
Fin de la campagne référendaire. Depuis vendredi minuit, les déclarations politiques dans les médias et les sondages sont interdits. Seuls les meetings peuvent se tenir jusqu'à ce soir minuit. Si en métropole le scrutin ne se déroulera que dimanche, les ultra-marins commenceront à voter dès ce midi en raison du décalage horaire. Les électeurs de Saint-Pierre-et-Miquelon seront les premiers à voter à partir de 12h, heure de Paris et ceux de Mayotte fermeront le vote de l'Outre-mer, dimanche soir à 19 heures à Paris.
Ultimes meetings
Vendredi soir, les deux camps ont lancé toutes leurs forces dans leurs ultimes meetings. Du côté du oui, deux rassemblements : l'un à Lille, avec notamment François Hollande, Martine Aubry, Pierre Mauroy, Jack Lang ainsi que des invités d'honneur européens (le chef du gouvernement espagnol Jose Luis Zapatero et le numéro 1 du PS belge Elio du Rupo), l'autre à Toulouse avec Dominique Strauss-Kahn et la participation du chancelier allemand Gerhard Schröder ; du côté du non, un rassemblement à Paris avec Henri Emmanuelli.
"L'Espagne vote oui, la France vote oui, l'Europe vote oui", a lancé à Lille, au côté de François Hollande, Jose Luis Zapatero, avant d'affirmer que "l'Europe a besoin de la France, de son enthousiasme, de sa culture, de sa force et de son élan". Et poursuivant dans une veine symbolique, le chef du gouvernement espagnol a poursuivi : "Le oui est un chemin, une route tracée, le oui est optimiste, le oui est chargé d'avenir, le oui est heureux. Le non c'est un labyrinthe, le non est triste, le non est pessimiste". Intervenant également au meeting de Lille via une liaison en duplex, Gerhard Schröder a exhorté les Français à "voter oui de tout leur coeur et de toute leur tête" et à "dire clairement oui à la Constitution" pour laquelle "nous nous sommes battus". Les deux pays "ont une grande responsabilité" pour que "dure l'Europe éternelle". Ils doivent "assumer leurs responsabilités pour les générations futures", a plaidé le chancelier.
"Nous allons gagner"
A Lille comme à Toulouse, les hérauts socialistes du oui ont tenté une dernière fois de recentrer le débat sur les seules questions européennes. "Dimanche, il faut utiliser le bulletin oui pour dire oui à l'Europe et à la Constitution et garder, dans sa poche, le bulletin non pour dire non à la droite en 2007", a demandé François Hollande, premier secrétaire du PS à "tous les électeurs de gauche". Pour Dominique Strauss-Kahn, "le peuple français ne décide pas dans les sondages" et "à mesure que les Français se débarrassent des préoccupations qui sont légitimement les leurs", ils reviennent "à la seule vraie question, celle de la construction de l'Europe avec nos amis européens". Et d'assurer : "Nous allons gagner, dimanche soir, la France aura voté oui".
Les grandes figures européennes ont également été appelées à la rescousse du meeting de la gauche pour le non à Paris. La gauche pour le non "n'est pas seule", a assuré Henri Emmanuelli en citant notamment l'ancien ministre allemand du SPD Oskar Lafontaine. "Le débat que nous avons lancé se propage dans toute l'Europe", a affirmé le député des Landes sous les applaudissements de quelque 1.500 personnes. "Il n'y a pas de victoire possible quand on commence à dénigrer des pans entiers de la gauche, à dénigrer le peuple de gauche".
A ceux qui craignent les conséquences d'un "non", Henri Emmanuelli a encore fait valoir que "le non n'est pas la fin de quelque chose, c'est le début de quelque chose, c'est le début d'une immense espérance". "Et elle vous appartient", a ajouté le député des Landes. "Rien n'est joué, tant que les Français ne se sont pas exprimés, la bataille ne sera ni gagnée ni perdue. La bataille est devant nous, pas derrière nous".
Photo d'ouverture : le meeting du PS pour le oui à Lille, vendredi soir, avec François Hollande et Jose Luis Zapatero - DR
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