Le PS se déchire pour un oui ou pour un non

Par , le 17 mai 2005 à 18h16 , mis à jour le 17 mai 2005 à 20h17

Jusque là, la bataille référendaire chez les socialistes était sourde. L'offensive de Laurent Fabius pour le non provoque une cristallisation des déchirures au grand jour.

[Expiré] [Expiré] hollande et fabius portrait AFP © AFP

Si Jacques Chirac avait pour objectif caché de diviser la gauche en soumettant la ratification du traité européen au peuple, il semble avoir réussi au delà de ses espérances. Mais il n'avait sans doute pas imaginé le possible effet dévastateur de ces divisions sur l'issue même du référendum français.

A douze jours du scrutin, la remontée du non dans les sondages et la descente dans l'arène de Laurent Fabius provoquent règlements de comptes et petites phrases assassines chez les socialistes. Mardi matin, la charge est venue sans détours d'un patron du PS très remonté. "C'est crédible quand on a été Premier ministre et ministre de l'Economie, qu'on a fait les choix que chacun connaît, maintenant d'aller faire la cour à l'Humanité ou à José Bové ? Cela fait sourire", a lancé François Hollande sur France Info. Le député-maire de Tulle s'est demandé sur quelle ligne Laurent Fabius entendait rassembler la gauche si le non l'emportait , "celle de l'extrême-gauche, d'Olivier Besancenot ou de José Bové".

"Il faudra s'expliquer après le référendum"

De son côté, Martine Aubry a affirmé en avoir "assez des contre-vérités, Laurent Fabius n'a pas raison contre tous les partis socialistes européens et la quasi totalité des syndicats". La maire de Lille a estimé qu'un "clivage" était en train de se créer "entre une gauche dénonciatrice" et une "gauche qui veut se battre" et qu'il faudra "s'en expliquer" après le référendum.

Quant à Dominique Strauss-Kahn, il n'a pas encore ajouté sa voix à ce concert de fausses notes. Seul un de ses proches s'est exprimé mais là encore sans prendre de gants. "Ce devait être un débat, c'est déjà un pugilat, la gauche s'entre-déchire, creuse des fossés, monte des barricades en papiers, et jette des pavés de langues de bois dans la mare européenne", affirme Jean-Christophe Cambadélis.

Pendant ce temps-là, Laurent Fabius continue lui de jouer sa carte et argumente sur le fond dans une interview au quotidien communiste L'Humanité. Il y répète sa conviction d'une renégociation du traité européen en cas de vote négatif des Français. Quant aux critiques dont il fait l'objet, il les néglige et préfère insister sur la nécessité de préserver "l'unité des socialistes et de la gauche". Comme si dans sa tête, il avait déjà gagné la partie et entendait s'imposer comme le rassembleur d'une gauche ressourcée.

Par Renaud Pila le 17 mai 2005 à 18:16
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience