
Les principaux acteurs de la campagne référendaire ont délaissé le terrain dimanche pour concentrer leurs efforts sur les traditionnelles interviews dominicales, avant de repartir à l'assaut pour la dernière ligne droite de la campagne. A l'Elysée, Jacques Chirac prépare sa prochaine intervention, dont les "modalités seront précisées en tout début de semaine", selon son entourage. A gauche, Lionel Jospin interviendra mardi soir sur TF1 pour y défendre le "oui".
Le président de l'UMP Nicolas Sarkozy, "fatigué", a finalement opté pour une journée de repos et renoncé au 20H de TF1, où il a été remplacé par le ministre de la Cohésion sociale Jean-Louis Borloo. Ce dernier a défendu sur le plateau de TF1 un texte "plus humain que tout ce qu'on a connu jusqu'à présent", qui "rectifie un peu les lois du marché en parlant de plein emploi, d'économie sociale de marché". Invité auparavant de Radio J, il n'avait pas caché son exaspération devant les questions sur l'avenir de Jean-Pierre Raffarin, le plan C de Laurent Fabius ou le plan D de Philippe de Villiers.
Après une série de meetings, conventions ou pique-nique samedi, les tenants du "oui", de François Bayrou (UDF) à Dominique Strauss-Kahn (PS), ont donc surtout fait un tour des médias dimanche. Le Premier ministre, qui tiendra lundi soir un meeting commun avec Nicolas Sarkozy dans son fief de Poitiers, a ainsi répondu aux questions des journalistes du quotidien Centre Presse. Il a une nouvelle fois tenu à déconnecter le scrutin des enjeux de politique intérieure, tout en laissant entendre qu'il pourrait s'effacer, si nécessaire, et si Jacques Chirac le souhaite, après le référendum. Il s'est ainsi dit prêt à "assumer les décisions" du président concernant son sort personnel après le vote tout en réaffirmant qu'une victoire du non "ne serait pas un acte de politique intérieure", et en assurant : "rien n'est joué".
"Ce qui pollue le référendum"
Alors que les sondages continuent à donner le non en tête, Dominique Strauss-Kahn a estimé sur Radio J que "les Français vont se débarrasser de ce qui pollue le référendum - les enjeux de politique intérieure - pour se concentrer sur la question posée". François Hollande et Yann Wehrling, secrétaire national des Verts, ont arpenté côte à côte un marché du XVIIIe arrondissement pour convaincre "ensemble" de voter oui dans la "dernière ligne droite". Invité un peu plus tard d'Europe 1, le premier secrétaire du PS, pourfendant les positions du numéro deux du parti Laurent Fabius, a affirmé qu'en cas de rejet de la Constitution européenne, il n'y aurait pas de "plan B" mais une "Europe en plan". Invité du grand Jury RTL/LCI/Le Monde, François Bayrou a affirmé pour sa part "ne pas croire, ne pas vouloir que la France vote non", en assurant ne "pas être défaitiste" alors que "la semaine qui commence est une semaine cruciale".
Parmi les détracteurs de la Constitution, qui ont eu aussi une journée chargée samedi, seul Jean-Marie Le Pen a tenu dimanche un meeting, dans un domaine privé à Puyricard (Bouches-du-Rhône). Il a estimé que les sondages "sous-évaluent le non" à la Constitution européenne et a prédit un changement de Premier ministre après le 29 mai. Les derniers sondages publiés donnent le non gagnant autour de 52%.
Photo d'ouverture : François Hollande, dimanche matin dans le XVIIIème arrondissement de Paris - DR
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