Sarkozy plaide pour "une nouvelle Europe"

le 12 mai 2005 à 20h06 , mis à jour le 13 mai 2005 à 09h31

Le président de l'UMP a appelé jeudi soir les 4.000 jeunes venus l'écouter au Palais des Sports à Paris à voter oui "pour engager sans tarder l'action au service d'une nouvelle Europe". Pendant ce temps, 5000 personnes assistaient à Toulouse au meeting du "non de la Gauche".

sarkozy_meeting

Pas moins d'une vingtaine de ministres et de nombreuses personnalités : Nicolas Sarkozy n'a pas lésiné sur les moyens, jeudi soir, pour le premier meeting parisien de sa campagne pour le oui au référendum sur la Constitution européenne. Jean-Pierre Raffarin, opéré samedi de la vésicule biliaire, était certes absent, mais représenté par son épouse Anne-Marie. Le Palais des Sports a été mobilisé pour cette réunion publique, censée être le "point d'orgue" de la campagne du président de l'UMP, et animée par Michel Field, devant un public de quelque 4.000 personnes.

Se posant en adepte du parler-vrai, le président de l'UMP a fait de l'adoption de la Constitution le préalable nécessaire à "l'amélioration" de l'Union européenne telle qu'elle existe. "Grâce aux moyens que nous donnera la Constitution, nous serons en mesure de corriger des dérives, des faiblesses, des erreurs. Dérives dont il faut bien reconnaître qu'elles ont contribué à dérouter, à éloigner, à inquiéter", a lancé Nicolas Sarkozy. Et de s'interroger : "Que s'est-il donc passé pour que tant de gens aient le sentiment, pas toujours infondé, que l'Europe ne défendait pas ou ne défendait plus ses intérêts avec la force, l'énergie, la volonté suffisante ?". Selon lui, "tout ceci est la conséquence inéluctable d'une Europe qui bien qu'étant devenue une puissance économique et monétaire, n'était pas encore une puissance politique".

La nécessaire harmonisation sociale

"Dans l'Europe politique que nous allons construire, (...) la concurrence doit être loyale. Or, le dumping fiscal et social est une pratique déloyale qui ne correspond en rien aux exigences de la civilisation européenne", a ajouté Nicolas Sarkozy. La Constitution "fera reconnaître dans les 25 pays les droits des salariés, des syndicats, des minorités, l'égalité entre les hommes et les femmes. Elle inscrira dans le marbre de la Constitution l'économie sociale de marché. Elle sera un élément de l'harmonisation sociale, et par conséquent un moyen de lutter contre les délocalisations", a-t-il affirmé. Il a défini ce que doivent être les "nouvelles frontières européennes": celles la recherche, la santé, l'espace, la modernisation de nos services publics, la lutte contre les exclusions de toutes sortes, la culture.

Le "Non de gauche" mobilisé  à Toulouse

Dans le même temps, à Toulouse, plus de cinq mille personnes selon les organisateurs, ont dit leur enthousiasme jeudi pour "une autre Europe" lors du meeting régional du "Non de gauche". Etaient à la tribune les principaux ténors nationaux de la campagne, Marie George Buffet (PC), Olivier Besancenot (LCR), Jean-Luc Mélenchon (PS) et José Bové (syndicaliste paysan). "Nous sommes le nombre, nous sommes la force, (...) nous avons placé en tête les raisons de gauche de voter non, honte à ceux qui veulent nous amalgamer au pire, nous sommes la gauche ouverte généreuse, internationaliste, républicaine, nous n'avons rien à voir avec les xénophobes", a déclaré le sénateur socialiste sous les acclamations. "Vous tenez le balai: à 50%, c'est le texte de la constitution qui part à la poubelle, à 55% celui qui l'a signé, à 60% tous ceux qui l'ont soutenue", a conclu Jean-Luc Mélenchon.

"Les oui-ouistes sont tristes et agressifs, ici il y a du bonheur, on est en train de réaliser quelque chose d'historique", a déclaré Marie-Georges Buffet au terme d'un meeting de plus de trois heures. Le referendum du 29 mai, "c'est le plus grand débat qu'on ait eu depuis trente ans, cela va redonner de la force au suffrage universel", a déclaré José Bové. "Un succès du non pourrait être un encouragement extraordinaire pour vaincre le libéralisme", a ajouté de son côté le leader de la LCR, appelant également à "une grande journée de désobéissance sociale le lundi de Pentecôte".

Photo d'ouverture : Nicolas Sarkozy, jeudi soir - DR

le 12 mai 2005 à 20:06
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience