© INTERNEJacques Chirac
Le rejet du traité européen par les Français constitue un sévère échec pour le chef de l'Etat. Après la dissolution ratée de 1997, le voilà de nouveau confronté à une défaite électorale qui vient sérieusement assombrir son deuxième mandat et qui pourrait l'empêcher probablement d'en envisager un troisième. Après s'être engagé pleinement dans cette bataille, il voit son crédit fortement entamé sur la scène européenne. Jacques Delors affirmait vendredi qu'il ne "voudrait pas être à la place d'un Chirac" arrivant au prochain sommet "avec une pancarte Non dans le dos !". Quoi qu'il en soit, fort de son expérience internationale, le président de la république tentera de rebondir en se posant en garant des intérêts français au sein d'une Europe sonnée. Sur le plan intérieur, il donnera une "nouvelle impulsion" à son action pour répondre à la crise sociale. Pour cela, il choisira un gouvernement de fidèles probablement dirigé par Dominique de Villepin.
L'UMP de Sarkozy
Pour Nicolas Sarkozy, tout commence lundi matin. En ligne de mire, sa candidature en 2007. Accusé par certains de ne pas mettre toute son énergie au service du oui pendant la campagne, le patron de l'UMP a mis les bouchées doubles dans les dernières semaines. Dans ses nombreux déplacements, il a rodé son discours pour la présidentielle à venir en prônant "une autre façon de faire de la politique". En tant que chef de la majorité, la logique voudrait qu'il soit appelé à Matignon par Jacques Chirac. Mais la logique en politique obéit à d'autres règles. Et la promotion de son rival Dominique de Villepin ne saurait apaiser ses relations avec l'Elysée. Se voulant "plus libre que jamais", Nicolas Sarkozy réunira le 11 juin les cadres de l'UMP pour tirer les leçons du scrutin et mobiliser son parti pour tenter de s'imposer comme le candidat naturel de la droite en 2007.
L'UDF de Bayrou
Coincés entre l'UMP et les socialistes partisans du oui, les centristes n'ont pu se faire vraiment entendre pendant la campagne alors même que l'Europe constitue le pivot de leur discours. Contraint de soutenir Jacques Chirac et le camp du oui, François Bayrou a dû faire taire momentanément ses critiques, ce qui l'a rendu inaudible. Dès lundi, il réunira le bureau politique de son parti pour tirer les leçons du scrutin. Parmi les sujets de débats, une éventuelle participation de l'UDF au futur gouvernement. Depuis toujours opposé à cette stratégie, le patron des centristes aura fort à faire pour convaincre ses fidèles de rester en dehors de l'action gouvernementale. Pour lui, l'objectif est de développer dès maintenant sa stratégie pour 2007 : incarner l'alternative à droite et au centre au modèle libéral vanté par Sarkozy.
Le MPF de Villiers et le FN de Le Pen
Philippe de Villiers apparaît comme le vainqueur à droite de cette bataille référendaire. Avec sa verve et ses arguments qui font mouche, il a volé la vedette à un Jean-Marie Le Pen fatigué. Le leader souverainiste a réussi à réunir plus de monde au Palais des Sports que Nicolas Sarkozy. Comment le Vendéen va-t-il capitaliser sur cette campagne référendaire pour 2007 ? Réponse dans les mois à venir. Philippe de Villiers sait que les élections nationales sont toujours difficiles pour lui mais il compte sur les bénéfices de la guerre de succession à venir au FN.
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