© INTERNE- PARTISANS DU NON
A gauche
Jean-Luc Mélenchon (sénateur socialiste de l'Essonne) a assuré que Jacques Chirac "s'est adressé aux personnes qui n'ont pas lu le texte de la Constitution, avec l'espoir qu'elles ne le fassent jamais". "En effet, si elles le faisaient, elles découvriraient que l'harmonisation sociale énoncée trois fois par Jacques Chirac est explicitement interdite à l'article III-210. "Elles constateraient que l'augmentation du poids de la France, exaltée par Jacques Chirac, se traduira par la disparition régulière de tout commissaire français, puisque cet organisme passe de 25 à 18 membres. Quant au service public, elles apprendront à l'article III-418 que les Etats s'efforceront de libéraliser les services au-delà même de ce que prévoira la loi européenne".
Jean-Pierre Chevènement (président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen) estime que Jacques Chirac "excelle à faire prendre aux Français des vessies pour des lanternes. Il nous a décrit la Constitution comme si elle était neutre et permettait de faire n'importe quelle politique. On a vraiment l'impression qu'il ne l'a pas lue. Il n'est pas vrai, par exemple, que le poids de la France serait renforcé au Conseil européen. Les talents d'illusionniste du président de la République ont une limite. Ils ne cachent pas par exemple la rupture avec le principe de parité des grands Etats que les pères fondateurs avaient voulu instituer. C'est habile, mais ce n'est tout simplement pas vrai".
Arlette Laguiller (porte-parole de Lutte Ouvrière) estime que Jacques Chirac "n'est décidément pas à une contradiction près. "Il a réussi le tour de force de prétendre que la Constitution européenne est un système qui tire le social vers le haut, tout en vantant le principe de subsidiarité -c'est-a-dire que dans le domaine social, chaque Etat fera très exactement ce qui lui plaira. Là où il a été sincère, c'est en disant -sans condamner le fait lui-même- que le chef d'entreprise qui avait proposé en période électorale à ses salariés des reclassements à 110 euros par mois en Roumanie, 'aurait mieux faire de se taire'. Ce n'est pas la description apocalyptique de ce qui se passera d'après lui si le non l'emporte, qui nous convaincra que cette constitution faite pour le patronat mérite autre chose qu'un non retentissant de la part des travailleurs".
Francine Bavay (Verts, vice-présidente du Conseil régional d'Ile-de-France), a qualifié Jacques Chirac de "bonimenteur" qui "nous vend les Etats-unis des états et des peuples, mais dommage que ce soit sans les peuples". Le chef de l'Etat "nous vend que la France va être représentée plus que son poids en Europe, donc une constitution inégalitaire. Il nous vend la recette miracle contre les délocalisations : 60 000 emplois en Roumanie créent 15 000 emplois en France. Il ment effrontément. Le peuple européen va répondre : 'nous allons lui faire 1789 en 2005'".
A droite
Jean-Marie Le Pen (président du Front national) a affirmé que Jacques Chirac, "refusant toujours de débattre avec des adversaires politiques", "s'est fait servir la soupe par des compères sur France-2". "La Constitution européenne enracine la démocratie. Sa conception de la démocratie, c'est 100 % du temps pour le oui dont il récite les arguments les plus éculés et les plus anti-nationaux et 0 % pour le non dont les Français n'ont pas à connaître les raisons. Les citoyens ont eu ainsi une claire illustration du caractère totalitaire d'une Constitution fondamentalement hostile aux libertés nationales".
Debout La République (mouvement souverainiste présidé par le député UMP Nicolas Dupont-Aignan) a estimé qu'"une nouvelle fois, Jacques Chirac donne l'impression de ne pas avoir lu la Constitution dont il vante les mérites. La réalité du texte est aux antipodes des beaux principes que nous partageons tous. Pour aider Jacques Chirac à bâtir l'Europe de ses rêves, la seule solution est de voter massivement non".
PARTISANS DU OUI
A gauche
Le Parti socialiste souligne que Jacques Chirac "explique aujourd'hui ce qu'il aurait d expliquer depuis dix ans. L'Europe doit être une pédagogie constante. La prérogative du chef de l'Etat dans la Ve République, ce sont les affaires internationales et européennes. C'est donc de sa responsabilité de donner l'impulsion nécessaire pour un projet européen. La construction de l'Europe n'a rien d'un long fleuve tranquille et Jacques Chirac s'aperçoit qu'il n'a pas suffisamment préparé les Français à en dépasser tous les obstacles".
A droite
L'UDF estime que Jacques Chirac a eu "un ton convaincant et engagé" et que l'émission "était beaucoup plus utile et plus structurée que sa précédente intervention télévisée. Elle a permis de bien éclairer les enjeux de ce référendum. Le président Chirac a notamment indiqué qu'il n'y a pas de oui de gauche ou de droite, ce que ne cesse de dire François Bayrou. "La Constitution européenne a été en effet fortement inspirée par la France notamment pour les services publics et pour l'Europe sociale. Voter non ce serait laisser le champ libre aux partisans du libre-échange. L'Europe est une cause qui doit rassembler. Le chef de l'Etat a dit de manière claire qu'une victoire du non serait un échec pour la France, c'est ce que doivent retenir les Français. Par voie de conséquence, une victoire du oui serait une victoire pour la France et pour l'avenir des Français".
L'UMP salue la "force de conviction du président de la République sur la constitution européenne. En répondant aux inquiétudes exprimées par les Français, et en mettant en lumière les progrès que le traité apportera au projet européen, Jacques Chirac a fait preuve de pédagogie et de combativit. Clair et argumenté, il a démontré que les Français, plus que tous autres, doivent être fiers des valeurs contenues dans la constitution européenne, fille de 1789. Il a rappelé que, sur l'essentiel, la France avait obtenu, dans la rude négociation qui a précédé la signature du traité : préservation des services publics, affirmation de l'exception culturelle, droits de vote".
Bernard Accoyer (président du groupe UMP à l'Assemblée nationale), a salué le message "convaincant, clair et volontaire" en faveur de la Constitution européenne. "Plus que jamais à l'écoute des Français, Jacques Chirac a fait preuve de pédagogie en nous faisant comprendre les vrais enjeux du référendum. Au-delà des clivages politiques, le chef de l'Etat a réaffirmé avec force et conviction que l'avenir de l'Europe, c'est aussi l'avenir de la France".
(photo d'archives : Jean-Pierre Chevènement)
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