La poussée du "non" confirmée

Par D.S. (d'après AFP), le 17 mai 2005 à 21h49 , mis à jour le 17 mai 2005 à 11h13

Lundi, le 6ème baromètre TNS Sofres Unilog, replace le "non" en tête, avec 53% des intentions de vote. La veille, Rouen accueillait un meeting des tenants du "non de gauche" et un autre de Sarkozy et Bayrou, favorables à la Constitution.

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C'est la quatrième fois consécutive que le "non" est donné victorieux au référendum sur la Constitution européenne le 29 mai. Après le sondage de l'IFOP publié samedi où le "non" était donné gagnant avec 54% des intentions de vote, ceux des instituts CSA et Ipsos rendus publics lundi, qui pronostiquent 51% pour le "non", c'est au tour du baromètre TNS Sofres Unilog pour RTL-Le Monde-LCI de donner 53% des intentions de vote au "non". L'enquête a été réalisée les 11,12 et 13 mai (1). Le précédent baromètre remonte aux 9 et 10 mai. Il donnait alors le "non" perdant avec 48%.

Selon cette nouvelle étude, 46% des sympathisants socialistes voteraient "oui" et 54% "non" au référendum. En revanche, les sympathisants UMP sont toujours massivement en faveur du projet de Constitution à 72%. 60% des Français se disent intéressés par le référendum sur le traité constitutionnel du 29 mai prochain. 77% se disent sûrs de leur choix, 21% peuvent encore changer d'avis. 2% ne se prononcent pas.

"L'Europe tirée par le haut"

Dopés par ces sondages, les tenants du "non de gauche" ont rassemblé plus de 2500 personnes, selon les organisateurs, lundi à Rouen lors d'un meeting animé notamment par José Bové (Confédération paysanne), Olivier Besancenot (LCR) et Jean-Luc Mélenchon (PS). Le syndicaliste paysan a évoqué les lendemains du "non" quand "il faudra continuer le travail pour dire ce qu'il faut mettre dans la nouvelle constitution que nous mettrons en chantier".

De son côté, le porte-parole de la LCR Olivier Besancenot s'est félicité de "la bataille unitaire" menée à gauche : "la victoire du non est possible", a-t-il estimé. Quant au socialiste Jean-Luc Mélenchon, il a abondé dans ce sens en affirmant que "la France qui s'apprête à dire non est une France généreuse, internationaliste et sociale". Au total, une douzaine d'orateurs se sont succédés à la tribune pour fustiger "le dogme libéral qui imprègne le projet" ou dire son espoir de voir "l'Europe tirée vers le haut". laurent Fabius n'était pas de la partie.

"Formidable levier"

Dans l'autre camp, Nicolas Sarkozy et François Bayrou étaient aussi à Rouen pour un meeting commun. Devant quelque 1500 personnes, le président de l'UMP et celui de l'UDF ont tous deux affirmé qu'il ne pourrait pas y avoir renégociation d'un texte plus avantageux pour la France. Assumant sans complexe son libéralisme, Nicolas Sarkozy a pour sa part réaffirmé que "l'Europe sera un formidable levier pour les réformes de la France". "Quand on a deux fois plus de chômeurs que les autres, on ne va pas aller expliquer aux autres ce que c'est que le bon modèle social", a-t-il lancé

Le leader centriste a estimé pour sa part que "c'est le moment du sursaut, c'est le moment de se rassembler, chacun venu de sa famille, chacun avec sa propre histoire". "Le oui, ce n'est pas un avantage d'un camp contre l'autre ou d'un parti contre un autre", a ajouté François Bayrou, cherchant à séparer le référendum des enjeux de politique intérieure, alors que la suppression du lundi de Pentecôte férié alimente la grogne sociale.

Les huit partis habilités à participer à cette campagne (PCF, PS, Verts, UDF, UMP, Mouvement pour la France, Rassemblement pour la France et FN) vont se succéder jusqu'au 27 mai sur les chaînes publiques de radio et télévision. Pour disposer d'un temps d'antenne, les partis devaient compter cinq députés ou cinq sénateurs, ou avoir obtenu 5% des suffrages exprimés au plan national lors des élections européennes de 2004.

(1) Sondage réalisé pour LCI et Le Monde les 11,12 et 13 mai 2005 sur un échantillon de 1000 personnes représentatif de l'ensemble de la population âgée de 18 ans et plus, interrogées en face-à-face à leur domicile. Selon la méthode des quotas.

Par D.S. (d'après AFP) le 17 mai 2005 à 21:49
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