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La campagne a été intense. Elle a porté presque autant sur la politique intérieure que sur les enjeux européens, et révélé une profonde fracture dans l'opinion et les partis. Place à présent au vote. Ce dimanche, quelque 42 millions de Français sont appelés à se prononcer par référendum sur "le projet de loi qui autorise la ratification du traité établissant une Constitution pour l'Europe".
Les 64.700 bureaux de vote ont ouverts leurs portes à 8 heures et ne les fermeront qu'à 20 heures. Mais pour la première fois à l'occasion d'un référendum, on pourra voter jusqu'à 22 heures dans les villes qui en ont fait la demande : Paris et Lyon. Le vote a en revanche été avancé de 24 heures, c'est-à-dire au 28 mai, dans plusieurs collectivités d'Outre-Mer - Saint-Pierre-et-Miquelon, Guyane, Martinique, Guadeloupe, Polynésie - ainsi que dans les centres de vote des Français résidant sur le continent américain. Cette mesure, inaugurée aux européennes de 2004, vise à éviter que les électeurs de ces départements votent alors que le résultat est déjà connu en métropole.
Les enjeux du scrutin
Côté organisation, quelque 5.000 agents de l'Etat, tous ministères confondus, devraient être sur le pont en France (dont 3.500 agents du ministère de l'Intérieur), auxquels il faut ajouter plusieurs dizaines de milliers d'agents territoriaux mobilisés dans les 36.000 communes de France. Dans tous les bureaux de vote, un dispositif a été mis en place pour que les électeurs aveugles et mal voyants puissent identifier les bulletins. Il s'agit de deux étiquettes autocollantes reproduisant en braille et en caractère noirs grossis, soulignés sur fond jaune, les mentions oui et non. 837 bureaux de vote sont équipés de matériel de vote électronique.
A l'occasion de ce scrutin, très observé par les voisins européens de la France, pas moins de 240 journalistes se sont fait accréditer au ministère de l'Intérieur, dont une bonne partie est originaire des pays de l'UE. Il leur faudra être patients : aucun résultat, même partiel, ne sera communiqué à la presse avant 22 heures, heure de fermeture des bureaux parisiens et lyonnais, conformément à des consignes ministérielles.
Alors que les derniers sondages publiés, bien que contradictoires, donnaient encore la majorité au non, le résultat de ce référendum s'annonce crucial dans un pays fondateur de l'Union européenne. Un non de la France dimanche ne manquerait pas de se répercuter sur la poursuite du processus de ratification du texte signé le 29 octobre 2004 à Rome par les chefs d'Etat et de gouvernement des 25, et déjà adopté par neuf pays. Un rejet français ouvrirait une période d'incertitude sur la poursuite de la construction européenne et le rôle de la France dans l'UE. Mais les enjeux de ce scrutin seront aussi hexagonaux, à deux ans des élections présidentielle et législatives.
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Photo d'ouverture : les drapeaux français et européen - AFP - Eric Cabanis
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