Les "oui" et les "non" s'affrontent

le 10 mai 2005 à 10h15 , mis à jour le 10 mai 2005 à 11h50

A trois semaines du référendum sur le traité européen, l'ensemble des ténors politiques était réuni lundi soir dans un débat organisé par TF1 : les partisans du oui ont cherché à faire apparaître les contradictions du camp du non.

Débat

Partisans et adversaires de la Constitution européenne se sont livrés à un vif échange, hier soir sur TF1, lors d'un débat sur la Constitution européenne. Après s'être accordés à dire que le résultat serait serré tout en se félicitant du "débat démocratique" engendré par le scrutin du 29 mai, les leaders des partis politiques se sont largement critiqués voire caricaturés. Ainsi, Nicolas Sarkozy a ironisé sur "cet équipage extraordinaire" où "on voit Mme Buffet trôner au milieu de M. Le Pen et de M. de Villiers". ". "Et vous, vous refaites la photo de Paris-Match là, il manque que les deux tabourets", a répliqué le président du Mouvement pour la France, Philippe de Villiers, en référence à la une de l'hebdomadaire où le patron de l'UMP avait été photographié au côté de François Hollande. Le traité constitutionnel est "un progrès à travers les droits sociaux qui sont reconnus à tous les citoyens européens", a pour sa part argumenté le premier secrétaire du PS.

"Je revendique l'incompatibilité avec Philippe de Villiers ou J.M Le Pen", a affirmé de son côté Marie-George Buffet. "Que vous vous sentiez vous compatibles, c'est votre affaire, moi j'estime que la gauche et la droite ce n'est pas compatible, compris pour construire l'Europe", a-t-elle affirmé dans le brouhaha.

"On doit débattre en un temps record"

Depuis le référendum sur le traité de Maastricht, en 1992, "nous n'avons pas eu débat sur l'Europe et c'est un peu loin", a fait remarquer l'écologiste Yann Wehrling. "On doit débattre en un temps record de deux mois de tout ce qui s'est fait ces dernières années en matière européenne". Alors que les sondages donnent le "oui" et le "non" au coude-à-coude, François Hollande a rappelé que "ce qui compte, c'est le résultat", d'autant que "près du tiers du corps électoral n'a pas encore choisi".

Chaque participant au débat a âprement défendu sa propre conception de la construction européenne, les tenants du "oui" insistant sur les "avancées" du traité et ceux du "non" sur ses dangers synonymes d'ultralibéralisme pour les uns, de perte d'identité nationale pour les autres.

De l'avis de François Hollande au contraire, le traité reconnaît des éléments tels que le droit à la santé, à la protection des travailleurs, aux services publics ou à la solidarité entre générations. En matière de protection contre le chômage, de protection sociale et de solidarité, l'exemple de l'Europe est unique au monde, a renchéri François Bayrou.

Nicolas Sarkozy, qui est personnellement "contre l'intégration de la Turquie à l'Union européenne, a affirmé que l'entrée de ce pays "sera plus difficile si nous votons la Constitution". Pour Philippe de Villiers en revanche, "la première précaution" pour empêcher l'adhésion d'Ankara est de dire "non" au traité

le 10 mai 2005 à 10:15
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