Le coup de sang de Sarkozy

le 25 mai 2005 à 16h40 , mis à jour le 26 mai 2005 à 10h01

A l'occasion d'un petit déjeuner à Matignon, mercredi, le patron de l'UMP aurait considéré que l'issue du référendum était "râpée". Avant de lancer que "le gouvernement aura intérêt à suivre le parti" à l'issue du scrutin...

Sarkozy Nicolas Congrès UMP pardon ? © lci

Après la "grosse fatigue", place à la grosse colère. Nicolas Sarkozy, que l'on dit "éprouvé" par des déboires conjugaux, a surpris toute l'assistance (principaux responsables de l'UMP, des groupes parlementaires ainsi que des ministres), mercredi matin, lors du traditionnel petit déjeuner hebdomadaire à Matignon.

A en croire les propos rapportés par "un responsable de l'UMP" à l'AFP, Nicolas Sarkozy se serait énervé à plusieurs reprises au sujet du référendum du 29 mai. Prenant la parole après Jean-Pierre Raffarin qui, une nouvelle fois, venait de mettre en garde ses invités contre tout "défaitisme", le patron de l'UMP se serait emporté, lançant, lapidaire : "Ça fait pas mal de temps que je vous dis que c'est râpé". Ambiance…

"Il faut tout changer, notre façon de faire de la politique, le code du travail"

Imperturbable, Jean-Pierre Raffarin aurait alors repris la parole, reconnaissant que compte tenu des circonstances, il convenait d'envisager la victoire du "Non" et surtout, ses conséquences. "On serait alors en situation de crise", aurait-il dit en substance.

Une perspective qui ne semblait pas alarmer plus que ça le ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy, qui aurait affirmé que, dans une telle situation, on "pouvait faire confiance au chef de l'Etat". Une bonhomie qui aurait une nouvelle fois fait sortir Nicolas Sarkozy de ses gonds. Agacé, il aurait lancé : "Il faut tout changer, notre façon de faire de la politique, le code du travail", avant d'ajouter qu'après le 29 mai, il ferait voter les militants sur ces différents points et que "le gouvernement aura intérêt à suivre le parti".

Interrogé par Reuters jeudi matin, le porte-parole de Nicolas Sarkozy a démenti jeudi tout défaitisme du président de l'UMP : "Non, Nicolas Sarkozy n'a jamais dit que c'était perdu pour le oui. Il a dit: 'les sondages m'amènent à être pessimiste mais il faut faire campagne jusqu'au bout' ", a-t-il déclaré.

Sarkozy attaque Villepin… qui ne se sent pas concerné

En meeting à Nice mercredi soir, le président de l'UMP a semblé viser le ministre de l'Intérieur, l'un des successeurs possibles de Jean-Pierre Raffarin à Matignon, en estimant que seuls ceux qui ont affronté le suffrage universel ont le droit de parler "au nom de la France". "Je crois que c'est faire injure à Nicolas Sarkozy de lui prêter de tels sentiments. J'ai fait une longue route avec lui, nous entretenons des relations anciennes, des relations d'amitié, il sait que je lui ai tendu la main souvent dans la vie politique", a répondu M. de Villepin.

Photo archives : Nicolas Sarkozy, le 28 novembre 2004 au Bourget, lors de son élection à la tête de l'UMP.

le 25 mai 2005 à 16:40
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