Faudra-t-il revoter ?

le 27 mai 2005 à 15h36 , mis à jour le 27 mai 2005 à 18h18

Que faire en cas de victoire du non au référendum de dimanche ? Voter une nouvelle fois, plus tard, sur le même texte. Et en attendant ce nouveau scrutin, poursuivre les ratifications dans les autres pays. Pour Valéry Giscard d'Estaing, "il n'y aurait pas d'autre solution". Des propos qui irritent les tenants du non.

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Devant la constance des sondages plaçant le non en tête dans les intentions de vote, l'hypothèse d'une nouvelle consultation des Français sur le traité constitutionnel européen est évoquée avec de plus en plus d'insistance. Dernier en date, le "père" du texte, Valéry Giscard d'Estaing, a affirmé vendredi matin sur LCI qu'en cas de victoire du non le 29 mai, "il n'y aurait pas d'autre solution" que de revoter sur le même texte. Après le référendum français, même si le non l'emporte, "évidemment, les ratifications continueront", a indiqué l'ancien président de la République. "Ce serait injurieux pour les autres. Tout le monde a commencé (...) Si un pays ou un autre dit non, cela ne va pas arrêter les procédures des autres". Et depuis Berlin, où il a assisté à la ratification du traité par l'Allemagne, VGE a ajouté qu'il "ne pouvait pas y avoir d'autres constitutions pour l'Europe".

Réaction immédiate de Laurent Fabius, opposé au texte : le n°2 du PS a estimé qu'"une fois que le peuple français aura tranché", Jacques Chirac devra appliquer "la volonté des Français", récusant implicitement un second vote. Dans le texte européen, a souligné l'ancien Premier ministre, "il est dit que si deux ans après la signature, à l'automne 2006, il y a des pays qui ont dit oui et des pays qui ont dit non, les chefs d'Etat et de gouvernement se réunissent pour réexaminer la situation". Or selon lui, "ce sera le cas, puisqu'après la France, les Pays-Bas vont vraisemblablement dire non".

Juncker se prépare à la "catastrophe"

Pour sa part, Henri Emmanuelli, autre tenant du non au PS, a accusé Valéry Giscard d'Estaing de vouloir "s'asseoir sur la souveraineté du peuple français". "Il nous explique que notre vote ne changera rien : il faut, pour la deuxième fois dans sa vie, lui offrir un démenti franc et massif", a ajouté le député des Landes dans un communiqué.

La solution d'un nouveau scrutin en cas de victoire du non dimanche est déjà défendue bec et ongles depuis plusieurs jours par le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, président en exercice de l'UE, à qui il reviendra de gérer les retombées de ce qu'il qualifie d'avance de "catastrophe" pour l'Europe et pour la France. Il a d'ailleurs prévu d'intervenir dès dimanche soir en compagnie du président de la Commission européenne José Manuel Durao Barroso, pour indiquer ce qui est pour lui la seule voie possible : poursuivre le processus de ratification dans les autres pays et demander à la France de revoter. Déclarations qui, précédant celle de Valéry Giscard d'Estaing, avaient déjà suscité l'ire des tenants du non.

Photo d'ouverture : Valéry Giscard d'Estaing vendredi matin sur LCI - DR

le 27 mai 2005 à 15:36
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