© AFPAprès un débat avec des jeunes et un face à face avec des journalistes, Jacques Chirac s'adressera solennellement aux Français, ce soir, dans une ultime tentative de les convaincre de voter oui au référendum du 29 mai sur la Constitution européenne. Une rude tâche, à en croire les sondages qui, depuis plusieurs semaines, créditent le "non" de 53 à 54% des intentions de vote. Lors de son intervention, le président de la République devrait faire appel à "la responsabilité de chaque Français" et chercher avant tout à "éclairer leur choix" mais sans "dramatiser" le scrutin.
Toutefois, il semble qu'une victoire du "non" soit peu à peu "digérée" par nombre d'hommes politiques. Nicolas Sarkozy a été le premier, mardi, à faire part de son pessimisme lors du petit déjeuner hebdomadaire à Matignon. "Ca fait pas mal de temps que je vous dis que c'est râpé", aurait lancé le président de l'UMP, selon un responsable du parti. Simone Veil, ancienne présidente du Parlement européen et membre du Conseil constitutionnel en congés, semble elle aussi résignée en soulignant que "l'image de la France est très détériorée". Du coup, la méthode coué de Jean-Pierre Raffarin, pour qui "rien n'est joué, rien n'est décidé avant que le peuple ne s'exprime", ou François Hollande ("Tout est ouvert, jouable"), semble usée.
Sarkozy favori pour Matignon... d'après un sondage
A gauche, le ton monte et la vigueur des propos de certains promoteurs du oui semble traduire la montée de l'inquiétude. Ainsi Jack Lang, porte-parole de la campagne socialiste et le député européen Verts, Daniel Cohn-Bendit, s'en sont-ils pris mardi aux "mensonges" et la "bêtise ambiante" chez les opposants à la Constitution européenne. "Vraiment, j'en ai ras le bol, depuis des semaines, qu'est-ce qu'on n'a pas entendu comme 'conneries' !", s'est emporté l'ancien leader de Mai 68 à l'adresse des adversaires du traité.
De son côté, le camp du non continue à défendre sa diversité après que Lionel Jospin eut ironisé mardi soir sur le "shaker du non" et M. Raffarin mercredi sur un "melting vote" mêlant extrême droite et extrême gauche. "C'est le propre des référendums de mêler des opinions extrêmement diverses", a relevé le sénateur PS Jean-Luc Mélenchon, en soulignant qu'il y a en France "douze familles politiques" et seulement "deux réponses possibles" le 29 mai. Le camp du non n'a pas à faire "un programme commun", a affirmé Jean-Marie Le Pen.
Pour la première fois, mercredi, le chef du gouvernement n'a pas écarté l'hypothèse d'un départ de Matignon... quel que soit le résultat du scrutin. Un sondage Ipsos/LCI, dévoilé mercredi, fait de Nicolas Sarkozy (35 %) le meilleur candidat pour lui succéder, loin devant Dominique de Villepin (18 %), Jean-Louis Borloo (17 %), Michèle Alliot-Marie (11 %) et Philippe Douste-Blazy (9 %)...
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