Les partisans du non à la Bastille

le 30 mai 2005 à 07h58 , mis à jour le 30 mai 2005 à 08h04

Sous une pluie fine, quelques milliers d'opposants à la Constitution européenne se sont donnés rendez-vous dimanche soir place de la Bastille à Paris où les différents leaders du non se sont succédés à la tribune.

place de la bastille rassemblement non 29 mai

Environ 3.000 personnes, militants de gauche partisans du non, se sont progressivement rassemblées dimanche soir place de la Bastille, à Paris, à partir de la proclamation des premiers résultats. "55%, c'est formidable, inespéré", disait un participant à l'AFP. "Je suis pour l'Europe mais pas celle des patrons", se réjouissait un autre. Des exemplaires de l'édition de lundi de l'Humanité étaient distribués avec ce titre en Une : "Europe libérale : c'est non!".

Arrivée peu après minuit à la tribune, la secrétaire nationale du PCF, Marie-Georges Buffet, a déclaré sous les acclamations: "On a gagné, le peuple a gagné". Mme Buffet a appelé à "construire un autre traité", "ouvrir la porte à une autre politique", "faire en sorte que demain la gauche se réunisse pour construire une alternative de progrès". Que Jacques Chirac "se soumette ou se démette", a souhaité le socialiste Jean-Luc Mélenchon, sénateur de l'Essonne, sur la place qui commençait à se vider. "Chirac, démission", a répliqué l'assistance. Un autre orateur a fait huer Lionel Jospin.

Allemands, Anglais, lycéens...

Juste après la proclamation des premières estimations, des Allemands avaient déployé une banderole sur les grilles de la colonne de la Bastille avec ces mots : "Danke France" (Merci la France). "Chirac is finished" (Chirac est fini), affirmait un Anglais. Seul dans son coin, le visage sombre, un homme persistait à brandir un drapeau européen frappé du poing et de la rose socialiste. Un militant de la CGT, drapeau rouge du syndicat en main, déclarait : "Depuis Maastricht, on n'écoutait plus les peuples et là on a ouvert la brèche à d'autres pays". "Chirac, Fillon: démission", criaient des lycéens convergeant vers la place, devant les caméras de nombreuses télévisions étrangères.

Alain Krivine, figure emblématique de la LCR, a affirmé à la tribune que la victoire des opposants à la Constitution était celle "de l'ensemble du monde du travail, des victimes de la politique capitaliste libérale". "C'est un immense ras-le-bol qui nous a tous rassemblés dans cette campagne", a-t-il ajouté. "Ceux et celles qu'on a élus il y a quelques années ne nous représentent plus, a poursuivi M. Krivine, 80% des parlementaires auraient voté oui tandis que 55% du peuple a voté non. Il est temps que Chirac, Raffarin et ce Parlement foutent le camp". "Sur les plateaux de télé, il y en avait un paquet qui ne comprenait pas ce qui était arrivé", soulignait Olivier Besancenot, le porte-parole de la LCR, après avoir participé aux débats sur différentes chaînes.

(Des partisans du non, place de la Bastille dimanche soir - LCI)

le 30 mai 2005 à 07:58
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