Les réactions françaises au "Non"

le 29 mai 2005 à 21h59 , mis à jour le 30 mai 2005 à 09h18

"Epreuve", "défaite", "situation grave" : le vocabulaire est sombre, dimanche soir, chez les tenants du oui de gauche comme de droite, pour commenter le rejet par les Français du traité constitutionnel européen. Dans le camp du non, les appels à la démission de Jacques Chirac se multiplient.

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Dans le camp du oui :

Nicolas Sarkozy (UMP) appelle à des "remises en cause profondes"
"Les Français nous appellent à des remises en cause profondes, rapides, vigoureuses", a estimé Nicolas Sarkozy après la large victoire du non au référendum sur la Constitution européenne. "C'est une période difficile qui s'ouvre", a-t-il estimé, qui exigera "du sang-froid et de l'énergie".

Michel Barnier, UMP : une "épreuve"
Le net rejet par les Français du traité constitutionnel européen est une "épreuve" pour la France et "une vraie déception pour tous ceux qui se sont engagés pour le oui : qu’il restent fiers de leur vote", a déclaré dimanche soir le ministre des Affaires étrangères.

Michèle Alliot-Marie, UMP : "une défaite"
Le non français au Traité constitutionnel est "une défaite pour la France, une défaite pour l'Europe", a déclaré dimanche soir la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie.

François Bayrou, UDF : le non "sanctionne une gravissime crise française"
François Bayrou a affirmé dimanche soir sur TF1 que la victoire du non au référendum sur la Constitution européenne "sanctionne une gravissime crise française". Le président de l'UDF a demandé à Jacques Chirac "d'organiser la consultation nécessaire" et la "confrontation des forces vives", estimant qu'un changement de Premier ministre n'était pas une réponse suffisante. "De la manière dont cela se présente, la formation d'un nouveau gouvernement apparaît comme pas du tout à la hauteur" de la situation, a-t-il répété lundi  matin sur France Inter. Selon lui, "cela ne correspond pas à la gravité de ce qui est en train de se passer".

François Hollande, PS : "le rejet du pouvoir"
Le Premier secrétaire du Parti socialiste a déclaré dimanche soir que "le rejet du traité", qu'il a dit "regretter", signifie "le rejet du pouvoir". "La situation est extrêmement difficile, le pays vit mal, le pays va mal", a-t-il déclaré sur France Inter lundi matin. "Il faut lui trouver un débouché politique et ce n'est pas un changement de gouvernement qui en sera la traduction". "Ce débouché politique ne peut venir que de la gauche à condition qu'elle sache se rassembler sur un projet crédible et mobilisateur", a poursuivi le député-maire de Tulle.

Jack Lang, PS : "la situation est grave" 
"Au moins il n’y a pas une crise de participation". Mais "la situation est grave", du fait d'un "ras-le-bol général dont, malheureusement, l'Europe a été victime". Lundi matin sur RTL, l'ancien ministre de la Culture estimait que "Jacques Chirac a reçu la sanction d'une mauvaise politique". "Il y a un vaincu, c'est le chef de l'Etat", déclare-t-il, tout en refusant de demander la démission de Jacques Chirac. En revanche, a-t-il dit, "la dissolution de l'Assemblée nationale pourrait être une très bonne idée".

Dominique Strauss-Kahn, PS : "grave défaite"
Le non au référendum est pour Dominique Strauss-Kahn "une grave défaite" et "une très mauvaise nouvelle pour l'Europe". "On a raté l'occasion de faire l'Europe politique", a-t-il poursuivi sur France 2. "Il y a eu un cri français qui n'a pas d'unité. Bien sûr, une part des causes vient de ces peurs. Cette angoisse des Français, ce refus de la politique du gouvernement menée depuis trois ans qui fait que les Français avaient envie de renverser la table, mais ce n'est pas la seule raison, il y a aussi une crise identitaire dans notre pays qui ne sait pas bien où il va".

Ségolène Royal, PS : "un champ de ruines"
La présidente socialiste de la région Poitou-Charentes a estimé dimanche sur France 3 que "ce soir, le champ de ruine est là", après la victoire du non au référendum sur la Constitution européenne. "La France, qui a toujours été une mère pour l'Europe, (...) aujourd'hui d'une certaine façon abandonne ses enfants". 

Dominique Voynet, Verts : le gouvernement en cause
Le vote des Français doit être respecté, c'est un vote net". Ce qui a fait gagner le non, "c'est le comportement du gouvernement".

Dans le camp du non :

Henri Emmanuelli, PS : "pas un vote de peur, un vote d'espérance"
Henri Emmanuelli (PS, non) a affirmé dimanche sur France 2 que la victoire du non au référendum n'était "pas un vote de peur", mais "un vote d'espérance".

Jean-Luc Mélenchon, PS : "Chirac doit se soumettre ou se démettre"
Le sénateur de l'Essonne Jean-Luc Mélenchon (PS, non) a estimé dimanche sur France 3 que "Jacques Chirac doit se soumettre ou se démettre", après la victoire du non au référendum sur la Constitution européenne.

Arnaud Montebourg, PS : "une gigantesque motion de censure populaire" 
Montebourg, un des leaders du courant Nouveau parti socialiste (NPS) au sein du PS, a estimé dimanche soir que la victoire du non était "une gigantesque motion de censure populaire". "Les citoyens ont fait irruption dans le processus de construction européenne", a-t-il déclaré à France 2. "L'Europe ne peut pas être libérale", a-t-il ajouté. "C'est ce que nous devons entendre après le 21 avril 2002" (élimination de Lionel Jospin au premier tour de la présidentielle), après lequel le PS avait fait selon lui "fausse route".

Marie-George Buffet, PCF : "un rejet de la camisole libérale"
La large victoire du non au référendum en France sur la Constitution européenne est "avant tout celle des ouvriers, des employés, des jeunes et des sans-emploi (...) rassemblés dans les urnes pour rejeter la camisole libérale", selon la secrétaire nationale du PCF Marie-George Buffet, dimanche sur France 3.

Olivier Besancenot : "un ras-le-bol généralisé"
Pour le porte-parole de la LCR, ce résultat est "l'expression d'un ras-le-bol généralisé" et la marque du "grand retour des questions sociales".

Philippe de Villiers, MPF : "il n'y a plus de Constitution"
Philippe de Villiers a affirmé dimanche qu'avec la victoire du non, "il n'y a plus de Constitution". C'est "une crise politique majeure" que le chef de l'Etat devrait résoudre par sa "démission" ou la "dissolution de l'Assemblée".

Jean-Marie Le Pen, FN : "la victoire du peuple français"
Pour le président du FN, "cette victoire indiscutable est celle du peuple français qui a voulu défendre sa liberté de choix et qui révolté par les conséquences économiques et sociales d’une politique européiste a signifé son congé à ceux qui en ont été responsable".

Marine Le Pen (FN) demande la démission de Chirac
Marine Le Pen a demandé dimanche sur france 2 la démission du président de la République et l'organisation d'élections législatives. "Les Français ont repris leur avenir en main", a déclaré la fille du président du Front national. Le non a démontré "la fantastique fracture entre le peuple français et ses représentants".

le 29 mai 2005 à 21:59
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