© LCI"L'Europe a beaucoup d'imperfections, voter non, c'est garder les imperfections", a estimé le Premier ministre mercredi matin sur LCI, depuis Matignon. A quatre jours du référendum sur le Traité constitutionnel européen, Jean-Pierre Raffarin a affirmé que "rien n'est joué" car, selon lui, "les Français se décideront dans les dernières heures". "Il n'y a que du déshonneur à ne pas livrer bataille", a martelé le locataire de Matignon qui s'est félicité que la France ait eu "un grand débat démocratique".
Le chef du gouvernement a cependant invité les Français à ne pas mélanger les échéances et à éviter "des réactions d'humeur". "Il ne faut pas voter évidemment pour des réactions d'humeur quand il s'agit d'un choix d'histoire", a déclaré le Premier ministre. C'est notamment sur le plan économique qu'il a placé ses arguments en faveur du oui. Une Europe unie est un moyen d'empêcher la "guerre des emplois". Les concurrents ne sont pas aujourd'hui les Polonais ou hier les Espagnols et les Portugais, les principaux concurrents de la France aujourd'hui sont la Chine et l'Inde, a détaillé Jean-Pierre Raffarin. "Ce sont ces forces-là qui aujourd'hui sont nos concurrentes" et "l'Europe est un moyen d'équilibrer les échanges avec la Chine et l'Inde" quand la France n'y arriverait pas seule.
L'emploi
"Croyez-vous qu'une France qui se replie sur elle-même, qui dit non à l'Europe, sera attractive pour de nouveaux investissements, de nouveaux emplois?" a questionné le chef du gouvernement. Selon lui, la hausse du chômage "va continuer à décélérer au mois d'avril". Interrogé sur son destin et sur l'éventualité d'un remaniement ministériel, le Premier ministre a botté en touche en affirmant que l'on accordait trop d'importance aux personnes. Il a réaffirmé que la "priorité des priorités du Président de la République pour les mois à venir" est la baisse du chômage. "Nous sommes en situation d'amélioration" sur le front de l'emploi.
Le Premier ministre a conclu l'entretien en s'enflammant pour un "oui du coeur". Jean-Pierre Raffarin a affirmé que son "oui n'est pas un non au non mais un oui du coeur". "Ce n'est pas un oui égoïste" mais un "oui qui sait que pour recevoir il faut d'abord savoir donner". Il en va des pays comme des personnes a estimé le Premier ministre et "la France doit être généreuse", "elle doit ouvrir son coeur à l'Europe".
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