code du travail soit une idée mobilisatrice pour le pays, ni reçue comme juste".

"Réunion d'adieux" à Matignon

Outre cette série d'entretiens discrets, dont la teneur n'a pas été révélée, Jacques Chirac a rencontré le président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, un autre fidèle chiraquien, et le président du Sénat, Christian Poncelet. Ce dernier a plaidé sur la chaîne Public Sénat pour "un gouvernement avec une équipe ramassée", faisant place à des membres de l'UDF, et souhaité une action rapide, le cas échéant "par ordonnance", sur l'emploi, l'immigration et la préférence communautaire.

Alors que le chef de l'Etat consultait ainsi les chefs de la majorité, le Premier ministre préparait son départ. Lundi en fin d'après-midi, des moyens techniques avaient été installés dans un des salons du rez-de-chaussée de l'hôtel Matignon en vue d'une éventuelle prise de parole. Vers 16h30, Jean-Pierre Raffarin a réuni les membres de son cabinet, militaire et civil, au grand complet. Interrogé, l'un d'eux a concédé que c'était une "réunion d'adieux". En cours de matinée, avant sa rencontre avec le chef de l'Etat, il avait aussi réuni ses principaux ministres à Matignon. Dominique de Villepin, Michèle Alliot-Marie, Michel Barnier (Affaires étrangères), Thierry Breton (Economie), Philippe Douste-Blazy, Dominique Perben (Justice), François Fillon (Education), Renaud Donnedieu de Vabre (Culture), Dominique Bussereau (Agriculture), Gilles de Robien (Transports), Jean-Louis Borloo et Claudie Haigneré (Affaires européennes) étaient notamment présents.


Un non populaire, rural, nordiste et sudiste 

Selon une enquête Ipsos, le résultat a été avant tout provoqué par un mécontentement sur la situation économique et sociale française, et ensuite par une volonté de rejet d'un projet jugé trop libéral. Le vote non concerne d'abord les catégories à faible pouvoir d'achat (ouvriers, employés, artisans, agriculteurs) et davantage les zones rurales, une situation qui pousse les syndicats à revendiquer "un sursaut dans le secteur social", selon les termes de François Chérèque (CFDT).
Géographiquement, le vote non a nettement dominé le nord et le midi, le oui l'emportant en région parisienne, dans l'ouest (Bretagne et Pays-de-Loire) et en Alsace, ou encore dans les DOM. A Paris, à contre-courant du reste de la France depuis près de dix ans, le oui a recueilli 66,45% des suffrages, mieux qu'à Lyon (61,35%). En revanche, les Marseillais ont voté non à 61,17%.

Photo d'ouverture : discours officiel de Jacques Chirac - archives

le 30 mai 2005 à 09:39
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience